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Carte musique jeune : propagande et publi-reportages à venir

Sauf à l'approche de 2012

Le ministère de la Culture veut croire en la carte musique jeune, cette carte cofinancée par les contribuables et les consommateurs, pour acheter de la musique en ligne. Après l'annonce des futures cartes sur support physique, il vient de lancer un marché public pour encadrer « une stratégie globale de communication, de prestations de conception, création, réalisation d'actions de communication et de promotion » autour de cette carte.




Un million d'euros et plus

Un marché d’un an pour lequel l’enveloppe globale n’est pas encore arrêtée. Outre 1 million d’euros pour les prestations de ce marché, cette enveloppe prévoit « l’achat d’espaces publicitaires, le conseil médias et les partenariats médias payants ».

Le descriptif du marché donne de précieuses informations. Deux cibles sont visées : « La cible directe : les 12-25 ans ; Les prescripteurs : l’autorité parentale, le milieu familial » (prescripteur : personne qui a de l'influence dans la décision d'achat). L’objectif ? « Améliorer l'attractivité de la carte musique par une meilleure visibilité, et la mise en place en place d'un plan de communication efficace ».

Le ministère peaufine ainsi ses objectifs : remettre le jeune dans le droit chemin. « Le public jeune est un des plus amateurs de musique, et le plus à même d’adopter de nouveaux usages. 2/3 des internautes connaissent l’existence de services légaux de téléchargement. Pourtant, le nombre de titres téléchargés légalement reste encore 20 fois inférieur à celui des titres échangés illégalement alors que 2/3 des internautes qui téléchargent illégalement se disent prêts à utiliser les services légaux s’ils étaient plus abordables et s’ils en avaient une meilleure connaissance ». La carte musique « est donc là pour aider financièrement la découverte de la musique en ligne et pour faire connaître l’étendue des offres des plates-formes ».

Des messages adaptés au public cible (et aux prescripteurs)


L’appel d’offres insiste sur « les messages à transmettre afin d’en assurer pleinement la distribution auprès de notre cible et de renforcer la notoriété de la carte musique. Pour cela, le prestataire devra donc proposer une stratégie globale de communication (actions, messages clés…) innovante, attractive et répondant aux codes des publics visés ». Pour mémoire, voilà ce qu’avait concocté le ministère lors d’une première opération de séduction du jeune en mal d’achat :







Presse et publi-reportages

Vis-à-vis de la presse, est déjà prévue « une stratégie de relations de presse innovante ». En clair ? « Élaboration d'une stratégie en matière de relation presse adaptée au public cible et à ses prescripteurs, promotion des vertus du téléchargement légal. » Pour les sites, on évoque « un rétro planning pour la conception et la réalisation des outils (bannières web, spots tv, audio, affiches, pages de publicité, publi-reportages…) ». Apprécions les « publi-reportages ».

Sont en outre annoncées des mesures moins coûteuses comme des « partenariats gracieux » d’échanges de visibilité, des mécénats de compétence ou financier, etc. et l’inévitable enquête de satisfaction sur les publics cibles sur un panel de 1000 personnes après la campagne, manière de mesurer l’efficacité ou le nouveau bide de cette carte.

Une propagande qui craint l'approche de 2012


La première vague de campagne est prévue pour l’été 2011 ;: « une action forte sur le terrain (au moment des Festivals, des vacances...) ». Rebelote pour la rentrée scolaire avec une seconde vague. Enfin, la période de Noël 2011 sera aussi exploitée, avec le bémol de 2012: « sous réserve du respect du principe de précaution dévolu aux administrations durant la période de réserve électorale (en particulier à partir du mois d’octobre 2011) pour les publicités des mesures gouvernementales. » L’article L52-1 du code électoral prohibe en effet « l'utilisation à des fins de propagande électorale de tout procédé de publicité commerciale par la voie de la presse ou par tout moyen de communication audiovisuelle ».

La carte musique jeune, un instrument de campagne ? Quelle idée…
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

Publiée le 22/04/2011 à 08:58

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Il y a 56 commentaires

Avatar de Seth-Erminatores INpactien
Seth-Erminatores Le vendredi 22 avril 2011 à 09:03:21
Inscrit le dimanche 13 novembre 05 - 8214 commentaires
Ce qui me fait rire c'est le
Pourtant, le nombre de titres téléchargés légalement reste encore 20 fois inférieur à celui des titres échangés illégalement
C'est quoi comme source qu'ils ont je serais curieux de savoir comment ils peuvent balancer un chiffre comme ça
Avatar de Ryo7 INpactien
Ryo7 Le vendredi 22 avril 2011 à 09:13:45
Inscrit le vendredi 26 septembre 03 - 159 commentaires
Le public jeune est un des plus amateurs de musique, et le plus à même d’adopter de nouveaux usages. 2/3 des internautes connaissent l’existence de services légaux de téléchargement. Pourtant, le nombre de titres téléchargés légalement reste encore 20 fois inférieur à celui des titres échangés illégalement alors que 2/3 des internautes qui téléchargent illégalement se disent prêts à utiliser les services légaux s’ils étaient plus abordables et s’ils en avaient une meilleure connaissance


Le message est donc que si le jeune ne téléchargeait pas, il achèterait et surtout que, puisque le jeune juge cela trop cher, c'est à l'Etat de plomber ses finances plus qu'à l'industrie culturelle d'ajuster ses prix ?

Moi qui suis moins jeune, je trouve que je me fais bien entuber ds l'usage fait des impôts que je paye parfois^^
Avatar de pti_pingu INpactien
pti_pingu Le vendredi 22 avril 2011 à 09:16:30
Inscrit le jeudi 15 janvier 09 - 9585 commentaires

Le message est donc que si le jeune ne téléchargeait pas, il achèterait et surtout que, puisque le jeune juge cela trop cher, c'est à l'Etat de plomber ses finances plus qu'à l'industrie culturelle d'ajuster ses prix ?

Moi qui suis moins jeune, je trouve que je me fais bien entuber ds l'usage fait des impôts que je paye parfois^^


Non, pas tout à fait. L'idée (malicieuse) ci-dessous est de parier sur le fait d'éduquer les jeunes générations pour qu'ils deviennent vertueux arrivées à la trentaine pour:
-acheter instinctivement sur les plateformes légales;
-éduquer (faire la morale selon moi) à leurs futurs enfants.
Avatar de hypercrapule INpactien
hypercrapule Le vendredi 22 avril 2011 à 09:28:14
Inscrit le vendredi 20 août 10 - 36 commentaires
Le plus noble travail des parents, maintenant, c'est de neutraliser cette désinformation d'État en expliquant à ses enfants la réalité du système et en leur apprenant comment contourner la "big-brotherisation" d'internet.
Avatar de trash54 INpactien
trash54 Le vendredi 22 avril 2011 à 09:28:47
Inscrit le mardi 13 septembre 05 - 6205 commentaires
2/3 des internautes connaissent l’existence de services légaux de téléchargement. Pourtant, le nombre de titres téléchargés légalement reste encore 20 fois inférieur à celui des titres échangés illégalement alors que 2/3 des internautes qui téléchargent illégalement se disent prêts à utiliser les services légaux s’ils étaient plus abordables et s’ils en avaient une meilleure connaissance ».


c'est bien ils savent ou est le fond du problème : prix trop élevé
mais à la place de voir faire descendre le prix initial, ils préfèrent faire une perfusion à court terme

Il y a 56 commentaires

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