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Bill Gates et Bono unis contre la pauvreté
La politique et les mouvements alter-mondialistes ne sont pas vra...
La politique et les mouvements alter-mondialistes ne sont pas vra...
La politique et les mouvements alter-mondialistes ne sont pas vraiment les sujets de PC INpact. Mais quand Bill Gates prend la plume et se joint à Bono de U2 pour écrire un message de ce que doit être 2005, il y a des chances pour que la plupart des gens aient envie d'écouter ce que la figure emblématique de Microsoft et accessoirement l'homme le plus riche de la planète ait à dire.
Pour rappel, et pour ceux qui ne le sauraient pas, Bill Gates est à la fois l'homme le plus riche du monde et le plus grand donateur depuis plusieurs années. Quels que soient les jugements portés sur ces dons, on ne compte plus les millions de dollars investis dans des écoles, des hôpitaux, et les milliers d'ordinateurs (évidemment équipes de Windows) offerts dans les pays en ayant un besoin crucial. Bono est quant à lui le fondateur de DATA (pour "Debt, AIDS, Trade, Africa") et a toujours milité activement pour la paix.
Le message est un peu long, et dépasse de loin la taille standard des articles sur PC INpact, mais ce sera l'exception qui confirme la règle.
Pour une année de lutte contre la misère et le sida
"Il est des moments dans l'histoire où la civilisation se redéfinit elle-même, où se crée un mouvement destiné à mettre à bas un statu quo que les peuples refusent d'accepter plus longtemps. L'abolition de l'esclavage en fut un. La chute du mur de Berlin et la fin de l'apartheid en furent d'autres.
L'année 2005 pourrait être le moment crucial pour tenter de résoudre la perte absurde de vies en Afrique, causée par l'extrême pauvreté et la maladie. Afin qu'un tel mouvement puisse voir le jour cette année, il faudra que le monde se préoccupe sérieusement de l'avenir des plus pauvres. Les douze mois qui viennent seront un test pour nous tous, et tout particulièrement pour les responsables des pays du G8, dont la vision et la détermination n'ont jamais été aussi capitales.
Le jugement de l'histoire sera impitoyable si nous échouons, parce que nous sommes la première génération à détenir le pouvoir de réussir. De nouveaux outils et de nouvelles idées créent des possibilités qui, très récemment encore, étaient impensables. L'aide internationale ne pouvait pas, selon la sagesse conventionnelle, apporter des résultats mesurables. Cette attitude et son alliée, l'indifférence, reculent devant les progrès spectaculaires réalisés, en particulier dans le domaine de la santé. Les maladies qui ont éliminé des générations entières de pauvres sont maintenant en voie d'extinction. Il y a quinze ans, la poliomyélite touchait 350 000 personnes ; aujourd'hui, ce nombre n'est plus que de 800 et il pourrait être bientôt ramené à zéro. Au cours des cinq dernières années, l'augmentation de la vaccination a sauvé la vie à un demi-million d'enfants, un chiffre qui pourrait tripler au cours de la prochaine décennie.
Une autre idée ancienne et injuste est en train de disparaître : l'idée que les pays pauvres, enchaînés par des dettes issues de la guerre froide envers les pays riches, devraient nous rembourser quel que soit le prix à payer en souffrances humaines. Depuis que les nations développées ont commencé à annuler une partie de cette dette, les pays les plus pauvres ont été capables d'augmenter leurs dépenses pour d'autres priorités urgentes, comme la santé et l'éducation. Cela a, par exemple, permis à l'Ouganda de doubler le nombre d'enfants dans les écoles primaires.
Plus que jamais, le monde sait ce qui est efficace. Il y a cinq ans, les responsables de notre planète avaient promis de la rendre meilleure dans un plus grand nombre d'endroits et pour le plus grand nombre de gens. Une série d'Objectifs du millénaire pour le développement des Nations unies ont promis aux pauvres que ce nouveau siècle répondrait enfin à leurs besoins fondamentaux. Que la nourriture, l'accès à l'eau potable, la santé et l'éducation deviendraient un droit naturel pour chaque enfant.
Des chefs d'Etat parlent sérieusement, non plus de lutter contre la maladie et les privations, mais de les faire disparaître. Aujourd'hui, après une décennie de réduction de leur aide, certains pays riches, dont la France, se sont engagés à faire plus. Mais la vérité, désagréable à entendre, est qu'aucun pays ne fait assez, et certains beaucoup moins qu'ils ne l'avaient promis.
La tentation de limiter ou de réduire l'aide est très forte en raison des pressions budgétaires. Il faut toutefois les mettre en face du coût de l'inaction. Aujourd'hui, en Afrique, dix millions d'orphelins malades du sida ont besoin de soins parce que leurs parents n'ont pas eu accès aux médicaments antirétroviraux. Ils seront peut-être dix millions de plus en 2010. Il est sans aucun doute moins coûteux, plus intelligent et plus facile d'éteindre de tels incendies dès le début, plutôt que de tenter de les arrêter quand ils font rage.
Nous croyons tous deux que les investissements dans le potentiel humain peuvent rapporter mille fois plus. Ils ont le pouvoir de mettre fin à l'extrême pauvreté. Mais seulement si nous apprenons à voir à nouveau les choses en grand. Le plan Marshall, qui permit la reconstruction de l'Europe après la seconde guerre mondiale et qui est devenu un rempart contre l'expansion soviétique, a coûté aux Etats-Unis 1 % de son produit intérieur brut pendant quatre ans. Aujourd'hui, dans notre époque de tensions et de troubles, un investissement bien inférieur pourrait transformer le monde, et encore plus la façon que celui-ci a de nous voir.
Notre dynamique est donc réelle, mais fragile. Cette année verra une convergence unique de sommets, de rapports sur les progrès accomplis et de négociations sur la dette, le commerce et l'aide efficace. Les sigles - G8, OMC (Organisation mondiale du commerce), FMI (Fonds monétaire international), OMD (Objectifs du millénaire pour le développement) - ne font pas rêver, mais ils représentent cependant la meilleure chance pour le monde de tirer la leçon de ses succès et de continuer à progresser. Pour commencer, nous espérons qu'en 2005 les responsables de toutes les nations développées se mettront d'accord sur quatre étapes décisives. Ils se sont déjà engagés sur trois d'entre elles, et ils doivent tenir parole.
- Premièrement : doubler le montant de l'assistance réelle aux pays étrangers, si possible par le biais de l'International Finance Facility, une proposition britannique pour fournir une aide disponible immédiatement. Une initiative bénéficiant d'un soutien franco-britannique et fondée sur les mêmes principes pourrait sauver cinq millions de vies en développant la vaccination des enfants.
- Deuxièmement : achever le travail sur la dette des pays pauvres. Ils n'ont pas seulement besoin d'une assistance, mais de l'annulation totale de cette dette.
- Troisièmement : modifier les règles injustes du commerce international en créant une voie qui permette aux pays pauvres de parvenir à l'autosuffisance.
- Quatrièmement : financer la Global HIV Vaccine Enterprise (proposée par des scientifiques et soutenue par le G8 et l'Onusida), qui représente une approche plus agressive et mieux coordonnée pour développer le vaccin contre le sida.
Ce sont des moyens, parmi d'autres, grâce auxquels nos gouvernements peuvent faire l'histoire. Mais ils ne le feront que si nous le leur réclamons. C'est pourquoi, en ce troisième jour de l'année, des mouvements "2005" ont déjà pris racine, réunissant des alliés inattendus - PDG et ONG, pop stars et prêtres, associations de mères et syndicats étudiants - dans une campagne mondiale pour la justice.
L'histoire de 2005 aura ses héros et ses scélérats et, dans un an, nous saurons précisément qui était qui. En attendant, il nous appartient de savoir comment nous voulons que l'on se souvienne de notre génération. Pour Internet ? Pour la guerre contre le terrorisme ? Ou pour avoir finalement décidé que l'endroit où un enfant vient au monde ne déterminera plus sa vie ou sa mort ?
Les parallèles et les méridiens sont plus forts que tous les rideaux de fer et nous divisent plus que l'apartheid. Le monde possède les ressources et la technologie nécessaires pour changer tout cela. La question - à laquelle nous devrons répondre en 2005 - est de savoir si nous en aurons la volonté."
Pour rappel, et pour ceux qui ne le sauraient pas, Bill Gates est à la fois l'homme le plus riche du monde et le plus grand donateur depuis plusieurs années. Quels que soient les jugements portés sur ces dons, on ne compte plus les millions de dollars investis dans des écoles, des hôpitaux, et les milliers d'ordinateurs (évidemment équipes de Windows) offerts dans les pays en ayant un besoin crucial. Bono est quant à lui le fondateur de DATA (pour "Debt, AIDS, Trade, Africa") et a toujours milité activement pour la paix.
Le message est un peu long, et dépasse de loin la taille standard des articles sur PC INpact, mais ce sera l'exception qui confirme la règle.
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Pour une année de lutte contre la misère et le sida
"Il est des moments dans l'histoire où la civilisation se redéfinit elle-même, où se crée un mouvement destiné à mettre à bas un statu quo que les peuples refusent d'accepter plus longtemps. L'abolition de l'esclavage en fut un. La chute du mur de Berlin et la fin de l'apartheid en furent d'autres.
L'année 2005 pourrait être le moment crucial pour tenter de résoudre la perte absurde de vies en Afrique, causée par l'extrême pauvreté et la maladie. Afin qu'un tel mouvement puisse voir le jour cette année, il faudra que le monde se préoccupe sérieusement de l'avenir des plus pauvres. Les douze mois qui viennent seront un test pour nous tous, et tout particulièrement pour les responsables des pays du G8, dont la vision et la détermination n'ont jamais été aussi capitales.
Le jugement de l'histoire sera impitoyable si nous échouons, parce que nous sommes la première génération à détenir le pouvoir de réussir. De nouveaux outils et de nouvelles idées créent des possibilités qui, très récemment encore, étaient impensables. L'aide internationale ne pouvait pas, selon la sagesse conventionnelle, apporter des résultats mesurables. Cette attitude et son alliée, l'indifférence, reculent devant les progrès spectaculaires réalisés, en particulier dans le domaine de la santé. Les maladies qui ont éliminé des générations entières de pauvres sont maintenant en voie d'extinction. Il y a quinze ans, la poliomyélite touchait 350 000 personnes ; aujourd'hui, ce nombre n'est plus que de 800 et il pourrait être bientôt ramené à zéro. Au cours des cinq dernières années, l'augmentation de la vaccination a sauvé la vie à un demi-million d'enfants, un chiffre qui pourrait tripler au cours de la prochaine décennie.
Une autre idée ancienne et injuste est en train de disparaître : l'idée que les pays pauvres, enchaînés par des dettes issues de la guerre froide envers les pays riches, devraient nous rembourser quel que soit le prix à payer en souffrances humaines. Depuis que les nations développées ont commencé à annuler une partie de cette dette, les pays les plus pauvres ont été capables d'augmenter leurs dépenses pour d'autres priorités urgentes, comme la santé et l'éducation. Cela a, par exemple, permis à l'Ouganda de doubler le nombre d'enfants dans les écoles primaires.
Plus que jamais, le monde sait ce qui est efficace. Il y a cinq ans, les responsables de notre planète avaient promis de la rendre meilleure dans un plus grand nombre d'endroits et pour le plus grand nombre de gens. Une série d'Objectifs du millénaire pour le développement des Nations unies ont promis aux pauvres que ce nouveau siècle répondrait enfin à leurs besoins fondamentaux. Que la nourriture, l'accès à l'eau potable, la santé et l'éducation deviendraient un droit naturel pour chaque enfant.
Des chefs d'Etat parlent sérieusement, non plus de lutter contre la maladie et les privations, mais de les faire disparaître. Aujourd'hui, après une décennie de réduction de leur aide, certains pays riches, dont la France, se sont engagés à faire plus. Mais la vérité, désagréable à entendre, est qu'aucun pays ne fait assez, et certains beaucoup moins qu'ils ne l'avaient promis.
La tentation de limiter ou de réduire l'aide est très forte en raison des pressions budgétaires. Il faut toutefois les mettre en face du coût de l'inaction. Aujourd'hui, en Afrique, dix millions d'orphelins malades du sida ont besoin de soins parce que leurs parents n'ont pas eu accès aux médicaments antirétroviraux. Ils seront peut-être dix millions de plus en 2010. Il est sans aucun doute moins coûteux, plus intelligent et plus facile d'éteindre de tels incendies dès le début, plutôt que de tenter de les arrêter quand ils font rage.
Nous croyons tous deux que les investissements dans le potentiel humain peuvent rapporter mille fois plus. Ils ont le pouvoir de mettre fin à l'extrême pauvreté. Mais seulement si nous apprenons à voir à nouveau les choses en grand. Le plan Marshall, qui permit la reconstruction de l'Europe après la seconde guerre mondiale et qui est devenu un rempart contre l'expansion soviétique, a coûté aux Etats-Unis 1 % de son produit intérieur brut pendant quatre ans. Aujourd'hui, dans notre époque de tensions et de troubles, un investissement bien inférieur pourrait transformer le monde, et encore plus la façon que celui-ci a de nous voir.
Notre dynamique est donc réelle, mais fragile. Cette année verra une convergence unique de sommets, de rapports sur les progrès accomplis et de négociations sur la dette, le commerce et l'aide efficace. Les sigles - G8, OMC (Organisation mondiale du commerce), FMI (Fonds monétaire international), OMD (Objectifs du millénaire pour le développement) - ne font pas rêver, mais ils représentent cependant la meilleure chance pour le monde de tirer la leçon de ses succès et de continuer à progresser. Pour commencer, nous espérons qu'en 2005 les responsables de toutes les nations développées se mettront d'accord sur quatre étapes décisives. Ils se sont déjà engagés sur trois d'entre elles, et ils doivent tenir parole.
- Premièrement : doubler le montant de l'assistance réelle aux pays étrangers, si possible par le biais de l'International Finance Facility, une proposition britannique pour fournir une aide disponible immédiatement. Une initiative bénéficiant d'un soutien franco-britannique et fondée sur les mêmes principes pourrait sauver cinq millions de vies en développant la vaccination des enfants.
- Deuxièmement : achever le travail sur la dette des pays pauvres. Ils n'ont pas seulement besoin d'une assistance, mais de l'annulation totale de cette dette.
- Troisièmement : modifier les règles injustes du commerce international en créant une voie qui permette aux pays pauvres de parvenir à l'autosuffisance.
- Quatrièmement : financer la Global HIV Vaccine Enterprise (proposée par des scientifiques et soutenue par le G8 et l'Onusida), qui représente une approche plus agressive et mieux coordonnée pour développer le vaccin contre le sida.
Ce sont des moyens, parmi d'autres, grâce auxquels nos gouvernements peuvent faire l'histoire. Mais ils ne le feront que si nous le leur réclamons. C'est pourquoi, en ce troisième jour de l'année, des mouvements "2005" ont déjà pris racine, réunissant des alliés inattendus - PDG et ONG, pop stars et prêtres, associations de mères et syndicats étudiants - dans une campagne mondiale pour la justice.
L'histoire de 2005 aura ses héros et ses scélérats et, dans un an, nous saurons précisément qui était qui. En attendant, il nous appartient de savoir comment nous voulons que l'on se souvienne de notre génération. Pour Internet ? Pour la guerre contre le terrorisme ? Ou pour avoir finalement décidé que l'endroit où un enfant vient au monde ne déterminera plus sa vie ou sa mort ?
Les parallèles et les méridiens sont plus forts que tous les rideaux de fer et nous divisent plus que l'apartheid. Le monde possède les ressources et la technologie nécessaires pour changer tout cela. La question - à laquelle nous devrons répondre en 2005 - est de savoir si nous en aurons la volonté."
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