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XenSource et VMware : à quand un compromis ?

Je te tiens, tu me tiens par la barbichetteuuuuuuuuu

Le monde de la virtualisation est en pleine ébullition. Les annonces fusent dans tous les sens, et chacun de sa technologie, bien que des accords se créent çà et là. Par exemple, un récent accord entre Microsoft et XenSource va permettre aux logiciels à Vista (Server et branche professionnelle) d’exécuter des machines virtuelles Linux dès l’année prochaine.

Dans le monde Linux même, la situation se complique légèrement. Il existe deux acteurs majeurs dans ce domaine : XenSource et VMware. L’un comme l’autre proposent des outils performants, et chacun a ses adeptes. Pour autant, et quand bien même les deux sociétés auraient le même but, elles utilisent des moyens techniques très différents, et cela pose désormais un problème.

Aujourd’hui, l’équipe responsable du développement et de l’entretien du noyau Linux aimerait intégrer une technologie de virtualisation. En fait, la chose était prévue avec Xen, mais pour plusieurs raisons, les développeurs ont fait machine arrière. Tout d’abord, la limitation à une seule technologie hérissait le poil de certains. Le monde de Linux a une certaine aura d’ouverture après tout. Ensuite, les ténors des distributions professionnelles préfèrent une solution plus élégante.

Cette solution élégante serait la mise en place d’une interface dans le noyau permettant l’emploi de n’importe quel hyperviseur. Un hyperviseur est, pour simplifier, un moteur de virtualisation. Cette solution permettrait donc d’employer indifféremment n’importe quelle technologie.

D’un autre côté, XenSource se dit prête à intégrer son code dans le noyau de Linux, car l’hyperviseur est prêt. Mais tout le monde n’est pas de cet avis. Ainsi, plusieurs responsables de Red Hat ont donné leur opinion sur le sujet, il est clair pour eux que la technologie de XenSource n’est pas prête à être intégrée, et de loin.

Autre problème qui vient compliquer le travail des développeurs du noyau : les produits Xen et VMware sont constamment mis à jour par de nouveaux patchs. Tout cela provoque un problème de logistique, car le code à intégrer en permanence devient plus que conséquent. Brian Stevens, directeur technique de Red Hat explique à ce propos qu’il a beau être un optimiste convaincu, il n’apprécie pas la cadence trop importante à laquelle le code des produits Xen est changé.

Greg Kroah-Hartman, développeur chez Novell, est responsable de la maintenance de plusieurs sous-systèmes du noyau Linux, ainsi que de celle du noyau stable. Il confirme que Xen et VMware changent leur code de façon énorme et de manière trop rapide. Actuellement, lui et plusieurs autres têtes du monde Linux tentent de faire coopérer les deux sociétés pour arriver à des accords sur les technologies. Si XenSource a pu s’associer avec Microsoft pour la virtualisation sous Vista et le prochain Windows Server, il ne devrait pas y avoir tant de difficultés avec VMware. Et pourtant, Kroah-Hartman parle de « coup de pied dans les fesses »…

Ce partenariat un peu forcé a été redemandé hier par Kroah-Hartman devant une assemblée réunie à l’occasion de l’OSCON (O'Reilly Open Source Conference). La conclusion de tout ceci est qu’on ne devrait pas voir une technologie de virtualisation particulière dans le noyau de Linux avant un petit moment, le temps que les protagonistes se mettent d’accord, ou qu’une décision plus tranchée soit prise.
Source : eWeek
Vincent Hermann

Rédacteur/journaliste spécialisé dans le logiciel et en particulier les systèmes d'exploitation. Ne se déplace jamais sans son épée.

Le 27 juillet 2006 à 16:31 (21 068 lectures)