Genèse

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, le marché des processeurs informatiques était dominé par Intel. Néanmoins avec le temps, une société du nom d'Advanced Micro Device (A.M.D.) faisait son nid grâce à son produit phare de l'époque le K6-II (qui n'était pas sans rencontrer quelques problèmes). Puis vînt le temps de l'Athlon, véritable Pentium III killer qui fera le début de la renommée d'
AMD et restera même la dénomination commune de tous ses futurs processeurs grand public milieu et haut de gamme.
Mais
le lundi 6 Mars 2000, il y a plus de 5 ans maintenant, le monde informatique vécut un moment historique qui sera le principal moteur du marché des CPU pour les années à venir :
Le franchissement officiel de la barre fatidique du GHz !
Quand David devance Goliath
AMD remporta une bataille marketing de plusieurs mois et entra ainsi dans la cour des grands en coiffant
Intel au poteau 2 jours avant l'annonce officielle prévue par ce dernier. Depuis, entre les deux fondeurs, tout n'est que course : les Gigahertz, la finesse de gravure, le nombre de pages dans les présentations PowerPoint...
Et cela n'était que le début. En effet, jusqu'alors c'était Intel qui, même lorsqu'il était dépassé de peu par AMD, était celui qui décidait de l'orientation de la course. Jusqu'au jour où AMD se lança dans l'architecture Hammer plus connue depuis sous le petit nom de K8 et à l'origine des
Athlon 64 et autres Opteron actuels.
Grâce à celle-ci, la position de la société de Sunny Vale est devenue différente. On a pu le voir avec le 64 bits qui n'intéressait guère Intel sur le marché grand public. L'arrivée de l'x86-64 (renommé en AMD64), en partenariat avec Microsoft, venait tout chambouler. AMD se permettait de proposer seul une technologie
sur le marché grand public pour laquelle Intel n'avait quasiment rien préparé.
Depuis, Intel aurait bien tenté d'imposer à l'éditeur de Redmond de sortir une version de Windows XP dédiée à ses instructions, mais après avoir essuyé un refus, Intel décidera de s'inspirer largement de l'AMD64. Ainsi, on a pu voir arriver récemment sur le marché les premiers
Prescott embarquant la technologie EM64T issue de tout cela.
The war is not over...
Le Dual-core grand public est encore une de ces batailles. Au départ tout se joue comme le 64 bits :
avec les premières annonces des spécificités de l'architecture Hammer, AMD annonce qu'elle évoluera vers du multi-core. Et en effet, elle était pensée pour cela contrairement à NetBurst (architecture des Pentium 4).
Afin de devancer son concurrent, Intel a préféré tout d'abord lancer la technologie Hyper Threading (qui selon Patrick Gelsinger
n'était qu'un pas de bébé) qui permet à un processeur mono-core de gérer plusieurs threads en parallèle. Puis, lorsque les annonces de AMD sur le dual-core se sont faites plus présentes, Intel a commencé à laisser pressentir que lui aussi aurait une solution dual-core :
le SmithField, qui a été testé officiellement par certains sites privilégiés le 4 avril dernier.
Ainsi la situation était inversée, AMD qui était à l'origine de l'initiative du dual-core venait de se faire devancer par Intel. La boucle est bouclée. Mais c'est la preuve, s'il en était nécessaire, que la concurrence active est un bienfait pour le consommateur.
L'histoire a donc tranché : Intel est le premier sur le dual-core pour grand public (AMD ayant présenté l'Opteron Dual Core bien avant les Athlons X2 et Intel ayant décidé de
reporter le dual core pour serveur à 2006). Mais dans cette précipitation la copie rendue est elle parfaite ? Ni vous ni moi ne pouvons voir dans le futur et ce qui nous préoccupe actuellement, ce sont les faits, les performances, et ce qui représente finalement le meilleur choix pour le consommateur.
Ainsi, je vais essayer de vous décrypter les technologies dual-core d'Intel et d'AMD avant d'analyser le X2 en profondeur et de voir ce qu'il a dans le ventre !