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Les enjeux de la musique en ligne
L'année 2000 et le premier semestre 2001 auront été riches en év...
L'année 2000 et le premier semestre 2001 auront été riches en év...
L'année 2000 et le premier semestre 2001 auront été riches en événements marquants dans le secteur de la musique et plus particulièrement celui de la Web-musique avec :
> tout d'abord des rapprochements ou tentatives de rapprochement entre maisons de disques,
> des procès opposant la RIAA (Recording Industry Association of America) représentant les principaux éditeurs à des jeunes pousses peu scrupuleuses de la législation sur le copyright (Napster, MP3.com, Scour, Aimster),
> en parallèle avec l'apparition de nouveaux segments de marché liés au réseau mondial - solutions de sécurisation, de commerce électronique, de distribution, d'application, d'agrégation de contenus...,
> et puis l'annonce des stratégies offensives des multinationales du disque : rachats d'entreprises de la nouvelle économie, lancement de nouveaux modèles de distribution de musique.
Le marché de la musique -37 milliards de dollars de chiffre d'affaires - est marqué par une structure relativement oligopolistique qui semblait devoir lui donner une certaine stabilité. Cinq groupes internationaux se partagent 77,5% du marché : Universal Music Group, Sony Music, EMI Group, BMG Entertainment et Warner Music Group. Les 22,5% restant se répartissent entre une multitude d'éditeurs indépendants.
Mais l'Internet a considérablement déstabilisé le secteur. Il a d'abord participé à une recomposition accélérée des grands groupes multimédia, avant que le téléchargement de titres musicaux ne poussent les acteurs à se positionner face à un phénomène nouveau. Ainsi, le groupe britannique EMI et l'américain Time Warner avaient envisagé une fusion.
Cette dernière fut abandonnée pour permettre à un acteur de la Net économie, America Online de prendre le contrôle de Time Warner. Du coup Bertelsmann et EMI sont entrées en discussion pour un éventuel rapprochement qui a de nouveau échoué, l'Union Européenne ne semblant pas favorable à une telle initiative. Le groupe français Vivendi, au sein duquel on retrouve Cegetel, Havas, Vizzavi, Canal+, rachète le Canadien Seagram qui avait pris possession d'Universal en 1998 et devient Vivendi Universal.
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Les prévisions de marché :
Entre 2001 et 2006, le marché mondial de la musique téléchargée est multiplié par un peu plus de 9 passant de 703,2 à 6 375,9 millions d'euros. C'est aux Etats-Unis qu'il connaît la plus importante progression. La valeur du marché y est multipliée par 10.
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Les acteurs traditionnels découvrent, fin 2000, qu'ils ont trop longtemps été occupés à surveiller leurs adversaires directs et qu'ils n'ont pas été assez attentifs aux nouveaux développements en ligne et aux nouveaux entrants qui leur sont associés. Les majors ont accumulé du retard vis-à-vis des technologies et des positions sur le net de ces nouveaux prestataires, la plupart du temps engouffrés dans les vides juridiques qui entourent l'Internet. Vient le temps des procès. Le droit semblait l'emporter quand les plus grosses compagnies ont préféré signer des armistices plutôt que d'éliminer totalement et définitivement les très populaires pionniers de l'échange et de la gestion de fichiers musicaux sur Internet.
. Comment tourner le dos aux 70 millions d'utilisateurs de Napster?
. Comment ne pas vouloir profiter de cette communauté où les téléchargements atteignaient encore il y a quelques semaines plus de deux milliards de titres en un mois?,
Mais les stratégies d'intimidation ou de capture pourraient s'essouffler : bon nombre de spécialistes s'accordent en effet pour dire que Gnutella, Freenet, ou Aimster auront tôt fait de prendre le relais des nouvelles formules payantes des Napster et autre MP3.com contrôlés respectivement par Bertelsmann et par son concurrent Vivendi Universal.
Les Majors ont donc ouvert un nouveau front en s'engageant largement dans les développements en matière de logiciels de protection et de gestion des droits sur fichiers électroniques. Universal Music Group a même fait développer son propre format, le Bluematter. Si aux yeux des observateurs, la SDMI (Secure Digital Music Initiative) a échoué dans son entreprise très médiatisée de mise au point de fichiers inviolables, elle ne semble pas devoir rester sans lendemain. Il ne se passe pas un jour sans qu'une start up ne propose sa solution de marquage et de DRM (Digital Right Managment). Naturellement, chacun souhaite imposer un standard, même si Microsoft, Real Networks, LiquidAudio, ou Thomson Multimédia ne sont pas vraiment disposés à abandonner un marché aussi prometteur.
Au début de l'année 2001, les majors passent à l'offensive. Pour lutter contre Napster et sa multitude de clones et ainsi participer de l'instauration d'un système payant, Sony Corporation et Vivendi Universal annoncent la plate-forme de distribution Duet, désormais appelée Pressplay. De leur côté, AOL Time Warner, BMG Entertainment, EMI Group et Real Networks s'allient pour édifier une nouvelle entité, MusicNet. Les Majors engagent alors une bataille non plus juridique, mais technologique et commerciale.
Il serait néanmoins réducteur de limiter les enjeux à la lutte des majors contre les approches " illégales " de jeunes pousses. Les majors doivent aussi compter avec la concurrence d'offres juridiquement irréprochables, organisées autour de modèles économiques fondés sur la publicité, l'abonnement, ou la location de fichiers audio.
Ces nouveaux entrants ont rapidement déployé des stratégies internationales en exploitant tout ou partie des catalogues d'éditeurs indépendants ou bien en distribuant les oeuvres d'artistes non signés. Ainsi sont nés les OMDs (On Line Music Distributors), les labels en ligne. D'autres modèles se sont construits autour d'applications musicales en ligne comme le service d'écoute de MP3.com, MyMP3 ou celui de la société MyPlay. Ce sont des MSPs (Music Services Providers).
Ces jeunes pousses telles Listen.com, Emusic, Vitaminic, Net4Music, NetRadio, Music.com, bousculent la chaîne de valeur ajoutée. Ils ont tendance à se substituer aux intermédiaires dont les détaillants, aux éditeurs pour la recherche de nouveaux talents et parfois au producteur. Ils apportent aussi des services qui n'existaient pas jusque-là, comme les outils de communication désormais traditionnels sur Internet : Chat, Forum, accueil de sites, gestion de communautés virtuelles, promotion d'artistes non signés...
Dans ce contexte, Internet demeure une place relativement ouverte pour ce qui est de la musique. Elle s'achètera en ligne, elle s'écoutera en payant ou gratuitement en contrepartie de bandeaux publicitaires ou d'une appartenance à un groupe de consommateurs définis. Elle fera l'objet de services à la demande ou non. Elle se téléchargera, se louera certainement. Elle sera l'objet de portails spécialisés ou d'une rubrique phare des grands portails généralistes. Elle sera " mobile " et au centre des premières applications de vidéo streaming...
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