Depuis l’annonce de Steve Jobs du passage d’Apple vers l’architecture Intel, les passions se sont déchaînées et les commentaires ont oscillé entre mines réjouies et cœurs brisés. Depuis plusieurs mois déjà, nous entendons parler de rumeurs évoquant l’apparition de versions piratées de la version x86 de MacOS X. Certains seraient parvenus à installer le système sur leur PC sans grande difficulté. Il existait bien des vidéos et des photos, mais il est aussi très facile de monter une farce du genre.
Pour savoir ce qu’il en était réellement, 01net s’est penché sur le sujet. Ils ont donc traqué cette légende urbaine et fouillé le web à la recherche des informations nécessaires. A force de chercher, ils ont trouvé, et ont téléchargé la fameuse version de Tiger destinée à fonctionner sur des processeurs x86. Ils ont donc testé l’installation de cette version et là, autant citer nos confrères : « Double consternation »
En effet, l’installation se serait révélée d’une simplicité totale. Bien que très longue (nos confrères parlent d’une petite demi-journée sur la machine de test), tout s’est déroulé sans le moindre accroc, et l’installation s’est terminée avant de relancer le système. La deuxième surprise, c’est le système lui-même : il s’agissait bel et bien d’un Tiger fonctionnant très bien sur la machine basée sur un Pentium 4 3.6GHz.
La question que pose 01net, nous nous la sommes tous posée. Apple n’a pas véritablement cherché à protéger son système, les protections par DRM matériels mis en place n’ayant vraiment pas tenu longtemps face aux assauts des hackers. De plus, contrairement aux différentes versions de Vista disponibles (attention, message caché ici) qui disposent d’un identifiant unique, aucune des copies de MacOS X ne disposait d’un moyen capable de différencier les versions envoyées aux développeurs. Ainsi, chaque copie était un clone parfait des autres. Devant si peu de moyens mis en place pour empêcher les fuites, que doit-on en penser ?
Quoi qu’il en soit, nos confrères ont été très surpris par les bonnes performances générales du système. Le seul point où ce Tiger s’est montré plus lent, c’est pour la partie graphique. La gestion des fenêtres et les différents effets se sont montrés plus lents que sur un Mac Mini 1.4GHz équipé de Panther. L’explication semble toutefois entièrement contenue dans la carte graphique qui équipait le PC : un circuit graphique GMA 900 équipé de seulement 8Mo de mémoire vidéo. Pourquoi un tel choix demanderez-vous ? Tout simplement parce qu’à l’heure actuelle, c’est le seul circuit graphique pour lequel il existe un pilote pour cette version de Tiger.
Le reste des performances s’est montré plus à la hauteur bien que l’on puisse sentir un manque d’optimisation presque flagrant sur certaines applications maison comme iTunes. Si l’on prend Photoshop par contre, le résultat est complètement inversé : le test se serait exécuté 2.7 fois plus rapidement sur la version PC. Autre point positif : le démarrage des applications serait plus rapide sur ce Tiger piraté. De bonnes nouvelles donc pour un système qui au final est encore loin d’être finalisé. Avantage de l’architecture ou grande optimisation de Tiger ? Ce qui est clair, c’est que le travail effectué sur cette version montre un savoir-faire indéniable.
Un tableau regroupe les différents résultats des tests effectués par 01net. Attention toutefois à la lecture des chiffres. La machine qui sert de référence est ici un Mac Mini 1.5GHz, qui obtient la note de 10 à tous les tests. Pour chaque machine testée ensuite, à savoir un iMac G5 2GHz et la machine PC équipée d’un Pentium 4 3.6GHz, les notes sont donc à mettre en relation avec celles du Mac Mini. Ainsi, pour le rendu de Photoshop s’établissant à 48.7, il faut y voir une accélération de 387% par rapport au temps obtenu pour la même opération sur le Mac Mini. A contrario, la note de 4 sous iTunes indique que ce logiciel a réalisé le test 60% plus lentement que la version Mac Mini.
Vincent Hermann
Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.












