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GeForce FX : une sortie trop tardive ?
 Rédigé par le 25 janvier 2002
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INTRODUCTION

Le GeForce FX est censé être proche d'une révolution, presque à l'image des produits 3DFX à la (bonne) vieille époque. Le terme GeForce qui devait être abandonné pour marquer la différence a en fin de compte été gardé pour raison marketing. Quant à l'ajout du FX, en sus de raviver notre nostalgie envers 3DFX, il est principalement présent pour insister sur les effets spéciaux et la notion de vidéo, de films voire de cinéma. Mais à cette luminescence s'est adjoint un nuage sombre : une sortie qui s'éternise. Nous allons donc voir ici si NVIDIA n'a pas fait une erreur en cumulant tous ces retards...

Comme d'habitude, je préfère mettre les choses au clair avant d'entrer dans le sujet. Les propos qui sont tenus ici étant basés sur des faits futurs, soit loin d'être certains, la subjectivité risque donc d'éclipser puis de supplanter une quelconque objectivité. N'étant ni prophète ni visionnaire, nous ne saurons que dans 4 à 5 mois si la mise en vente différée du GeForce FX (le temps qu'il s'en vendent abondamment) a été oui ou non une maladresse.

Le Père Noël avec ATI, sans NVIDIA...

Nous sommes au second trimestre 2002. Tous les amateurs de cartes graphiques pensaient (rêvaient pour certains) recevoir au pied de leur sapin résineux ou plastifié un cadeau de petite taille ne pouvant renfermer qu'une carte vidéo basée sur le NV30 (le nom GeForce FX était encore inconnu à ce moment là). Cette date était de plus à cette époque tout à fait possible.

Faute à des problèmes de conception, à une très (trop ?) faible finesse de gravure, et à une production de DDR-II insuffisante, ce planning ne sera pas respecté. NVIDIA s'est ainsi fait damer le pion par ATI et sa carte très haut-de-gamme, la Radeon 9700 Pro, une carte qui technologiquement est plus proche du GeForce 4 (excepté pour DirectX 9) que du GeForce FX avec toutes ses nouveautés. Mais grâce à des performances plus qu'honorables sans drivers veritablement finis, ATI a eu ainsi la voie royale pendant 6 bons mois. Le dernier trimestre 2002 est bien entendu le plus important avec en apothéose noël, période où il se vend énormément de chocolat, mais aussi de cartes graphiques. Le présent ultime étant la version All-In-Wonder du Radeon 9700 Pro.

Et tout le monde sait qu'après la pluie - de ventes - vient le beau temps, soit ici un calme quasi-soporifique. Ainsi, en manquant son rendez-vous avec la fête de la nativité du Christ, nous pouvons nous demander si NVIDIA n'a pas péché par gourmandise au lieu de sortir une version 0.15µ DDR 1 à l'image d'ATI. D'ailleurs, mais que complote notre cher concurrent canadien.

Et la réponse du berger ATI à la bergère NVIDIA ?

Ceci est peut-être totalement subjectif de ma part, mais ce qui m'intéresse le plus par la sortie du GeForce FX, c'est la réplique d'ATI. On peut en effet s'interroger sur ses projets, d'autant plus que la firme basée à Ontario (Thornhill) a eu une bonne rallonge offerte par son voisin et néanmoins "ennemi" américain.


Pour le moment, à part quelques rumeurs plus que douteuses, aucune véritable information n'a encore filtré sur de possibles cartes vidéo fondées sur le R350 et le R400. Le seul indice officiel que l'on peut retrouver sur le site ATI.com est la capacité des Radeon 9500/9700 à supporter la DDR II.

Alors ? Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? ATI a un énorme, immense, gigantesque coup à jouer. Le groupe voisin du yankee a une occasion en or (24 carats), à la limite de l'immanquable. Qu'ATI rate le coche parait improbable. Et pourtant...

Enfin deux cartes ATI/NVIDIA en sortie simultanée...

Grâce à NVIDIA, une brèche s'est ouverte. Pour une fois, les deux maîtres ès cartes vidéo que sont ATI et NVIDIA peuvent enfin sortir leurs produits en même temps, au pire avec quelques très courts mois de décalage. Ainsi, finies les guerres insensées entre les deux firmes nord-américaines, les sorties de leurs cartes se chevauchant constamment (était-ce fait exprès ?).

Si tout se passe bien, ATI lancera au pire des cas sa contre-attaque au GeForce FX vers le mois de mai, soit 3 trimestres après la sortie du Radeon 9700 Pro. Cela laisserait donc peu de temps au GeForce FX pour s'imposer, d'autant que l'on parle d'une disponibilité en masse pour le mois de mars, voire d'avril... Et à moins que la version Ultra du GeForce FX soit équivalente aux futures Radeon, on pourra clairement affirmer que la tendance entre ATI et NVIDIA se sera inversée.

Il est d'ores et déjà fini le temps où NVIDIA proposait en fanfare sa dernière carte et où son concurrent ATI ripostait 4 à 6 mois plus tard par un produit éphémère, à la limite du précaire. En effet, ce dernier était très peu de temps après totalement dépassé par la nouvelle carte dernière génération made in NVIDIA...

Cette tendance a bien entendu incité les consommateurs à acheter américain, d'autant plus que son voisin géographique s'est bâti ces 4 dernières années une bien mauvaise réputation, faute à des drivers plus qué médiocres, et c'est un euphémisme...

ATI change de cap et gêne NVIDIA

Depuis, bien des choses ont changé. Grâce à sa Radeon 8500, ATI a prouvé qu'il existait une réelle alternative à NVIDIA. Proposant d'excellentes performances, armées de ses célèbres sorties vidéo de qualité et dotées de pilotes enfin convenables, cette carte a signé le retour du canadien sur un marché ultra dominé par NVIDIA, surtout depuis la mort du désormais historique 3DFX.

La suite, vous la connaissez, avec une Radeon 9700 Pro DirectX 9, massacrant la GeForce4 Ti 4600, et ce pour un prix à peine plus élevé, ATI a totalement renversé la vapeur. Qui plus est, elle a améliorer son côté marketing, par exemple les drivers en leur donnant un nom : CATALYST. A l'image des NVIDIA Detonator et des récents VIA Hyperion, les pilotes Catalyst représentent une image de plus liée à ATI, chose qui lui manquait. Le Canadien a même ouvert récemment sa boutique de merchandising, comme un certain Américain. ATI ressemble donc de plus en plus à... NVIDIA !

La seule grosse différence encore présente entre les deux mastodontes se situe au niveau du chiffre d'affaire, donc des ventes et des divers partenariats (fabricants de desktop, développeurs/éditeurs de jeux vidéo, etc). NVIDIA a encore une grosse longueur d'avance, avance façonnée ces dernières années grâce à d'excellents produits vendus sans interruption. Cet avantage indéniable ne pourra fondre que si ATI propose de même des produits concurrentiels et ce de manière discontinue.

Maintenant, nous guettons avec impatience la réplique tant attendue de la part d'ATI au GeForce FX de NVIDIA pour connaître le dénouement de cette histoire.

CONCLUSION

Certains se languissent, d'autres sont plutôt dans l'expectative, mais une chose est incontestable : ATI semble de retour et NVIDIA trépigne. Mais pour combien de temps ?

Car en fin de compte, n'y a t-il pas un battage médiatique surdimensionné sur le GeForce FX alors que les informations à propos de ses performances et de sa qualité visuelle sont encore franchement limitées ?

Dans cet article, les performances ont peu d'importance. Il est évident que de mauvaises performances même au profit d'un rendu visuel exceptionnel handicapera fortement NVIDIA. Mais il s'agit principalement ici de traiter du planning des sorties de ses futures cartes surtout par rapport à celui d'ATI.

Je parle ci-dessus du battage médiatique à propos du GeForce FX. Cependant peut-être est-ce parce que ATI est extrêmement hermétique et garde confidentielle toute information sur ses projets ? La sortie "tardive" du GeForce FX engendrera t'elle une totale inversion des rôles ? Des questions que seul le temps pourra nous donner les réponses...