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Licence globale, interview de L. Thoumyre
 Rédigé par le 19 janvier 2006
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La licence globale optionnelle (LGO), un de vos projets phares, a été adoptée par l'Assemblée nationale contre toute attente fin décembre. Depuis, dans une guerre des communiqués, de nombreux artistes ont ouvertement condamné l'idée même d'une telle licence, craignant pour leurs revenus. « Si ma musique devient gratuite, alors je demande aux représentants de l'Etat qui travaillent pour le bien public de le faire gratuitement » indiquait Michel Sardou. Pour Nicolas Sarkozy, intervenu voilà peu dans le débat, « ce serait donc doublement fautif si Internet aboutissait à assécher la création et empêcher les artistes de vivre de leur travail » et le Ministre de parler de « rémunération collectiviste. » Que répondez-vous finalement à ceux qui doutent de la viabilité économique du sujet ?

Les artistes que vous évoquez ne sont pas si nombreux comparativement aux 13 482 signataires de la pétition de la SPEDIDAM, qui se sont clairement prononcés contre la répression des internautes téléchargeurs et pour une solution de licence globale. Pour ce qui est des stars qui ont répondu non à la licence globale, cela se comprend fort bien. Comment croyez-vous que les choses leur ont été présentées ? « C'est la mort du droit d'auteur... », leur a-t-on dit. Ces stars analysent, pour la plupart, la solution de la licence globale à travers le prisme tendu par les producteurs avec lesquels ils sont en contrat d'exclusivité. Pouvait-on s'attendre à une autre réaction ? Quant au raccourci effectué entre « société de gestion collective » et « collectivisme », est-il nécessaire de s'y attarder ? La quasi totalité des droits des auteurs dans le domaine de la musique fait l'objet d'une gestion collective par la SACEM, tout simplement parce qu'il est impossible de gérer directement son droit avec des dizaines ou des centaines de milliers d'utilisateurs. C'est le cas pour Michel Sardou que vous citez également. La France a créé à la fin du XVIIIème siècle, en même temps que le droit d'auteur, la gestion collective qui est indispensable. On ne parle pourtant pas de collectivisme...

Face à la licence globale, quel peut bien être l'avenir des plateformes de téléchargements en ligne type La Fnac, Virgin ou iTunes ? Une coexistence était-elle possible ou ces plateformes vont être illico plombées par ce système ?


LionelThoumyre Les chiffres de ventes de ces plates-formes évoluent de manière exponentielle alors que celui des internautes qui téléchargent sur les sites P2P continue sa croissance. Comment expliquez-vous cela ? Les internautes l'expliquent très bien eux-mêmes dans l'étude Médiamétrie d'octobre 2005 : la facilité d'utilisation, le service fourni, la sécurité informatique, la rapidité du téléchargement et l'exactitude des informations (voir ce document). Ce sont autant de raisons qui poussent les internautes à se tourner vers les offres commerciales.

Les échanges non commerciaux entre particuliers, objet de la licence globale, ne peuvent pas concurrencer un service commercial qui apporte une réelle plus value aux utilisateurs. Cela dépend évidemment de la réelle volonté de l'industrie de mettre son catalogue en ligne et d'offrir des services appropriés.