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NVIDIA est une entreprise atypique. Créée en 1993 et basée à Santa Clara (Californie), cette société américaine a été fondée par trois personnes : Jen-Hsun Huang (President & Chief Executive Officer), l'homme le plus influent et mis le plus souvent en avant actuellement, Chris Malachowsky (Vice President of Hardware Engineering) et Curtis Priem (Chief Technical Officer). Le premier a travaillé chez LSI Logic, le second sur l'achitecture graphique GX de Sun Microsystems tout comme le troisième qui a aussi déployé auparavant ses talents dans la section graphique d'IBM. Trois têtes en somme... Toujours bénéficiaire depuis 1998, leur vision depuis le début est simple mais très claire : devenir une grande compagnie et être la plus importante société du graphisme 3D dans le monde (confer nvidia.com, rien n'est inventé).
La firme nord-américaine est aujourd'hui éparpillé aux quatre coins des Etats-Unis, mais aussi en France, en Angleterre, en Allemagne, au Japon, à Singapour et à Taiwan. Grâce à son laboratoire de Recherche et Développement, quelques rachats, ses nombreux brevets et de nombreux partenariats, NVIDIA a réussi à conquérir quelques parts de marché des cartes mères grâce à ses nForce. La société est aussi implantée dans l'audio, la télévision, les consoles de jeux, les Macintoshs, les téléphones portables et le marché professionnel.
Mais pour en arriver là, NVIDIA a dû passer quatre années à apprendre, suivies de plusieurs années d'évolutions successives jusqu'à aujourd'hui. Retraçons l'histoire peu commune de l'une des plus jeunes sociétés des cartes vidéo encore sur le marché, confirmant l'adage de l'Evangile comme quoi les derniers seront les premiers... Nous allons ici nous intéresser principalement à sa branche carte graphique, ses autres activités feront l'objet d'autres articles.

Santa Clara : l'une des villes phares de la Silicon Valley.
Nous sommes donc en janvier 1993. Trois "petits gars" fondent à Santa Clara une société dénommée NVIDIA (avec le N en italique) et la dotent d'un logo vert et blanc censé représenter un caméléon. Deux ans plus tard, en 1995, sort le NV1. Fabriqué en collaboration avec ST Microelectronics (SGS-Thomson Microelectronics) qui en 1996 s'alliera avec NEC puis Videologic en 2000, l'autre nom du NV1 que vous pouvez retrouver un peu partout est STG2000 (seule la mémoire étant différente).
Le NV1 fut conçu pour la Saturne, la console de Sega, qui eu un succès assez mitigé, surtout en Europe.
Comptant 200 000 transistors (information loin d'être certaine) et dédié uniquement à Windows 95, le NV1 était loin d'être un chipset parfait. Malgré l'intégration d'un chip 2D/3D "potable" [comptant un ou deux Mo de VRAM (NV1) ou de DRAM (STG2000)], d'une émulation sonore excellente pour l'époque, et doté d'un controleur de pad Sega, cette carte tout-en-un n'eut pas un grand succès pour de multiples raisons.
Tout d'abord sa technologie propre : la Quadratic Texture Map (QTM). Cette technologie permettait l'affichage d'objets 3D avec peu de puissance (NVIDIA pensait déjà "optimisation"). Les textures étaient en fait stockées dans la mémoire de la carte (DRAM ou VRAM donc) et transitaient par le port PCI, qui malheureusement pour NVIDIA n'était pas assez rapide pour sa carte, trop en avance sur son temps à ce niveau là...
Autre énorme défaut, toujours lié à la QTM, la compatibilité avec les jeux. Alors que l'année suivante un certain 3DFX proposa une certaine Voodoo1 et un certain Glide, Microsoft annonça peu de temps après la sortie du NV1 un certain DirectX et Direct3D. Le gros problème fut que cet API (Application and Programming Interface) n'avait rien de commun avec la QTM, DirectX se concentrant sur les polygones ce qui n'était pas du tout le cas de la technologie made in NVIDIA...
Les conséquences furent logiques et prévisibles. Les développeurs de jeux vidéo s'appuyèrent sur Direct3D et ne s'embêtèrent pas à développer pour une petite entreprise quasi inconnue du nord de la Californie (le NV1 demandant des jeux dédiés). Même logique en ce qui concerne les OEM (les fabricants de PC tels Dell et HP), une carte aussi peu "jouable" n'ayant pas d'intérêt.
Diamond, principal partenaire de NVIDIA à l'époque avec sa Diamond Edge3D, vendant pourtant sa carte avec Virtua Fighter et même un pad Sega, ne vit pas ses ventes décoller malgré tous ses efforts sur les prix. Microsoft a donc bien failli avoir la peau de NVIDIA alors que ce dernier tâtonnait tout juste. Tâtonner, c'est ce qui va d'ailleurs encore lui arriver...
En automne 1997 sort la RIVA 128, qui pour beaucoup de "vieux de la vieille" est la première carte de NVIDIA. Cependant son nom de code est NV3. Alors quid du NV2 ?

Le NV2, c'est un peu comme l'équipe de France de Football en 2002, un vrai fiasco.
Le NV2 a bel et bien existé mais a été plus ou moins annulé à cause de Sega. A cette époque, les relations entre le japonais et l'américain étaient plutôt bonnes. Sega avait apprécié le soutien de NVIDIA pour sa Saturne et tout le marketing engendré pour Virtua Fighter et son pad interne. Sega qui prévoyait déjà de sortir la Dreamcast signa donc un contrat avec NVIDIA pour que ce dernier équipe une nouvelle fois sa console de son chip graphique.
Une bonne nouvelle car de l'argent frais ne fait de mal à personne. Mais la technologie QTM interne à NVIDIA, l'essor de DirectX et la montée en puissance de concurrents tels que 3DFX et PowerVR firent changer d'avis la firme de l'autre côté du Pacifique. Comme tout le monde le sait, c'est PowerVR qui eu l'honneur d'être choisi par le père de Sonic le hérisson.
NVIDIA eu donc la bonne idée d'abandonner son NV2 très rapidement, pour rapidement se consacrer à un NV3 plus attrayant pour les développeurs et les OEM : la Real time, Interactive and Video & Animation 128.
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