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La loi contre les jeux violents presque adoptée en Californie

Arnold II, le retour, va-t-il l'atomiser ?

Aux Etats-Unis, la loi sur les jeux violents poursuit à grandes enjambées son petit chemin législatif. On rappellera que ce texte veut infliger aux vendeurs détaillants une amende et parfois même, comme dans l’Illinois, une année de prison s’ils vendent un jeu étiqueté violent à un mineur. Pour le gouverneur de cet Etat, Blagojevich,...

Aux Etats-Unis, la loi sur les jeux violents poursuit à grandes enjambées son petit chemin législatif. On rappellera que ce texte veut infliger aux vendeurs détaillants une amende et parfois même, comme dans l’Illinois, une année de prison s’ils vendent un jeu étiqueté violent à un mineur. Pour le gouverneur de cet Etat, Blagojevich, une des têtes bien pensantes à l’origine du texte : « nous savons que les jeux violents et sexuellement explicites posent un risque direct pour les enfants. Aussi, nous devons faire tous les efforts pour les mettre hors de portée. » Des efforts reposant sur le bâton plus que sur la carotte.

Le texte a inspiré de nombreuses propositions de loi dans plusieurs états fédérés dont l’Illinois, le District de Columbia, la Géorgie, le Missouri, la Pennsylvanie et le Michigan. En Illinois, le texte va cantonner aux adultes les jeux où l’on trouve « une description réaliste d'une violence entre humains, où le joueur tue, blesse ou cause de sérieuses atteintes physiques à ses semblables, ce qui inclut la mort, le démembrement, l'amputation, la décapitation, la défiguration, la mutilation ou le viol ».

En Californie, un texte similaire vient tout juste de passer le cap législatif. Il porte le petit nom de loi AB1179 et a été adopté à l’initiative du représentant démocrate Leland Yee. Il vise au final à punir de 1000 dollars, le détaillant qui osera vendre un tel jeu à un mineur. Un énorme autocollant blanc (5 cm x 5 cm !) indiquant "18+" couvrira la jaquette pour signaler l’interdiction avec la discrétion d’un tracteur.

Le texte en gestation est maintenant dans sa dernière ligne droite. Il attend la signature du gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger. L’acteur, à la carrière assez éloignée des rôles de grands pacifistes américains dans des films de romance, donnera-t-il son aval ? Celui-ci a en tout cas une trentaine de jours pour mettre sa griffe en bas de la page. Si tel est le cas, le texte entrera en vigueur dans cet Etat fédéré dès le 1er janvier prochain.

L’IMEA (Interactive Entertainment Merchants Association), l’association des détaillants dans le domaine des loisirs, estime le texte inconstitutionnel, car contraire à la liberté d’expression protégée par le premier amendement. Ils soulignent en outre que les détaillants profitent déjà d’un système d’auto régulation qui fonctionne selon eux très bien. Ils pressent le gouverneur à apposer son veto pour inciter les politiciens à travailler plus en symbiose avec l’industrie du jeu vidéo. Quant à l'ESA, association des logiciels de loisir, on estime que la loi n'a pas à se substituer au jugement des parents, "chaque famille étant unique" .

Source : BusinessWeek
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

Le 13 septembre 2005 à 09:20 (12 511 lectures)

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