Interview de Michel Meyer, Président de Kewego
Marc Rees le 27 juin 2007 (8 665 lectures)
Quelle est l’actualité de votre plate-forme de vidéo en ligne Kewego ? Nous venons de lancer en partenariat avec Lycos Europe JubiiTV. Le principe est simple : c’est d’une part, offrir un service aux internautes pour leur permettre de voir des vidéos de toutes thématiques, et provenant soit de fournisseurs de vidéos professionnels, soit d’utilisateurs. C’est là le deuxième service : la possibilité de télécharger leurs propres vidéos sur Internet
C’est un autre Youtube ou un Dailymotion, en somme ?
Oui, dans un certain sens, mais nous sommes dans une logique plus grand public, notamment dans l’interface. Kewego a également annoncé plusieurs partenariats avec Trace TV et Biip.no, en Norvège.
En parallèle, nous avons monté un programme qui s’adresse aux producteurs audiovisuels et leur permet de diffuser leur vidéo à l’intérieur des sites de tous nos partenaires. Nous avons aujourd’hui 80 plateformes à travers l’Europe et on peut diffuser ces vidéos sur toutes ces places. M6, l’un de nos partenaires, diffuse Caméra Café sur un certain nombre de ces sites, tout comme Equipe TV qui fournit des interviews d’avant et d’après matchs sur ce réseau. Des producteurs de contenu peuvent ainsi acquérir plus de visibilité et développer du trafic vers leur site, puisqu’à ces vidéos, on peut associer un lien renvoyant à leur propre site.
Et comment ressentez-vous l’arrivée en France de YouTube (ou plutôt sa francisation) ?
On le sent plutôt bien, pour être franc. YouTube, c’est Google, c’est quelque chose qui fait partie du paysage, comme les Alpes au milieu de la carte de la France. On y voit plutôt des éléments positifs qui montrent que la vidéo est un sujet vraiment important sur internet. La demande est très forte et va en grandissant. Des acteurs qui disent : « la France, c’est suffisamment important pour qu’on y soit », valident un peu notre modèle. Sachant que nous sommes également présents dans d’autres pays, Allemagne, Espagne, Angleterre, et qu’on a déjà des sphères de concurrences différentes suivant chacun d’eux.
YouTube a signé plusieurs accords pour épauler son extension notamment avec France 24, Euronews, etc. Qu’en est-il de votre côté ?
Pour nous c’est une forme de compliment, car voilà un an qu’on signe des partenariats similaires avec des chaînes de télévision (M6, France TV, l’équipe TV, etc.). On a en plus de gros acteurs de l’Internet et des médias comme le Figaro (Sport 24), ou Orange (en France et en Espagne avec Voilà). Cette politique de partenariats est au cœur du modèle qu’on souhaite développerDans la liste des chaînes vous n’avez pas mentionné Canal Plus. Et pour cause : où en est votre affaire avec C+, qui vous a attaqué pour du contenu envoyé sur votre plate-forme par des internautes ?
Il n’y a pas eu de mouvement. La procédure suit son cours, les premières conclusions devront être rendues en fin d’années. Notre position est assez simple : ce que nous reproche Canal Plus n’est pas tout à fait vrai. Le cadre dans lequel nous opérons est celui de la loi sur la confiance dans l’économie numérique, qui est clair et propre. Cela dit, nous travaillons avec beaucoup d’ayants droit qui ont les mêmes problématiques que Canal Plus. On discute pour mettre en place des outils de détection et une politique d’information des utilisateurs pour améliorer ce traitement. Ces outils sont à rapprocher de ceux fournis par Audible Magic, mais nous sommes également à l’écoute des recherches menées par le CNAM sur ces questions.
Sommaire
- 1. Interview de Michel Meyer (1)





