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Le consensus de la mission Olivennes plombé par l'agenda

De la friture sur la dépêche

De nombreuses sources ont évoqué le consensus dégagé par la mission Olivennes, cette mission chargée d’établir des recettes pour lutter contre le téléchargement pirate et favoriser les offres légales. C’est que le 12 octobre à 11 h 44 min, une dépêche relatait trois gros points d’accord chez toutes les parties entendues, dépêche qui fut ensuite épaulée par un communiqué de la ministre de la Culture. C’en était assez pour lancer la vague médiatique attendue.

Comme acteurs de ce consensus, étaient cités les ayants droit, les FAI, les consommateurs et les diffuseurs de contenus. Une étape notable d’autant que l’accord pointait des données sensibles : la réponse graduée, le filtrage et la facilitation du téléchargement légal. De même, lors de l’installation de la mission, M.Olivennes reconnaissait : « mon objectif est d’être le facilitateur de cette coopération [et] que se réunissent les acteurs, qu'ils discutent et convergent. C’est eux qui évoqueront ensemble cette responsabilité collective que j’évoquais ».

horloge montre retard heure

Le hic est que cette dépêche a été diffusée alors que les auditions en cours étaient loin d’être achevées. Normal pour un rapport d'étape, beaucoup moins lorsqu'on consulte l'agenda du jour de la Mission.

La dépêche du futur

A 13 h 30 min, soit près de deux heures après publication de la dépêche précitée, Odebi, StopDRM, l’APRIL, et un chercheur de l’INRIA préparaient sereinement leur intervention devant la mission Olivennes. Une audition prévue à 14 h 30 min avec au programme une heure d’exposé en tout. Évidemment, on pouvait facilement deviner les positions des trois premiers. Des membres de StopDRM ne s’étaient-ils pas constitués prisonnier à la police, dans le passé, pour avoir lu un DVD sous Linux ? Quant à Odébi ou l’April, ardents défenseurs du libre et des libertés numériques, doit-on rappeler leurs multiples interventions lors des discussions sur la DADVSI ? (liste non exhaustive) 

Nous savions déjà que l’April avait contesté cette présentation fallacieuse du consensus, mais elle n’est plus la seule.

Chez Odébi, Pascal Cohet l’a mauvaise : « à aucun moment, de cette audition ne s’est dégagé de consensus en faveur de la répression ou du filtrage. En revanche, l’opération de communication du ministère, consistant à annoncer un consensus avant de nous recevoir, sachant que la presse reprendrait leur information, et pas les communiqués correctifs d’APRIL et ODEBI, a parfaitement fonctionné ».

L’exposé qui fut lu par M. Cohet est disponible en ligne sur ce lien. On y rappelle que « la recherche d'infractions n'a pas à être effectuée par des sociétés privées, comme les fournisseurs d'accès, qui sont par ailleurs les seuls à pouvoir identifier des internautes. La répression de masse serait le pire moyen qu'une entreprise commerciale pourrait utiliser pour tenter d'accroître sa clientèle » ou encore qu’« actuellement, en pratique, les drm sont progressivement abandonnés. Des artistes commencent à explorer de nouvelles voies et s'autonomisent par rapport à leurs maisons de disques : nul doute que les internautes n'auront aucune difficulté à développer un lien de confiance avec eux. En revanche, rétablir la confiance entre le public et les industriels sera plus difficile, et nécessitera une approche globale comportant un ensemble large de mesures correctives. »

stopdrm

Un agenda DRMisé ?

Durant le temps de parole, côté StopDRM, on s’est échiné à démontrer par la logique « qu'un DRM, par sa conception se basant sur le secret, est incompatible avec le principe d'interopérabilité. (…)M. Olivennes et ses collègues essayent toujours de croire que le filtrage, la riposte graduée et les DRM sont les solutions miracle, sans remettre en cause aucunement l'industrie : pour lui, les clients sont dans l'erreur, pas l'industrie. Cela ne change pas des années précédentes, donc il n'y a pas de raison que le résultat soit différent dans quelques années. »
 
Bref, voilà comment un bête accident d’agenda a noyé ces messages en harmonie relative avec le discours ambiant.

(image de StopDRM)
Marc Rees

Journaliste, rédacteur en chef

Publiée le 17/10/2007 à 16:14

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