L'histoire d'ATI
Nil Sanyas le 13 avril 2004 (41 193 lectures)
ATI et l'ère de la 3D
Quelques mois plus tard, en janvier 1996, ATI annonce la 3D Rage, première carte 3D du marché - non accélératrice comme les Rendition ou les 3DFX Voodoo sorties un peu plus tard par contre. Gravée en 0.50 micron, dotée d'un bus mémoire 64 bits EDO et cadencée à 40MHz autant pour la mémoire et le core si mes informations sont bonnes, il s'en vendra tout de même plus d'un million cette même année. Cette carte était capable d'afficher du 1152*864 en 16 bits ou 1280*1024 en 256 couleurs.
En juillet 1996, ATI établit une seconde filiale dans le vieux continent, en Irlande plus précisément. L'île du nord de l'Europe deviendra le QG de distribution de la compagnie canadienne pour ce même continent.
La 3D Rage n'était pas vraiment à son avantage avec Quake 1. Sans 3DFX, le jeu d'ID Software perdait de sa saveur... (source)
En septembre 1996, ATI propose une sortie TV de qualité que l'on pourrait qualifier de prometteuse (mais pas parfaite) à ses cartes, ce qui lui vaudra une réputation ad vitam oeternam. Ces cartes ne sont pas à base de 3D Rage mais de son successeur, le 3D Rage II (et II+). Cadencées à 50MHz pour le core et 83MHz pour la mémoire (EDO), gravées en 0.50 micron, intégrant un RAMDAC de 170MHz, et gérant le 3D Gouraud Shaded Polygons, le Bi & Tri-linear Texture Filtering, et l'Alpha blending, la carte est assez intéressante techniquement. Mais ce sont surtout les versions haut de gamme qui impressionnent. Ces cartes basées sur le Rage IIc furent gravées en 0.35 micron, dotées de 8Mo de mémoire SDRAM ou SGRAM, d'un RAMDAC de 200MHz, et comportant un port AGP (1x). Question résolutions et couleurs, nous avions droit au maximum pour la version haut de gamme à du 1280*1024*32 bits (ou 1600*1200 65 000 couleurs) pour la 2D, et du 1024*768*32 bits (ou 1280*1024 65 000 couleurs) pour la 3D. Cette carte haut de gamme verra le jour probablement un peu plus tard, je n'ai pas trouvé de date précise malheureusement. Probablement au cours de l'année 1997, date de sortie de cartes mères armées d'un port AGP...
Deux mois après, le 3D Rage fait irruption dans les PC portables.
Ce même mois arrive une carte dont le concept n'a pour le moment jamais été égalé par un concurrent. Ce concept est pourtant simple : allier carte vidéo et tuner TV afin de pouvoir jouer et regarder/enregistrer la télévision, ceci sans perdre de port PCI. Cette carte tout-en-un sera cependant souvent désavouée, l'achat d'une carte TV de qualité en sus de sa carte vidéo ayant tout de même les faveurs du public (question pratique, lorsque l'on veut changer de carte graphique sans changer de carte TV...). Le concept de l'All In Wonder est né.
La 3D Xpression+ était une carte assez complète (source & test)
En 1994 ATI avait proposé le Video-IT et le Video BASIC, produits respectivement hardware à base de chip Intel 82750PD et software permettant de faire de la capture vidéo, fonctionnant sur port ISA et exploitables sur Windows 3.1x. En 1996, ATI lance sur le marché l'ImpacTV (sans faute eux :-). Vendu entre 200 et 300 €, l'ImpacTV permettait d'enregistrer la TV sur son PC en 800*600.
Arrive enfin la 3D Xpression+ en septembre 1996. Basée sur le Rage II, elle était surtout accompagnée de l'ATI Video Player, ancêtre de l'ATI Multimedia Center actuel. Le canadien proposa même l'ATI-TV, une carte TV pouvant être couplée à une carte vidéo. Deux mois plus tard, ATI proposa l'All In Wonder 3D, véritable carte tout-en-un, plus complète encore que la 3D Xpression+.
En automne 1997, la société au logo chamarré de rouge et blanc propose la Rage Pro, carte dont le nom semblera plus familier au public. Assez proche du Rage IIc techniquement, la carte voit néanmoins ses fréquences augmenter (75/100MHz pour respectivement le core et la mémoire) ce qui lui confère une bande passante de 800Mo/sec. Comptant 3 millions de transistors, gravée en 0.35 micron, gérant l'AGP 2x, procurant une bonne 2D (RAMDAC à 230MHz), une 3D "valable" (pour une carte non 3DFX...), dotée d'une sortie TV, et de 8Mo de mémoire, la carte est plutôt homogène.
En face, la concurrence dans le même style de carte (donc exit les Voodoo) se nomme NVIDIA avec sa RIVA 128. Si vous voulez de plus amples informations à propos de cette carte, lisez l'histoire de NVIDIA sur PC INpact ou cherchez de vieux tests à son sujet. Pour aller à l'essentiel, par rapport au Rage Pro d'ATI, la carte de l'américain NVIDIA est plus puissante (bande passante deux fois supérieures), mais n'a pas une meilleure 2D et surtout connaît quelques problèmes en 3D, rôle dont l'importance ira crescendo avec le temps. En somme, la carte avait techniquement un gros potentiel, mais ce dernier était loin d'être exploité à 100%... Cela ne sera que partie remise pour NVIDIA, mais revenons à ATI, son long fleuve tranquille connaissant quelques remous à partir de ce moment là.
La Riva 128, concurrente de la Rage Pro : prémices d'un avenir radieux pour NVIDIA (source)
Afin de consolider sa section 2D, ATI rachète Tseng Labs aux ides de décembre 1997. Jouissant d'une cote élevée, Tseng Labs était principalement connue pour fabriquer des cartes 2D très performantes, la qualité étant plutôt réservée à Matrox. ATI intégra 40 employés de Tseng Labs et bien entendu toutes ses technologies. Ce rachat, fait pour la modique somme de 3 millions de US$, ne changea néanmoins pas grand-chose pour Tseng Labs qui resta en Philadelphie, travaillant cependant de concert avec une équipe d'ATI basée au Massachusetts (dont quelques membres de Tseng ont tout de même rejoint cette dernière).
Quelques mois plus tard, en janvier 1996, ATI annonce la 3D Rage, première carte 3D du marché - non accélératrice comme les Rendition ou les 3DFX Voodoo sorties un peu plus tard par contre. Gravée en 0.50 micron, dotée d'un bus mémoire 64 bits EDO et cadencée à 40MHz autant pour la mémoire et le core si mes informations sont bonnes, il s'en vendra tout de même plus d'un million cette même année. Cette carte était capable d'afficher du 1152*864 en 16 bits ou 1280*1024 en 256 couleurs.
En juillet 1996, ATI établit une seconde filiale dans le vieux continent, en Irlande plus précisément. L'île du nord de l'Europe deviendra le QG de distribution de la compagnie canadienne pour ce même continent.

La 3D Rage n'était pas vraiment à son avantage avec Quake 1. Sans 3DFX, le jeu d'ID Software perdait de sa saveur... (source)
En septembre 1996, ATI propose une sortie TV de qualité que l'on pourrait qualifier de prometteuse (mais pas parfaite) à ses cartes, ce qui lui vaudra une réputation ad vitam oeternam. Ces cartes ne sont pas à base de 3D Rage mais de son successeur, le 3D Rage II (et II+). Cadencées à 50MHz pour le core et 83MHz pour la mémoire (EDO), gravées en 0.50 micron, intégrant un RAMDAC de 170MHz, et gérant le 3D Gouraud Shaded Polygons, le Bi & Tri-linear Texture Filtering, et l'Alpha blending, la carte est assez intéressante techniquement. Mais ce sont surtout les versions haut de gamme qui impressionnent. Ces cartes basées sur le Rage IIc furent gravées en 0.35 micron, dotées de 8Mo de mémoire SDRAM ou SGRAM, d'un RAMDAC de 200MHz, et comportant un port AGP (1x). Question résolutions et couleurs, nous avions droit au maximum pour la version haut de gamme à du 1280*1024*32 bits (ou 1600*1200 65 000 couleurs) pour la 2D, et du 1024*768*32 bits (ou 1280*1024 65 000 couleurs) pour la 3D. Cette carte haut de gamme verra le jour probablement un peu plus tard, je n'ai pas trouvé de date précise malheureusement. Probablement au cours de l'année 1997, date de sortie de cartes mères armées d'un port AGP...
Deux mois après, le 3D Rage fait irruption dans les PC portables.
Ce même mois arrive une carte dont le concept n'a pour le moment jamais été égalé par un concurrent. Ce concept est pourtant simple : allier carte vidéo et tuner TV afin de pouvoir jouer et regarder/enregistrer la télévision, ceci sans perdre de port PCI. Cette carte tout-en-un sera cependant souvent désavouée, l'achat d'une carte TV de qualité en sus de sa carte vidéo ayant tout de même les faveurs du public (question pratique, lorsque l'on veut changer de carte graphique sans changer de carte TV...). Le concept de l'All In Wonder est né.

La 3D Xpression+ était une carte assez complète (source & test)
En 1994 ATI avait proposé le Video-IT et le Video BASIC, produits respectivement hardware à base de chip Intel 82750PD et software permettant de faire de la capture vidéo, fonctionnant sur port ISA et exploitables sur Windows 3.1x. En 1996, ATI lance sur le marché l'ImpacTV (sans faute eux :-). Vendu entre 200 et 300 €, l'ImpacTV permettait d'enregistrer la TV sur son PC en 800*600.
Arrive enfin la 3D Xpression+ en septembre 1996. Basée sur le Rage II, elle était surtout accompagnée de l'ATI Video Player, ancêtre de l'ATI Multimedia Center actuel. Le canadien proposa même l'ATI-TV, une carte TV pouvant être couplée à une carte vidéo. Deux mois plus tard, ATI proposa l'All In Wonder 3D, véritable carte tout-en-un, plus complète encore que la 3D Xpression+.
En automne 1997, la société au logo chamarré de rouge et blanc propose la Rage Pro, carte dont le nom semblera plus familier au public. Assez proche du Rage IIc techniquement, la carte voit néanmoins ses fréquences augmenter (75/100MHz pour respectivement le core et la mémoire) ce qui lui confère une bande passante de 800Mo/sec. Comptant 3 millions de transistors, gravée en 0.35 micron, gérant l'AGP 2x, procurant une bonne 2D (RAMDAC à 230MHz), une 3D "valable" (pour une carte non 3DFX...), dotée d'une sortie TV, et de 8Mo de mémoire, la carte est plutôt homogène.
En face, la concurrence dans le même style de carte (donc exit les Voodoo) se nomme NVIDIA avec sa RIVA 128. Si vous voulez de plus amples informations à propos de cette carte, lisez l'histoire de NVIDIA sur PC INpact ou cherchez de vieux tests à son sujet. Pour aller à l'essentiel, par rapport au Rage Pro d'ATI, la carte de l'américain NVIDIA est plus puissante (bande passante deux fois supérieures), mais n'a pas une meilleure 2D et surtout connaît quelques problèmes en 3D, rôle dont l'importance ira crescendo avec le temps. En somme, la carte avait techniquement un gros potentiel, mais ce dernier était loin d'être exploité à 100%... Cela ne sera que partie remise pour NVIDIA, mais revenons à ATI, son long fleuve tranquille connaissant quelques remous à partir de ce moment là.

La Riva 128, concurrente de la Rage Pro : prémices d'un avenir radieux pour NVIDIA (source)
Afin de consolider sa section 2D, ATI rachète Tseng Labs aux ides de décembre 1997. Jouissant d'une cote élevée, Tseng Labs était principalement connue pour fabriquer des cartes 2D très performantes, la qualité étant plutôt réservée à Matrox. ATI intégra 40 employés de Tseng Labs et bien entendu toutes ses technologies. Ce rachat, fait pour la modique somme de 3 millions de US$, ne changea néanmoins pas grand-chose pour Tseng Labs qui resta en Philadelphie, travaillant cependant de concert avec une équipe d'ATI basée au Massachusetts (dont quelques membres de Tseng ont tout de même rejoint cette dernière).
Sommaire
- 1. ATI : Array Technology Industry
- 2. Premiers produits et premières cartes
- 3. 3D Rage et Rage Pro
- 4. Rage 128 et le début de l'enfer
- 5. Radeon & Radeon 8500





