L'histoire de NVIDIA
Nil Sanyas le 01 décembre 2003 (42 740 lectures)
Basée sur le NV20, la GeForce 3 est le premier chip gravé en 0.15 micron, finesse qu'ATI gardera jusqu'à fin 2003 d'ailleurs... Composée de 57 millions de transistors, le rapprochement avec les microprocesseurs se fait de plus en plus sentir, les cartes vidéo étant de moins en moins dépendantes du CPU. La carte n'est pourtant pas si impressionnante que cela, pour preuve NVIDIA a dû éliminer du marché un concurrent sérieux pour son nouveau bébé : la GeForce 2 Ultra... Inférieure à cette dernière sur certains aspects, la GeForce 3 est par contre bourrée d'optimisations à forts potentiels. Gérant DirectX 8.0, les termes Vertex et Pixel Shaders commencèrent à germer et à avoir un visage sur les jeux au bout de quelques mois. Avec un T&L 3ème génération, le nFinite FX 1, le LMA 1 (Lightspeed Memory Architecture) et 128 Mo de mémoire, la GeForce3 était plutôt une carte prévue pour le long terme.
Principal concurrent du GeForce3... le GeForce2 Ultra... (benchmark de planetsavage.net)
Pourtant, on a tout de même la désagréable sensation de stagnation. Un peu à l'image du marché 2002/2003 où ATI et NVIDIA nous ont fourni trois versions du même chip (R3xx pour ATI et NV3x pour NVIDIA) et ce en un temps record, 13 mois pour le premier, 7 pour le second !!! Le retrait du marché de la GeForce2 Ultra est clairement la preuve d'une telle stagnation. Une impression qui perdurera malheureusement plusieurs années. Fin 2003, nous pouvons non seulement affirmer que les acheteurs de Radeon 9700 en Septembre 2002 ont fait un achat plus que sensé, mais mieux encore, les détenteurs de GeForce4 Ti 4200 ont fait une affaire en or, et que dire des courageux possesseurs de Radeon 8500 (il en fallait à l'époque) qui ont en fin de compte une véritable perle. En effet, plus de deux ans après sa sortie, elle tient encore la route... Situation totalement anormale. Pour preuve, en septembre 1998 et 2000, NVIDIA a sorti la TNT1 et la GeForce2 Ultra. Deux cartes aux technologies, aux caractéristiques techniques, aux puissances et aux qualités visuelles radicalement différentes. Que les fabricants de cartes graphiques ne s'étonnent donc pas de leurs piètres finances actuelles et de leurs problèmes de thésaurisation...
Mais sortons de cette digression et revenons à NVIDIA. Ce dernier domine tellement outrageusement le marché qu'il se paie le luxe de sortir son GeForce4 un an plus tard, en mars 2002. Entre temps, l'entreprise d'Amérique du nord se contente de redistribuer ses anciennes cartes. Ainsi, en octobre 2001, le haut-de-gamme fut remplacé par la GeForce3 Ti 500, le milieu par la GeForce3 Ti 200 et le bas de gamme par la GeForce2 Ti (le très bas de gamme restant reservé aux versions MX).
Nous n'y croyions plus, mais si, ATI signe bien son retour avec la Radeon 8500 !
Cependant exactement au même moment, ATI sort aussi une nouvelle carte, la Radeon 8500. Il s'agit tout simplement de la carte la plus puissante du marché, GeForce3 Ti 500 compris. Mais la mauvaise image du canadien lui colle encore et toujours à l'épiderme, sans compter ses diverses tricheries benchmarketing, sur Quake3 entres autres (même si en fait cette dernière n'a duré que huit jours...). La carte est néanmoins assez en avance sur son temps et prouve que la restructuration de ATI conjuguée avec le rachat d'Art'x commence déjà à porter ses fruits.
Ayant toujours une cote d'enfer, NVIDIA ne nous propose qu'une simple mise à jour de son NV20 (GeForce3), le NV25, sorti en mars 2002. Ce chip sur lequel les fameuses GeForce4 Ti se baseront n'est en fait qu'un NV20 avec quelques optimisations supplémentaires (nFinite FX II, LMA II, Accuview AA, nView, version 1.3 des Pixel Shaders contre 1.1 pour le NV20, une unité de Vertex Shaders supplémentaire, etc). Et mis à part les fréquences légèrement supérieures au GeForce3 Ti 500, les différences sont vraiment imperceptibles : même finesse de gravure, à peine quelques millions de transistors supplémentaires, bande passante et fillrates assez proches, bus mémoire identique, AGP 4x et toujours DirectX 8.0 alors que son concurrent Radeon 8500 sorti 6 mois antérieurement gère la version 8.1...
La GeForce4 ne fut donc qu'une évolution d'un chip lui même pas si évolué que cela par rapport aux générations de GeForce précédentes...
La SUMA Platinum GeForce 4 Ti 4200SE-P connu un beau succès auprès des overclockeurs, à l'instar de la Leadtek.
Sortie en trois versions (Ti 4200, Ti 4400 & Ti 4600), la GeForce4 Ti connue tout de même un franc succès. La Ti 4200 de par son prix et ses capacités d'overclocking a fait un véritable malheur, entièrement mérité d'ailleurs. Sans réel reproche et dotée d'un rapport qualité/prix excellent, cette carte avait tout pour plaire, sans compter qu'hormis la différence de fréquences et de PCB (et encore), la GeForce 4 Ti4200 n'avait rien à envier à ses deux grandes soeurs. Les différences entre ces trois cartes furent d'autre part tellement faibles qu'il fut assez rapidement difficile de se procurer au bout de quelques mois la version intermédiaire, la Ti 4400, son intérêt étant assez faible.
NVIDIA proposa aussi trois autres cartes bien moins honorables, les GeForce4 MX 420, 440 & 460. Sortes de GeForce2 MX overclockées et améliorées (meilleurs RAMDAC, DirectX 7.1, LMA II rognée, nView, Accuview AA, etc), elles visaient clairement le très bas de gamme, marché le plus vendeur ne l'oublions pas. On peut néanmoins être assez déçu d'une telle politique de la part de l'américain, ses GeForce4 MX n'ayant de GeForce4 que le nom. Même le chip avait pour nom de code NV17... De véritables GeForce4 Ti castrées auraient été souhaitables. Ou du moins leur donner une autre dénomination.
Petit encart : avant la sortie des GeForce4 (ie du NV1 au NV20), NVIDIA a vendu à ce moment là plus de cent millions de chips...
L'évolution entre les GeForce 256 et 4 étant franchement faible, NVIDIA se devait d'innover pour son prochain chip. A ce moment là, les informations le concernant sont plus que restreintes. Tout juste sait-on qu'il aura pour nom de code NV30 et que l'intégration des ingénieurs de 3DFX devrait avoir certaines conséquences (qui a chuchoté que ces derniers ont saisi la première occasion pour couler leur ex-rival ? :-)
La transformation d'ATI commence à faire ses effets... pour le malheur de NVIDIA.
Mais la rentrée 2002 s'annonce en fin de compte morose. Non seulement son NV30 ne pourra jamais voir le jour dans les temps, la faute à TSMC et la gravure en 0.13 micron entre autres, mais ATI a innondé le marché de ses Radeon 9500/9700 à la puissance et aux technologies assez impressionnantes. Même si face à une GeForce4 Ti 4600 les performances n'étaient pas si éloignées que cela, ATI, en proposant notamment un bus mémoire de 256 bits pour ses Radeon 9700, a ad litteram donné un coup de poignard à son voisin frontalier. Gérant l'AGP 8x & DirectX 9.0, composé de 107 millions de transistors et de multiples optimisations encore améliorées, les différences sont nettes et sans bavures. La carte est puissante, connait de moins en moins de problèmes avec ses drivers, propose une qualité visuelle excellente autant en 2D qu'en 3D (très bon FSAA notamment), ses sorties TV/DVI restent de qualité, ne manque plus qu'une réelle optimisation Linux pour que la coupe soit pleine (ce qui sera le cas quelques mois plus tard). Occultons la Matrox Parhelia 512 qui n'entre pas vraiment dans la danse aux yeux du grand public.
Afin de compenser ses problèmes de délais, atermoyer, et calmer la foule qui réclame une contre-attaque envers le "petit canadien qui s'excite", NVIDIA ressort ses GeForce4 Ti mais version AGP 8x (nom de code NV28). Histoire de montrer qu'il s'agit d'une bien faible évolution, NVIDIA renommera légèrement ses cartes GeForce4 Ti 4200 8x, GeForce4 Ti 4800 SE (équivalent Ti 4400 AGP 8x) et GeForce4 Ti 4800 (équivalent Ti 4600 AGP 8x). Concernant le très bas de gamme, il s'agit de la GeForce4 MX 440 AGP 8x. Son nom de code est NV18.
La cote de l'américain étant toujours assez forte, ATI connaissant quelques problèmes avec l'AGP 8x et DirectX 9.0 n'étant toujours pas sorti (...), tout le monde n'attendait qu'une seule chose, la vente du NV30.

Principal concurrent du GeForce3... le GeForce2 Ultra... (benchmark de planetsavage.net)
Pourtant, on a tout de même la désagréable sensation de stagnation. Un peu à l'image du marché 2002/2003 où ATI et NVIDIA nous ont fourni trois versions du même chip (R3xx pour ATI et NV3x pour NVIDIA) et ce en un temps record, 13 mois pour le premier, 7 pour le second !!! Le retrait du marché de la GeForce2 Ultra est clairement la preuve d'une telle stagnation. Une impression qui perdurera malheureusement plusieurs années. Fin 2003, nous pouvons non seulement affirmer que les acheteurs de Radeon 9700 en Septembre 2002 ont fait un achat plus que sensé, mais mieux encore, les détenteurs de GeForce4 Ti 4200 ont fait une affaire en or, et que dire des courageux possesseurs de Radeon 8500 (il en fallait à l'époque) qui ont en fin de compte une véritable perle. En effet, plus de deux ans après sa sortie, elle tient encore la route... Situation totalement anormale. Pour preuve, en septembre 1998 et 2000, NVIDIA a sorti la TNT1 et la GeForce2 Ultra. Deux cartes aux technologies, aux caractéristiques techniques, aux puissances et aux qualités visuelles radicalement différentes. Que les fabricants de cartes graphiques ne s'étonnent donc pas de leurs piètres finances actuelles et de leurs problèmes de thésaurisation...
Mais sortons de cette digression et revenons à NVIDIA. Ce dernier domine tellement outrageusement le marché qu'il se paie le luxe de sortir son GeForce4 un an plus tard, en mars 2002. Entre temps, l'entreprise d'Amérique du nord se contente de redistribuer ses anciennes cartes. Ainsi, en octobre 2001, le haut-de-gamme fut remplacé par la GeForce3 Ti 500, le milieu par la GeForce3 Ti 200 et le bas de gamme par la GeForce2 Ti (le très bas de gamme restant reservé aux versions MX).

Nous n'y croyions plus, mais si, ATI signe bien son retour avec la Radeon 8500 !
Cependant exactement au même moment, ATI sort aussi une nouvelle carte, la Radeon 8500. Il s'agit tout simplement de la carte la plus puissante du marché, GeForce3 Ti 500 compris. Mais la mauvaise image du canadien lui colle encore et toujours à l'épiderme, sans compter ses diverses tricheries benchmarketing, sur Quake3 entres autres (même si en fait cette dernière n'a duré que huit jours...). La carte est néanmoins assez en avance sur son temps et prouve que la restructuration de ATI conjuguée avec le rachat d'Art'x commence déjà à porter ses fruits.
Ayant toujours une cote d'enfer, NVIDIA ne nous propose qu'une simple mise à jour de son NV20 (GeForce3), le NV25, sorti en mars 2002. Ce chip sur lequel les fameuses GeForce4 Ti se baseront n'est en fait qu'un NV20 avec quelques optimisations supplémentaires (nFinite FX II, LMA II, Accuview AA, nView, version 1.3 des Pixel Shaders contre 1.1 pour le NV20, une unité de Vertex Shaders supplémentaire, etc). Et mis à part les fréquences légèrement supérieures au GeForce3 Ti 500, les différences sont vraiment imperceptibles : même finesse de gravure, à peine quelques millions de transistors supplémentaires, bande passante et fillrates assez proches, bus mémoire identique, AGP 4x et toujours DirectX 8.0 alors que son concurrent Radeon 8500 sorti 6 mois antérieurement gère la version 8.1...
La GeForce4 ne fut donc qu'une évolution d'un chip lui même pas si évolué que cela par rapport aux générations de GeForce précédentes...

La SUMA Platinum GeForce 4 Ti 4200SE-P connu un beau succès auprès des overclockeurs, à l'instar de la Leadtek.
Sortie en trois versions (Ti 4200, Ti 4400 & Ti 4600), la GeForce4 Ti connue tout de même un franc succès. La Ti 4200 de par son prix et ses capacités d'overclocking a fait un véritable malheur, entièrement mérité d'ailleurs. Sans réel reproche et dotée d'un rapport qualité/prix excellent, cette carte avait tout pour plaire, sans compter qu'hormis la différence de fréquences et de PCB (et encore), la GeForce 4 Ti4200 n'avait rien à envier à ses deux grandes soeurs. Les différences entre ces trois cartes furent d'autre part tellement faibles qu'il fut assez rapidement difficile de se procurer au bout de quelques mois la version intermédiaire, la Ti 4400, son intérêt étant assez faible.
NVIDIA proposa aussi trois autres cartes bien moins honorables, les GeForce4 MX 420, 440 & 460. Sortes de GeForce2 MX overclockées et améliorées (meilleurs RAMDAC, DirectX 7.1, LMA II rognée, nView, Accuview AA, etc), elles visaient clairement le très bas de gamme, marché le plus vendeur ne l'oublions pas. On peut néanmoins être assez déçu d'une telle politique de la part de l'américain, ses GeForce4 MX n'ayant de GeForce4 que le nom. Même le chip avait pour nom de code NV17... De véritables GeForce4 Ti castrées auraient été souhaitables. Ou du moins leur donner une autre dénomination.
Petit encart : avant la sortie des GeForce4 (ie du NV1 au NV20), NVIDIA a vendu à ce moment là plus de cent millions de chips...
L'évolution entre les GeForce 256 et 4 étant franchement faible, NVIDIA se devait d'innover pour son prochain chip. A ce moment là, les informations le concernant sont plus que restreintes. Tout juste sait-on qu'il aura pour nom de code NV30 et que l'intégration des ingénieurs de 3DFX devrait avoir certaines conséquences (qui a chuchoté que ces derniers ont saisi la première occasion pour couler leur ex-rival ? :-)

La transformation d'ATI commence à faire ses effets... pour le malheur de NVIDIA.
Mais la rentrée 2002 s'annonce en fin de compte morose. Non seulement son NV30 ne pourra jamais voir le jour dans les temps, la faute à TSMC et la gravure en 0.13 micron entre autres, mais ATI a innondé le marché de ses Radeon 9500/9700 à la puissance et aux technologies assez impressionnantes. Même si face à une GeForce4 Ti 4600 les performances n'étaient pas si éloignées que cela, ATI, en proposant notamment un bus mémoire de 256 bits pour ses Radeon 9700, a ad litteram donné un coup de poignard à son voisin frontalier. Gérant l'AGP 8x & DirectX 9.0, composé de 107 millions de transistors et de multiples optimisations encore améliorées, les différences sont nettes et sans bavures. La carte est puissante, connait de moins en moins de problèmes avec ses drivers, propose une qualité visuelle excellente autant en 2D qu'en 3D (très bon FSAA notamment), ses sorties TV/DVI restent de qualité, ne manque plus qu'une réelle optimisation Linux pour que la coupe soit pleine (ce qui sera le cas quelques mois plus tard). Occultons la Matrox Parhelia 512 qui n'entre pas vraiment dans la danse aux yeux du grand public.
Afin de compenser ses problèmes de délais, atermoyer, et calmer la foule qui réclame une contre-attaque envers le "petit canadien qui s'excite", NVIDIA ressort ses GeForce4 Ti mais version AGP 8x (nom de code NV28). Histoire de montrer qu'il s'agit d'une bien faible évolution, NVIDIA renommera légèrement ses cartes GeForce4 Ti 4200 8x, GeForce4 Ti 4800 SE (équivalent Ti 4400 AGP 8x) et GeForce4 Ti 4800 (équivalent Ti 4600 AGP 8x). Concernant le très bas de gamme, il s'agit de la GeForce4 MX 440 AGP 8x. Son nom de code est NV18.
La cote de l'américain étant toujours assez forte, ATI connaissant quelques problèmes avec l'AGP 8x et DirectX 9.0 n'étant toujours pas sorti (...), tout le monde n'attendait qu'une seule chose, la vente du NV30.
Sommaire
- 1. Naissance & balbutiements
- 2. Les RIVA & les TNT
- 3. GeForce 256 & GeForce 2
- 4. GeForce 3 Ti & GeForce 4 Ti





