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DualDisc : interview de Sony BMG France

Marc Rees le 14 avril 2006 (13 508 lectures)
Suite à nos tests, on a vu rapidement que la face audio n’était pas protégée contre la copie. Est-ce justement pour diluer les risques d’incompatibilités ?
Pour l’instant, on n’a pas encore trouvé une technologie de protection qui nous permette de garantir aux consommateurs, un bon usage du support physique qu’il a acheté. On attend d’avoir des garanties suffisantes pour réintroduire des systèmes de protections adaptés. On reste donc tout à fait favorables à un système de protection.

Il y a tout de même un côté paradoxal d’avoir vu la protection Key2Audio commercialisée avant la loi DADVSI qui blinde juridiquement ces protections. Et maintenant que la loi est en phase d'adoption, de se retrouver avec un support non protégé...
Il n’y a rien de paradoxal avec ce texte : la loi légitime la possibilité de la protection, elle ne l’impose pas. Elle reconnaît les droits d’auteurs, et que les DRM sont un procédé technique qui permet de protéger les droits des auteurs. Libres à eux et aux producteurs de contrôler ou de ne pas contrôler l’utilisation.

Mais on note que malgré l’absence de protection, le DD de Patrick Bruel a pourtant bien marché…
Tout à fait, mais cela dit, il n’y a pas forcément une relation de cause à effet. Il faudra tout de même qu’on arrive à tirer les conclusions que le marché a perdu plus de 50% de sa valeur en quatre ans. On ne peut pas dire que cloner les contenus numériques avec une grande facilité et les diffuser sur Internet soient sans conséquence sur le marché de la musique.

Selon un rapport récent de l’IFPI sur le marché de la musique, la mise à disposition d’œuvre est une des causes de la modification structurelle du marché. D’autres causes comme la concurrence des plateformes sont également évoquées.

A la limite, c’est pour moi, une proposition nouvelle : Internet et la technologie digitale permettent de consommer de la musique d’une manière différente. C’est très positif. Après, il faut juste que l’on ait des business modèles qui nous permettent d’en vivre. Des consommateurs n’achètent plus de CD, car ils préfèrent les lecteurs mp3, que c’est beaucoup plus pratique, car cela prend moins de place, et qu’on peut avoir toute sa discothèque avec soi. Tout un tas de bonnes raisons et je suis le premier à les utiliser. Et tout ceci n’est pas incompatible avec le respect du contenu.

Des raisons tellement bonnes que Sony commercialise aussi ce type de lecteur
Oui, tout ceci est très positif. On doit juste reconnaître que 100% de gratuité ce n’est pas viable pour nous. Ça ne veut pas dire que certaines choses peuvent être gratuites. On l’a fait pour raisons promotionnelles, pour de nouveaux artistes par exemple.

J’y reviens encore, mais les chiffres que vous nous présentez montrent tout de même qu’une valeur ajoutée de contenu sur le support peut inciter à aller à la FNAC plutôt que de cliquer sur « download ».

Tout a fait… Mais ce que l'on essaye de faire aussi avec le dual disc, c’est de répondre aux critiques qui ont été faites sur le format vieillissant du CD. On devait proposer une solution nouvelle, même si on aurait dû se poser la question plus tôt. Dire que c’est parce qu’on a laissé le support vieillir que le marché baisse, et pas du tout en raison du P2P, ce n’est pas honnête. Dire qu’on a une certaine forme de responsabilité sur la manque d’appétit des consommateurs sur les supports physiques : oui, mais là, on cherche justement des réponses.

Pour finir, quel est votre sentiment sur l’affaire dite des rootkits aux Etats-Unis et au Canada ?
On n’a pas été concerné par ce problème-là, mais mon sentiment est qu’on a tout intérêt à communiquer avec les consommateurs, les forces en présence, la presse technique, les industriels, etc. le plus tôt possible. Ceci ne serait pas arrivé et l’on n’aurait pas eu une telle affaire Rootkit dans le cas contraire. Cela peut donc servir de leçon sur les nécessités de communiquer en amont sur ce que l’on fait.

Merci M.Waignier pour cette interview.