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Reportage PCI : accord numérique entre Paris et Microsoft
 Rédigé par le 30 janvier 2008
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Le maire de Paris se dit neutre et libre de ses engagements

Évidemment, le partenariat en question n’a pas laissé insensibles les différents acteurs, même au sein de la municipalité, qui travaillent sur différents projets libres en partenariat avec la municipalité. Le tout en plein salon Solutions Linux qui s’ouvre à l’ouest de Paris, le même jour.

Pour parer à toute critique le maire a exposé lors de la conférence que « être très content de m’allier avec toutes les énergies dans leur diversité. Je trouve qu’il peut y avoir beaucoup de partenariats publics privés où chacun garde son indépendance. Et quand j’ai des partenariats ave le privé, en l’occurrence avec Microsoft, je garde à la ville de Paris, une totale indépendance dans mes orientations ». Pour preuve, expose Bertrand Delanoëe : « Je suis très heureux d’avoir ce partenariat avec MS et je pratique dans ma politique municipale l’ouverture aux logiciels libres. Je suis pour la concurrence, je suis pour la liberté. (…) Cela ne leur vient à l’esprit [de Microsoft] de me suggérer de restreindre ma liberté. Donc évidemment que je suis aussi pour permettre le développement du logiciel libre et que la concurrence fasse son œuvre ».

Un message rappelé sur son blog où le maire dit son soutien au logiciel libre « Une nouvelle fois aujourd’hui, Bertrand Delanoë a réaffirmé son soutien et son engagement pour le logiciel libre. Ce site est d’ailleurs réalisé avec le logiciel libre Wordpress, utilise et contribue aux ressources collaboratives de l’internet ».

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...mais suscitent des réactions mitigées

Plusieurs réactions ont cependant tonné dans le ciel parisien. Emmanuel Seyman, président de l’association Parinux, un groupe d'utilisateurs de Logiciels Libres de Paris, se dit surpris de la façon dont ce partenariat a été signé, notamment par sa rapidité à quelques encablures avec le rendez-vous municipal. « Pour l'instant, on ne peut que difficilement commenter le fond puisque le texte de l'accord n'a pas été publié, mais nous trouvons regrettable de signer un partenariat avec Microsoft, une société dont l'interopérabilité des solutions laisse, la plupart du temps, énormément à désirer. La ville de Paris va-t-elle se laisser enfermer dans une solution informatique dont seule une entreprise a les connaissances pour l'exploiter ? » regrette-t-il. « Ladite entreprise ne donne aux projets de logiciels libres les informations nécessaires pour interagir avec ses logiciels qu'au compte-gouttes et sous contrainte de la loi ».

gates microsoft bertrand delanoe paris Du côté de l’April, Alix Cazenave nous dit : « C’est franchement dommage pour BD d’avoir retourné sa veste aussi rapidement après que la mairie a montré tant de signes positifs pour le logiciel libre, comme l’événement Paris Capital du Libre. On ne voit pas l’intérêt d’un tel partenariat à part de faire une annonce purement électoraliste en pleine campagne. Il est curieux de vouloir former des demandeurs d’emploi à des outils très chers et qu'ils ne pourront pas se procurer eux-mêmes. (…) C’est dommage, car on perd tous les bénéfices côté logiciels libres en formant les jeunes à un outil spécifique, MS Office – puisque visiblement, on aura des formations dispensées là-dessus comme axe prioritaire. De fait, cela accentue les problèmes de fracture numérique ».

Enfin, Denis Baupin, candidat des Verts à la mairie de Paris, trouve « regrettable, en recevant ainsi Bill Gates, de lui accorder un tel certificat de respectabilité » alors que Microsoft a fait l’objet de nombreuses plaintes et a été condamnée pour abus de position dominante en Europe et en Corée du Sud.

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L’intéressé rappelle dans un inventaire à la Prévert les principales mesures des Verts en faveur du Libre (« convertir l’ensemble du parc informatique de la Ville de Paris au libre ; soutiens et aides financières aux éditeurs et associations du libre ; favoriser dans les marchés publics les entreprises du libre ; développer les opérateurs associatifs de quartier pour contrer les opérateurs privés et fournir un meilleur accès à Internet aux ménages à revenus modestes ; développer les Établissements Publics Numériques avec le recrutement d’agents de développement local numérique ; préserver la biodiversité dans le domaine des technologies de l’information »).

Côté communiste, même aigreur, alors que aucune information préalable n’a été communiquée sur cet engagement et surtout que "le Conseil de Paris n’a pas été appelé à se prononcer sur un tel partenariat en faveur duquel Bertrand Delanoë évoque lui-même que plusieurs millions d’euros seront mis sur la table ». On craint du coup des conséquences lourdes d'un tel engagement.

« Un tel choix ne vient-il pas freiner brutalement la progression du Libre à Paris qui a pourtant fait la démonstration de sa performance avec le logiciel de référence de la Ville de Paris Lutèce, la création d’Espaces Numériques dans les quartiers Politique de la Ville dont certains sont équipés à 100 % de logiciels libres ? Est-ce à dire que le basculement des 17.000 PC sous Windows de la Ville de Paris vers des solutions libres n’est plus envisagé ? Basculement pourtant opté par le Conseil de Paris de manière progressive à l’occasion de plusieurs vœux de groupes de la majorité dont le groupe communiste. »
 
Comme Danièle Auffray (Modem), Denis Baupin (Verts) s’est porté signataire du « pacte pour le logiciel libre » lancé par l’APRIL lors du salon Solution Linux, et sur lequel nous reviendrons.