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Imagine Cup 2011 : Quand les étudiants français s'entraînent

Vincent Hermann le 01 avril 2011 (15 450 lectures)
La catégorie Software Design, autrement dit « Conception de logiciels » est depuis les débuts d’Imagine Cup la catégorie reine du tournoi. C’est elle qui permet de remporter la coupe à la finale internationale si le projet est sélectionné par le jury qui accueillera cette année les participants à New York.

Les projets présentés dans cette catégorie sont souvent très ambitieux, et les deux équipes que nous avons rencontrées proposent des idées qui pourraient impacter véritablement notre quotidien.

MyHealth


MyHealth, littéralement « Ma Santé », est un projet titanesque porté par trois étudiants : Marc Mineo et Rodrigue Hajjar de CampusID, et Damien Legrand, en MIAGE. L’objectif global de MyHealth est de simplifier le workflow entre le patient et le médecin, en ajoutant au passage une valeur sociale et en souhaitant améliorer au final le diagnostic du patient.

bootcamp myhealth 

Le projet se focalise sur les interactions entre le médecin et le patient, un domaine très particulier en France. Le postulat est le suivant : le dossier médical du patient ne doit jamais le quitter. Il est stocké de manière centralisée et sécurisée sur un serveur, et seul lui peut y accéder. L’historique augmente donc avec le temps en concentrant les informations sur l’état de santé de la personne, avec les multiples avantages que cela suppose.

Le contrôle du dossier par le patient est total : seul lui dispose de l’accès et il ne donne l’autorisation de la consulter qu’en fonction de son bon vouloir. Cela comprend les visites chez le médecin, ce dernier ne pouvant consulter les informations qu’avec l’accord du patient et pendant la durée définie par ce dernier. Le médecin peut alors voir ce qui a déjà été fait et visualiser notamment des informations cruciales comme l’historique des soins ou encore les allergies.

Les données sont entreposées dans une base située sur SQL Server/Azure, et le portail web utilisé Silverlight 4 et WCF. Une application de test sur Windows Phone 7 existe, mais le but est à terme de proposer des points de chute pour un maximum de téléphones, notamment les iPhone et Android.

L’aspect sécurité est particulièrement important. Ce type d’application ne peut ainsi pas exister en France sans un accord délivré via une certification. Pour cette dernière, les demandes sont en cours. Toutes les connexions au dossier se font également en SSL, et différents autres mécanismes ont été mis en place pour protéger le dossier. Cette sécurité ne doit en revanche pas empêcher le diagnostic à cause d’une rétention de certaines informations vitales. Le patient peut ainsi porter sur loin un bracelet affichant un QR Code ou intégrant une puce RFID qui permet d’afficher des informations très sélectives telles que les allergies.

Les patients peuvent également se rapprocher les uns des autres, à la manière d’un Facebook. Pratique pour les familles, où les parents pourront par exemple garder un œil sur le dossier de leurs enfants, ce qui se fait actuellement par le Carnet de Santé. Les connexions entre patients se font sous la forme de demandes qui doivent obligatoirement être acceptées. Certains évènements importants, comme l’entrée dans un hôpital, peuvent être alors être transmis sous forme de notifications.

Il s’agit clairement d’un projet énorme, et sa taille pourrait d’ailleurs être son principal défaut, car la présentation doit être particulièrement concise, d’autant que d’autres fonctionnalités sont prévues, notamment les conflits dans la gestion des médicaments.
Le sujet reposera cependant les mêmes problématiques qu'avait soulevé le dossier médical personnalisé en les exacerbant compte tenu des ressources du projet MyHealth.

eBakPak


Ce projet s’attaque à l’autre monstre sacré de la France : l’éducation. Et il n’est pas moins ambitieux : eBakPak, qui désigne un cartable numérique, doit permettre d’uniformiser l’accès à l’éducation en donnant à tous un outil commun complémentaire dans les classes du primaire. Il est porté par quatre étudiants de l’EFREI : François Dupayrat, Jonathan Pamphile, Thibault Delval et Ghiles Ikni.

bootcamp ebakpak 

Comme nous l’explique Ghiles Ikni, l’accès à l’éducation dépend de plusieurs facteurs qui se confondent en bout de chaine en un accès inégal à l’information. La situation des parents influe ainsi directement sur le choix de l’école, que ce soit géographiquement ou à cause d’une question de moyens financiers. Pourtant, dans les étapes supérieures du parcours scolaire, cela a de moins en moins d’importance. L’équipe ne trouvait pas cette situation si normale et cherchait donc le moyen de fournir à tous un outil identique.

L'idée de cartable numérique n'est pas neuve, comme en témoigne ce projet de clé USB en 2006 ou plus récemment du ClassMate d'Intel et de l'OLPC. Mais eBakPak se définit un réservoir d’outils et de connaissances prenant place sur un… iPad. Car le but est clairement de fonctionner sur une tablette et la seule qui allie actuellement la puissance nécessaire avec un coût suffisamment bas est la tablette d’Apple. Et quitte à mettre une tablette entre toutes les mains, il faut qu’elle puisse répondre à de multiples besoins. Et l’équipe a pensé clairement à de nombreux éléments.

ebakpak 

On va donc y trouver un agenda, une bibliothèque contenant des livres qui, eux-mêmes rassemblent aussi bien du texte que des images, du son, de la vidéo etc., un cahier de correspondance, un dictionnaire, et ainsi de suite. L’élève embarquera également une sorte de Tamagotchi éducatif, nommé Manabou, qui sera à même de poser des questions de manière ludique à l’enfant, et dont la bonne santé dépendra des exercices effectués avec celui-ci : moins de nourriture, plus de connaissances donc.

Toutes les tâches effectuées par l’enfant génèrent des données, et ces dernières seront consultables par l’enseignant. Ce dernier pourra alors s’en servir comme d’une source supplémentaire d’informations sur la progression de l’enfant, mais la prise en compte de ces informations ne dépend que de lui, y compris leur intégration dans les résultats scolaires proprement dits.

ebakpak ebakpak 

Côté technique, eBakPak repose sur une infrastructure serveur bâtie sur Windows Server 2008 ainsi que la même cuvée de SQL Server. Les webservices utilisent WCF (Windows Communication Foundation) et le portail web peut être conçu en ASP.NET ou Silverlight. Un framework pour iOS a été fabriqué en utilisant Cocos2D qui existe aussi pour Android, et des essais ont déjà été faits pour réaliser le Manabou en WPF (Windows Presentation Foundation), un projet existant pour le faire passer en XNA.

ebakpak ebakpak 

Si les démonstrations sont réalisées actuellement avec des iPad par commodité, le but est de pouvoir faire fonctionner eBakPak sur un maximum de modèles, notamment parce que toutes les écoles n’auront pas les moyens de s’équiper en tablettes Apple.