Création et Internet : Interview Édouard Barreiro (UFC-Que Choisir)
Marc Rees le 23 janvier 2009 (20 941 lectures)
Plusieurs études contradictoires ont été publiées sur le piratage et ses effets sur la situation économique des ayants droit. Quel est votre point de vue ?
On ne peut accorder aucun crédit à ces études et cela pour deux raisons. Tout d’abord il n'y aucun consensus dans l’analyse économique sur un modèle pour analyser ces phénomènes. Je parle d’études scientifiques éclairées publiées dans des revues universitaires. Puis peut-on prendre au sérieux des études qui analysent l’effet du piratage sans tenir compte des effets induits. Par exemple, on remarque que si les revenus perçus par la SACEM au titre de la vente de CD baissent, ceux issus du spectacle vivant et autres sonorisations publiques augmentent très fortement. Si bien qu’il y a une compensation. Il faut voir les choses de manière globale et je suis convaincu qu’en procédant ainsi le bilan est bien plus contrasté que ne l’affirme le lobby des ayants droit !
La SACEM milite pour la mise en place d’une taxe sur les FAI. Selon la société de gestion, les « tuyaux » tirent du profit des contenus pour démultiplier leurs abonnements, ils doivent donc participer au financement. Vous en pensez quoi ?
Je suis scandalisé, les ayants droit accusent les FAI de favoriser le piratage, mais ne leur permettent pas, à eux et à d’autres, de faire des offres légales de qualité. Je crois d’ailleurs que la demande de Pascal Nègre de modifier les règles de calcul de la contribution pour copie privée pour compenser les effets de la crise économiques est tout aussi grotesque.
Les ayants droit ont un pouvoir que je ne m’explique pas, ils peuvent tout demander, même les choses les plus absurdes, sans jamais rien céder. Et les dindons de la farce dans l’histoire ce sont les consommateurs et les FAI. Ces derniers doivent se mordre les doigts d’avoir signé les accords Olivennes. D’ailleurs, comment expliquer qu’ils ont pu accepter à un accord aussi déséquilibré ? Je ne comprends pas pourquoi ils ne reviennent pas dessus. On leur demande de financer l’usine à gaz de la riposte graduée, on leur impose multiples taxes et contributions et qu’obtiennent-ils en échange ? Rien ! Si, on les accuse de favoriser le piratage et on leur propose une nouvelle taxe.
Les FAI doivent revenir sur cet accord, réclamer la possibilité d’offrir des contenus dans de bonnes conditions aux consommateurs et refuser, comme l’on fait Comcast et AT&T aux États-Unis, la mise en place de la riposte graduée qui ne se traduira que par des coûts et une grave atteinte aux libertés des consommateurs.
Puisqu’on parle de la SACEM, les bénéficiaires militent pour une hausse de 15% de la rémunération pour copie privée. Allez-vous revenir siéger à la Commission d’Albis pour faire entendre la voix des consommateurs ?
Nous ne reviendrons pas siéger dans cette commission tant qu’elle continuera sur des bases aussi contestables. Nous réclamons toujours qu’elle soit composée de manière équilibrée et qu’elle s’appuie sur une méthodologie claire et transparente pour tous !
Toute hausse des barèmes doit être justifiée de manière solide à partir d’une méthodologie stable qui n’évolue pas en fonction des objectifs de revenus.
De toute manière, à l’heure actuelle, si on revient autour de la table, la commission est si déséquilibrée que l’on n’a aucune prise sur les décisions. La commission n’est qu’une chambre d’enregistrement.
Merci Edouard Barreiro.
On ne peut accorder aucun crédit à ces études et cela pour deux raisons. Tout d’abord il n'y aucun consensus dans l’analyse économique sur un modèle pour analyser ces phénomènes. Je parle d’études scientifiques éclairées publiées dans des revues universitaires. Puis peut-on prendre au sérieux des études qui analysent l’effet du piratage sans tenir compte des effets induits. Par exemple, on remarque que si les revenus perçus par la SACEM au titre de la vente de CD baissent, ceux issus du spectacle vivant et autres sonorisations publiques augmentent très fortement. Si bien qu’il y a une compensation. Il faut voir les choses de manière globale et je suis convaincu qu’en procédant ainsi le bilan est bien plus contrasté que ne l’affirme le lobby des ayants droit !
La SACEM milite pour la mise en place d’une taxe sur les FAI. Selon la société de gestion, les « tuyaux » tirent du profit des contenus pour démultiplier leurs abonnements, ils doivent donc participer au financement. Vous en pensez quoi ?
Je suis scandalisé, les ayants droit accusent les FAI de favoriser le piratage, mais ne leur permettent pas, à eux et à d’autres, de faire des offres légales de qualité. Je crois d’ailleurs que la demande de Pascal Nègre de modifier les règles de calcul de la contribution pour copie privée pour compenser les effets de la crise économiques est tout aussi grotesque.
Les ayants droit ont un pouvoir que je ne m’explique pas, ils peuvent tout demander, même les choses les plus absurdes, sans jamais rien céder. Et les dindons de la farce dans l’histoire ce sont les consommateurs et les FAI. Ces derniers doivent se mordre les doigts d’avoir signé les accords Olivennes. D’ailleurs, comment expliquer qu’ils ont pu accepter à un accord aussi déséquilibré ? Je ne comprends pas pourquoi ils ne reviennent pas dessus. On leur demande de financer l’usine à gaz de la riposte graduée, on leur impose multiples taxes et contributions et qu’obtiennent-ils en échange ? Rien ! Si, on les accuse de favoriser le piratage et on leur propose une nouvelle taxe.
Les FAI doivent revenir sur cet accord, réclamer la possibilité d’offrir des contenus dans de bonnes conditions aux consommateurs et refuser, comme l’on fait Comcast et AT&T aux États-Unis, la mise en place de la riposte graduée qui ne se traduira que par des coûts et une grave atteinte aux libertés des consommateurs.
Puisqu’on parle de la SACEM, les bénéficiaires militent pour une hausse de 15% de la rémunération pour copie privée. Allez-vous revenir siéger à la Commission d’Albis pour faire entendre la voix des consommateurs ?
Nous ne reviendrons pas siéger dans cette commission tant qu’elle continuera sur des bases aussi contestables. Nous réclamons toujours qu’elle soit composée de manière équilibrée et qu’elle s’appuie sur une méthodologie claire et transparente pour tous !
Toute hausse des barèmes doit être justifiée de manière solide à partir d’une méthodologie stable qui n’évolue pas en fonction des objectifs de revenus.
De toute manière, à l’heure actuelle, si on revient autour de la table, la commission est si déséquilibrée que l’on n’a aucune prise sur les décisions. La commission n’est qu’une chambre d’enregistrement.
Merci Edouard Barreiro.
Sommaire
- 2. p.2 Interview d'Edouard Barreiro (UFC Que Choisir)






