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 L'Etat met en concurrence MS et le "libre"
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Ces derniers temps, l'Etat semble vouloir se serrer la ceinture et donc faire des économies. Le récent changement de gouvernement, dit Raffarin III, a passé la vitesse supérieure depuis quelques semaines. Parmi les nombreuses économies envisagées, le gouvernement veut diminuer le coût des logiciels informatiques ainsi que d'autres services.

Le gouvernement s'est rendu compte que certains éditeurs, et plus particulièrement Microsoft, pratiquaient des prix assez élevés par rapport à des concurrents pas forcément moins performants. L'Etat doit en effet mettre à jour environ 900 000 ordinateurs dans les 3 prochaines années. Et les coûts sont colossaux.

Selon Renaud Dutreil, ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'État, "Sur les seuls produits de bureautique (traitement de texte, tableur, présentation...), l'enjeu financier est supérieur à 300 millions d'euros."

Le but de l'Etat est de diviser par deux la facture logiciel et de réduire d'un quart la facture de téléphone - qui serait de l'ordre de 260 millions d'€ par an - grâce aux nouvelles offres illimités et gratuites par internet, où France Télécom sera aussi mis en concurrence et non avantagé...

Pour en revenir aux logiciels et aux systèmes d'exploitation, certains ministères ont d'ores et déjà commencé leur migration. Ainsi, les ministères de la Culture ou encore des Finances coopèrent avec le français MandrakeSoft.

Renaud Dutreil aurait aussi évoqué la mise en concurrence des produits Microsoft avec Linux, OpenOffice et Mozilla, jugeant ces derniers tout à fait crédibles, tant au niveau des performances que de leur sécurité.

Le leader du logiciel n'est évidemment pas ravi d'une telle nouvelle, mais ne s'inquiète pas plus que cela. Christophe Aulnette, Président-directeur général de Microsoft France et Vice-Président Microsoft Europe/Moyen-Orient/Afrique semble même être très confiant :

"Le logiciel libre, ça n'est pas gratuit, ça coûte même très cher, parce que ça déplace le coût vers la maintenance, les services, l'intégration, la formation. C'est à nous de relever le défi et de montrer qu'on est capable de proposer un coût global de fonctionnement qui soit à la hauteur des ambitions du gouvernement."

MandrakeSoft, ou encore Mozilla Europe, ne sont bien entendu pas du tout en symbiose avec Microsoft. L'éditeur de Mandrake espère ainsi améliorer grandement son image et sa présence en France, où il ne réaliserait que 22% de son chiffre d'affaires.

Même son de cloche de la part de Mozilla Europe : "Il y a d'autres aspects plus importants, tels que la pérennité des investissements. On est plus maître de ce que l'on fait avec les logiciels libres et cela permet d'éviter d'être verrouillé par un seul éditeur."

Selon Reuters, les différents choix du gouvernement seront faits d'ici quelques mois, avant la fin de l'année. Des choix non dénués d'importance...

Rédigée par le vendredi 18 juin 2004 à 14h49 (8000 lectures)
Source de l'INformation : Reuters
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