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Le Peer-to-Peer (Partie 2)
 Rédigé par le 09 décembre 2002
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INTRODUCTION

Dans la précédente analyse sur le Peer-to-Peer, le sujet portait principalement sur l'hypocrisie générale des majors et des artistes, ainsi que sur l'amalgame entre perte et manque à gagner. Cette analyse a été mal perçue par certains. Alors que je dénonçais l'exagération de perte liée au P2P qu'essaient de nous faire croire les majors, quelques personnes ont crû que je faisais l'éloge et l'apologie du P2P. Il n'en est rien, et cette seconde partie sur le P2P est là pour relativiser tout ce qui a été dit...

Quand Haut-Débit rime avec rentabilité...

Il n'est pas rare de lire une personne affirmer utiliser illégalement des logiciels de P2P pour rentabiliser son abonnement Haut-Débit (HD) qui effectivement à l'année n'est pas gratuit (à 45€ par mois, cela revient tout de même à 540€/an, soit plus de 3500 FF). C'est cependant un réflexe qui n'a pas de sens. Le HD ne sert pas à "télécharger toute la musique dont vous avez envie" comme le cri haut et fort Wanadoo et la plupart de ses concurrents.

D'ailleurs, le meilleur dans cette catégorie est sûrement AOL. Comme tout le monde le sait, AOL est lié à Time Warner (produisant de la musique et des films entre autres), pourtant cela ne l'empêche de prôner le téléchargement de ces produits... (toujours de manière légale bien entendu). Lycos "va chercher" (le mp3) est aussi pas mal dans son genre...

Mais même s'il y a une certaine hypocrisie et un abus prononcé de la part des Fournisseurs d'Accès Internet (FAI), cela n'est pas une excuse pour suivre leurs directives quand cela nous arrangent (et ne pas les suivre quand elles nous desservent). En aucun cas une ligne haut-débit (et même bas-débit) a pour but d'être rentabilisée par le P2P.

La mauvaise qualité n'est pas une raison...

Même si dépenser plus de 20 euros pour un album au 3/4 pourri, 50 euros pour un jeu à moitié buggé ou acheter un logiciel professionnel hors de prix peut être plus que rebutant (ça peut se comprendre), ce n'est pas une excuse pour autant.

Et même si certains éditeurs, développeurs, programmeurs, producteurs, majors et autres artistes méritent des claques pour leurs divers abus proches de l'escroquerie quelques fois, pour le "tout pour le fric", leur sacerdoce, ce n'est pas un prétexte pour une utilisation illégale du P2P.

Un vol "doux" est tout de même un vol...

Lors de ma précédente analyse, j'expliquais la différence entre "perte" et "manque à gagner". Ainsi, 100 000 mp3 téléchargés ne sont pas équivalent à 100 000 ventes en moins (pour diverses raisons). Cependant, cela n'occulte en rien le fait que le P2P (sous-entendant le download de fichiers "copyrightés" bien sûr) est du vol. Un vol certes plus "doux", personne n'a perdu quoique ce soit, mais c'est tout de même du vol.

A moins d'acheter ce que l'on prend, une sorte de prêt avant achat donc, ou de supprimer peu de temps après les fichiers téléchargés, il y a vol et non respect du droit d'auteur, quoiqu'on en dise.

Conclusion : le P2P mais avec modération

Nous pourrions conclure en relativisant autant cette analyse que la précédente. Le P2P a la "vertu" étonnante d'augmenter le patrimoine de ses utilisateurs tout en ne ralentissant pas l'économie générale. En effet, l'argent tourne, et celui "économisé" grâce au P2P est forcément utilisé autre part. Qu'il soit dépensé dans les mêmes marchés (musiques, films, logiciels) ou autre part, rien n'est "perdu". Il y a bien entendu des perdants - maisons de disques, éditeurs, etc - mais aussi des gagnants (n'importe quel autre marché). Le malheur des uns fait le bonheur des autres...

Mais ce patrimoine supplémentaire n'est pas un dû et il est légitime que ceux qui paient (normalement plus riches) se sentent volés, du moins eux méritent ce patrimoine élevé puisqu'ils paient. Il évident que se procurer des fichiers d'une valeur de plusieurs dizaines de milliers d'euros très rapidement sans faire réellement de mal à quiconque est tentant, qui plus est quand le risque de se faire pincer est proche de zéro. Sans compter que les majors donnent presque des raisons supplémentaires de soulager notre conscience... (plus les dernières taxes totalement injustes...)

Surtout, rien ne vaut (au moins pour sa fierté) l'achat d'un produit que l'on aime, que ce soit pour montrer son intérêt à l'artiste - même si c'est lui qui touche le moins... - remercier les développeurs de notre jeu vidéo préféré ou encore afficher un beau DVD avec tous ses bonus dans sa cinémathèque. En gros, respecter les créateurs...

Je pourrais en dire 100 fois plus mais il est inutile de faire plus long. Tout le monde aura compris le fond de cette analyse. Loin de moi l'idée d'attaquer les majors, même si abus et hypocrisie il y a, elles sont dans leurs droits. Mais loin de moi non plus de blâmer les utilisateurs de P2P, ils ont quelques arguments en leurs faveurs aussi...

Pour conclure : rien ne vaut l'auto modération. Télécharger à outrance sans jamais acheter n'est pas des plus gratifiants...