Dans un projet de décret révélé dans nos colonnes hier, le gouvernement envisage d’industrialiser le blocage des sites en France. Pour peu qu’un trouble comme l’atteinte ou un risque d’atteinte à l’ordre public puisse être démontré, il autoriserait l’Intérieur, la Justice, et la Défense, l'Autorité nationale de...Dans un projet de décret révélé dans nos colonnes hier, le gouvernement envisage d’industrialiser le blocage des sites en France. Pour peu qu’un trouble comme l’atteinte ou un risque d’atteinte à l’ordre public puisse être démontré, il autoriserait l’Intérieur, la Justice, et la Défense, l'Autorité nationale de défense des systèmes d’information, etc. à prendre une batterie de mesures de retrait et/ou restriction d’accès au « commerce électronique ».
Le terme ne se limite pas à la vente de biens et services en ligne, mais frappe aussi les services d’information gratuits : la notion de « commerce électronique » vise en effet toutes les activités pour peu qu’elles soient mises en ligne.
Dans sa mécanique, l’autorité administrative pourra exiger de l’éditeur le retrait d’un contenu problématique. A défaut, agir chez l’hébergeur pour en demander l’effacement. Et si rien n’est fait, elle pourra demander le blocage cette fois dans les mains des FAI. C’est une application du principe de subsidiarité.
Application immédiatement relativisée. Le projet de décret prévoit en effet la possibilité de frapper directement à la porte du FAI si «l’urgence de la situation l’exige. » Problème : jamais n’a été évoquée l’intervention préalable du juge, pourtant garant des libertés. Autre chose, comme souligné par ElectronLibre, le texte risque d'être sanctionné pour incompétence négative : si la loi peut aménager de telles atteintes aux libertés publiques essentielles, ce n’est pas dans les cordes du décret.
Éric Besson aux manettes, l'information stratégique dans la tête
C’est Éric Besson qui a chargé le Conseil National du Numérique d’émettre un avis sur ce texte. Nous avons pu en effet prendre connaissance de la lettre de saisine : le ministre chargé du numérique cite explicitement l’objet de « ce dispositif » : il « vise à prévenir les conséquences dommageables de certaines pratiques telles que par exemple la vente sur Internet de produits dangereux prétendument pharmaceutiques ou la mise en ligne de documents pouvant porter à l'atteinte à la défense nationale ». Preuve que le ou les auteurs de ce projet de décret veulent également frapper la liberté d’information, dont Wikileaks est l’un des plus brillants étendards.
Quelle raison d'être ?
La question qui demeure est la raison d’être de ce projet de décret. Deux pistes : il pourrait traduire la volonté d’une emprise plus forte de l’État sur les réseaux. Mais on peut aussi verser dans la stratégie politique : l’Élysée prétexterait par exemple d’un avis défavorable du CNN pour désamorcer ce projet. Le Château revêtant alors l’habit du sauveur de la liberté d’expression tout en légitimant le rôle du Conseil National du Numérique.
Le terme ne se limite pas à la vente de biens et services en ligne, mais frappe aussi les services d’information gratuits : la notion de « commerce électronique » vise en effet toutes les activités pour peu qu’elles soient mises en ligne.
Dans sa mécanique, l’autorité administrative pourra exiger de l’éditeur le retrait d’un contenu problématique. A défaut, agir chez l’hébergeur pour en demander l’effacement. Et si rien n’est fait, elle pourra demander le blocage cette fois dans les mains des FAI. C’est une application du principe de subsidiarité.
Application immédiatement relativisée. Le projet de décret prévoit en effet la possibilité de frapper directement à la porte du FAI si «l’urgence de la situation l’exige. » Problème : jamais n’a été évoquée l’intervention préalable du juge, pourtant garant des libertés. Autre chose, comme souligné par ElectronLibre, le texte risque d'être sanctionné pour incompétence négative : si la loi peut aménager de telles atteintes aux libertés publiques essentielles, ce n’est pas dans les cordes du décret.
Éric Besson aux manettes, l'information stratégique dans la tête
C’est Éric Besson qui a chargé le Conseil National du Numérique d’émettre un avis sur ce texte. Nous avons pu en effet prendre connaissance de la lettre de saisine : le ministre chargé du numérique cite explicitement l’objet de « ce dispositif » : il « vise à prévenir les conséquences dommageables de certaines pratiques telles que par exemple la vente sur Internet de produits dangereux prétendument pharmaceutiques ou la mise en ligne de documents pouvant porter à l'atteinte à la défense nationale ». Preuve que le ou les auteurs de ce projet de décret veulent également frapper la liberté d’information, dont Wikileaks est l’un des plus brillants étendards.
Quelle raison d'être ?
La question qui demeure est la raison d’être de ce projet de décret. Deux pistes : il pourrait traduire la volonté d’une emprise plus forte de l’État sur les réseaux. Mais on peut aussi verser dans la stratégie politique : l’Élysée prétexterait par exemple d’un avis défavorable du CNN pour désamorcer ce projet. Le Château revêtant alors l’habit du sauveur de la liberté d’expression tout en légitimant le rôle du Conseil National du Numérique.
Le 16 juin 2011 à 11:49
(16 683
lectures)
Soutenez l'indépendance de PC INpact en devenant Premium
- Tout le contenu de PC INpact sans pub
- Et bien plus encore...
Il y a 49 commentaires
Mais on peut aussi verser dans la stratégie politique : l'Élysée prétexterait par exemple d'un avis défavorable du CNN pour désamorcer ce projet. Le Château revêtant alors l'habit du sauveur de la liberté d'expression tout en légitimant le rôle du Conseil National du Numérique.
C'est aussi ce que je me suis dit en lisant l'article : ils légitiment le CNN avec un truc bien bien lourd qui est sûr de ne pas passer, pour après lui faire accepter d'autres choses pas glorieuses non plus, mais qui passeront beaucoup mieux si le « merveilleux » CNN les avalises.
La méthode habituelle de notre voyou national…
Edité par Mihashi le jeudi 16 juin 2011 à 11:57
Mais on peut aussi verser dans la stratégie politique : l’Élysée prétexterait par exemple d’un avis défavorable du CNN pour désamorcer ce projet. Le Château revêtant alors l’habit du sauveur de la liberté d’expression tout en légitimant le rôle du Conseil National du Numérique.
Avec tout le bordel qu'ils ont foutu avec Hadopi, comment ils pourraient être crédibles sur ce coup là ?
Demander le pire pour avoir l'essentiel... stratégie qui a déjà fait ses preuves
Y'a pas à dire, la politique, ça m'exaspère au plus haut point ...
Les magouilles et le nombrilisme passent avant l'intérêt général
Les magouilles et le nombrilisme passent avant l'intérêt général
"vise à prévenir les conséquences dommageables de certaines pratiques telles que par exemple la vente sur Internet de produits dangereux prétendument pharmaceutiques ou la mise en ligne de documents pouvant porter à l'atteinte à la défense nationale"
Ou comment faire passer la pilule de la censure politique dans l'eau sucrée de la protection des consommateurs.
Demain nous verrons le projet de loi "permettant de tirer à vue sur les terroristes armées, les tueurs psychopathes et les journalistes"
Il n'est plus possible de commenter cette actualité
Vous devez être connecté ou vous inscrire en haut pour pouvoir participer aux commentaires.










