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L'erreur d'AOL entame un débat sur les données privées

Aiiiiiie confiaaaaaance... Crooiiiiis en moiiiiii...

cadenasL'affaire AOL semble avoir eu plus de repercussions que prévu. En divulguant à tout un chacun plus de 19 millions de recherches de plus de 658 000 personnes, l'un des pionniers de la toile a commis une énorme erreur. L'Américain s'est d'ailleurs platement excusé depuis la propagation d'une telle nouvelle. Mais cette bourde a soulevé une autre question d'une importance capitale : quid des données privées collectées par les moteurs de recherche ? Le méta-moteur de recherche Ixquick a été l'un des premiers à rassurer ses visiteurs. Alex van Eesteren, porte-parole d’Ixquick, avait ainsi annoncé les paroles suivantes :

« A partir d’aujourd’hui (le 13 juin 2006), elle (la société Ixquick) va effacer toutes les données des recherches personnelles de ses utilisateurs contenues dans ses « fichiers journaliers ». Cette nouvelle fonction de notre moteur de recherche assure une protection optimale de la vie privée ainsi que des performances maximales de recherche, car nos clients vont pouvoir utiliser les 12 meilleurs moteurs de recherche sans que ceux-ci enregistrent leurs données personnelles. »

Google, à l'image de Microsoft, est souvent qualifié de « Big Brother » du fait de ses très nombreux services et de sa domination en termes de recherche. Google a pourtant régulièrement affirmé que les données collectées ne seront divulguées nulle part, et qu'en aucun cas les gouvernements (même des États-Unis) n'obtiendraient leurs fichiers. Or comme l'expliquent de nombreuses associations, le mieux serait tout simplement que ces données n'existent pas.

Le néerlandais Alex van Eesteren d'Ixquick appuyait d'ailleurs cet avis en précisant que « beaucoup de moteurs de recherche utilisent ces données sans restrictions à des fins commerciales. Qu’on en fasse un usage abusif n’est qu’une question de temps ».

Une phrase que n'importe quel lecteur de 1984 (et livres affiliés) ne manquera pas de relever. Cette question, qui n'est pas nouvelle, revient donc sur le tapis grâce à AOL. Google a ainsi précisé hier que sa priorité était la confiance de ses visiteurs. Commettre une erreur "à la AOL" n'est donc pas au programme, même si le président de Google a tout de même rajouté « Never say never », que l'on pourrait traduire par « Il ne faut jamais dire jamais ». De quoi faire frémir.

Google gardera et exploitera donc bien ses millions de données, business oblige. Mais cela ne résout en rien la question de fond. Alors que les lois de modernisent plus ou moins bien par rapport aux nouvelles technologies et à Internet, une nouvelle législation, notamment aux États-Unis, commence à devenir indispensable.

L'affaire AOL a créé de forts remous au sein des sites et des blogs américains. Il ne serait pas impossible que les conséquences de cette erreur deviennent plus importantes que prévu.

Nil Sanyas

Journaliste, éditorialiste, créateur des LIDD, aime les interviews insolites et les tablettes tactiles. Présent sur Twitter et Google+.

Le 10 août 2006 à 15:29 (23 035 lectures)