Dossier PC INpact : L'installation de la HADOPI
Marc Rees le 09 janvier 2010 (46 930 lectures)
Page 1 : Les premiers mails entre avril et juillet, pas un drame
Page 2 : 2, 3, 70, 100, ou 4 millions, les yoyos de la Hadopi
Page 3 : Le mouchard qui monte au nez
Page 4 : Toubon a-t'il été too much ?
Page 5 : les locaux de l'Hadopi : l'explication !
Le logiciel de sécurisation : PC, BOX, réseau
Le logiciel de sécurisation est ce fameux bouclier qui évitera de subir les foudres de a riposte graduée. Tout hadopi reposera sur ces lignes de codes et seule l’installation de ce logiciel permettra à un abonné mis en cause de se dédouaner en cas de téléchargement illicite. Pour mémoire, Franck Riester et Christine Albanel avaient refusé d’imposer par la loi que ce logiciel soit interopérable ou gratuit. Les mauvaises langues y verront ainsi une sorte de cheval de Troie payant. Mais passons.
Où en est-on aujourd’hui dans les développements de ce fameux et mystérieux logiciel ? Le directeur du cabinet de Frédéric Mitterrand nous soulignera rapidement qu’ « il y a beaucoup de questions qui restent sans réponse, car c’est vraiment une autorité indépendante. C’est l’Hadopi qui va donner les directives. L’autorité veillera à la garantie, à la sécurité et la liberté des internautes ». En clair, à l’Hadopi de se débrouiller pour définir ce logiciel.
Mais du coup, aujourd’hui encore, tous les fantasmes sont permis : ce logiciel pourra-t-il être le terreau où s’implantera le fameux filtrage demandé par Sarkozy ? Voilà ce que nous écrivions en juillet 2009 :
« Souvenons-nous que dans l’esprit d’un des architectes de ce texte, il y aura un jour une liaison entre les outils de sécurisation, le filtrage et le dépôt légal des œuvres. L’aveu nous avait été fait par Olivier Henrard, alors juriste d’Albanel, devenu directeur adjoint de Frédéric Mitterrand. Le dépôt des œuvres légales est étudié tant bien que mal par une mission confiée au professeur Pierre Sirinelli dans le CSPLA. Elle vise à inciter les créateurs à déposer leurs œuvres afin qu’elles soient marquées par un tatouage numérique. »
Deux extraits audio à écouter attentivement. Ils datent donc de juillet et c'est Olivier Henrard qui parle (l'architecte d'hadopi).
Nous avons par la suite interrogé Jean Berbineau sur ce fameux soft qui se veut hard. L’ex-secrétaire général de l’ARMT, membre de la Hadopi, est ingénieur. C’est typiquement le sujet dans ses cordes. Problème : les explications commençaient (très) mal : « La présidente [de l’Hadopi] maitrise sa communication, là-dessus, je ne réponds rien. Je ne réponds qu’aux questions d’ordre technique ». Une réponse DRMisée qui appelait de notre part une nouvelle formulation : en théorie, « comment pourrait fonctionner un logiciel de sécurisation qui serait parfaitement adapté aux réseaux français, M. Berbineau ? »
Question analysée, acceptée, validée, réponse donnée : « quand vous vous intéressez à la chose, ou bien vous avez le choix d’installer un tel outil sur les PC, ou bien le choix de l’installer sur un élément du réseau qui se trouve à domicile, ou vous avez le choix de l’installer dans les réseaux, plus en amont. Les trois solutions sont possibles. Ce sont des pistes qu’on est susceptible d’envisager. Ca peut être les trois à la fois, en fonction de l’offre, d’une part et des objectifs poursuivis.» Le logiciel de sécurisation pourrait ainsi se présenter comme une option commerciale proposée par les FAI et installée (en partie) sur la box, le PC ou directement dans le cœur de chaque FAI. Le corbeau Hadopi révèle peu à peu l’envergure de ses ailes sombres.
Puisqu’il reste « de questions qui restent sans réponse », nous soulevons une petite remarque : le logiciel de sécurisation, s’il est mal conçu, poreux, trop vite labellisé, risquera de devenir une plaie pour les créateurs : un internaute pourrait alors le contourner très facilement, tout en secouant la facture d’achat de la licence au premier mail d’avertissement. Hadopi, sous l’eau ! « Faites confiance, réagit Jean Berbinau le Livre de la jungle en tête. Les réflexions que vous faites sont des réflexions de bon sens, d’autres, en particulier ceux qui s’intéressent au problème, ne manquent pas de les faire ». Soit…mais peut-on « faire confiance » à un logiciel fermé, qui n’est pas interopérable ? « C’est justement un des points d’importance. D’importance ! Et ne croyez pas qu’il sera surestimé, survolé, ignoré ». Nous n’en saurons pas plus, alors que le décompte avant les premiers mails menace.
Page 2 : 2, 3, 70, 100, ou 4 millions, les yoyos de la Hadopi
Page 3 : Le mouchard qui monte au nez
Page 4 : Toubon a-t'il été too much ?
Page 5 : les locaux de l'Hadopi : l'explication !
Le logiciel de sécurisation : PC, BOX, réseau
Le logiciel de sécurisation est ce fameux bouclier qui évitera de subir les foudres de a riposte graduée. Tout hadopi reposera sur ces lignes de codes et seule l’installation de ce logiciel permettra à un abonné mis en cause de se dédouaner en cas de téléchargement illicite. Pour mémoire, Franck Riester et Christine Albanel avaient refusé d’imposer par la loi que ce logiciel soit interopérable ou gratuit. Les mauvaises langues y verront ainsi une sorte de cheval de Troie payant. Mais passons.
Où en est-on aujourd’hui dans les développements de ce fameux et mystérieux logiciel ? Le directeur du cabinet de Frédéric Mitterrand nous soulignera rapidement qu’ « il y a beaucoup de questions qui restent sans réponse, car c’est vraiment une autorité indépendante. C’est l’Hadopi qui va donner les directives. L’autorité veillera à la garantie, à la sécurité et la liberté des internautes ». En clair, à l’Hadopi de se débrouiller pour définir ce logiciel.
Mais du coup, aujourd’hui encore, tous les fantasmes sont permis : ce logiciel pourra-t-il être le terreau où s’implantera le fameux filtrage demandé par Sarkozy ? Voilà ce que nous écrivions en juillet 2009 :
« Souvenons-nous que dans l’esprit d’un des architectes de ce texte, il y aura un jour une liaison entre les outils de sécurisation, le filtrage et le dépôt légal des œuvres. L’aveu nous avait été fait par Olivier Henrard, alors juriste d’Albanel, devenu directeur adjoint de Frédéric Mitterrand. Le dépôt des œuvres légales est étudié tant bien que mal par une mission confiée au professeur Pierre Sirinelli dans le CSPLA. Elle vise à inciter les créateurs à déposer leurs œuvres afin qu’elles soient marquées par un tatouage numérique. »
Deux extraits audio à écouter attentivement. Ils datent donc de juillet et c'est Olivier Henrard qui parle (l'architecte d'hadopi).
Nous avons par la suite interrogé Jean Berbineau sur ce fameux soft qui se veut hard. L’ex-secrétaire général de l’ARMT, membre de la Hadopi, est ingénieur. C’est typiquement le sujet dans ses cordes. Problème : les explications commençaient (très) mal : « La présidente [de l’Hadopi] maitrise sa communication, là-dessus, je ne réponds rien. Je ne réponds qu’aux questions d’ordre technique ». Une réponse DRMisée qui appelait de notre part une nouvelle formulation : en théorie, « comment pourrait fonctionner un logiciel de sécurisation qui serait parfaitement adapté aux réseaux français, M. Berbineau ? »
Question analysée, acceptée, validée, réponse donnée : « quand vous vous intéressez à la chose, ou bien vous avez le choix d’installer un tel outil sur les PC, ou bien le choix de l’installer sur un élément du réseau qui se trouve à domicile, ou vous avez le choix de l’installer dans les réseaux, plus en amont. Les trois solutions sont possibles. Ce sont des pistes qu’on est susceptible d’envisager. Ca peut être les trois à la fois, en fonction de l’offre, d’une part et des objectifs poursuivis.» Le logiciel de sécurisation pourrait ainsi se présenter comme une option commerciale proposée par les FAI et installée (en partie) sur la box, le PC ou directement dans le cœur de chaque FAI. Le corbeau Hadopi révèle peu à peu l’envergure de ses ailes sombres.
Puisqu’il reste « de questions qui restent sans réponse », nous soulevons une petite remarque : le logiciel de sécurisation, s’il est mal conçu, poreux, trop vite labellisé, risquera de devenir une plaie pour les créateurs : un internaute pourrait alors le contourner très facilement, tout en secouant la facture d’achat de la licence au premier mail d’avertissement. Hadopi, sous l’eau ! « Faites confiance, réagit Jean Berbinau le Livre de la jungle en tête. Les réflexions que vous faites sont des réflexions de bon sens, d’autres, en particulier ceux qui s’intéressent au problème, ne manquent pas de les faire ». Soit…mais peut-on « faire confiance » à un logiciel fermé, qui n’est pas interopérable ? « C’est justement un des points d’importance. D’importance ! Et ne croyez pas qu’il sera surestimé, survolé, ignoré ». Nous n’en saurons pas plus, alors que le décompte avant les premiers mails menace.
Sommaire
- 1. Les premiers mails entre avril et juillet, pas un drame
- 2. 2, 3, 70, 100, ou 4 millions, les yoyos de la Hadopi
- 3. Le mouchard qui monte au nez









