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Avec la démultiplication des offres d’accès à Internet par satellite, de nouvelles brèches relativisant l’armada Hadopi s’ouvrent. De fait, le monde du satellite risque de générer un véritable casse-tête dans les vastes locaux de la Hadopi. Explications.
Nous avons pu échanger des informations avec le site spécialisé internetparsatellite.net. Frédéric, son auteur, nous explique le B.A BA de cet univers : techniquement, une connexion par satellite opère un peu comme un gros proxy, nous décrit-il. En pratique, en effet « l'abonné fait une requête dans son navigateur, disons www.pcinpact.com. Cette requête remonte sur le satellite qui la fait redescendre. Soit en Italie, chez Skylogic, une filiale d'Eutelsat pour les services basés sur Tooway (Sat2way, Numéo, SFR) soit au Luxembourg, chez ASTRA pour les services basés sur ASTRA2Connect (Nordnet / Orange, Vivéole). »
36 000 km au-dessus de la rue du Texel
Ensuite, les données poursuivent leur long et joli voyage : « les serveurs de Skylogic ou ASTRA se connectent à l'adresse demandée et récupère ce qu'il faut, à la place de l'abonné. Ici, la page et le contenu de pcinpact.com. Puis, tout remonte au satellite perché à 36.000 Km. Enfin, le satellite diffuse le résultat de la requête sur toute sa couverture (toute l'Europe en somme) et seul l’ordinateur de l'abonné concerné, accepte les données » poursuit Frédéric qui note en passant « je suis sûr qu'un petit malin pourrait tout capter, ça a été possible autrefois, mais c'est une autre histoire ».
De fait, notre Hadopi risque bien d’être plongée dans un joli brouillard voire dans l’espace intersidéral nettement plus vaste que ses locaux : s’il doit être possible de coincer les abonnés coûte que coûte, c’est là nettement plus compliqué : « si en ce moment j'utilise une IP et je suis le seul à l'utiliser, les abonnés satellite n'ont pas réellement d'IP. Ils partagent la poignée d'IP de la plate-forme. Donc si une autorité coince une telle adresse, il peut y avoir bavure. » Et pour éviter les frappes non chirurgicales, « il faudra demander à Skylogic ou ASTRA de ressortir les logs pour déterminer qui a fait quoi... ». Contacter un opérateur en Italie ou au Luxembourg est peu Hadopi compatible quand on n’a en tête que la politique du chiffre.
Des astuces pour contourner un peu plus Hadopi
Des astuces vont en outre rendre chèvres les sept temps plein d’Hadopi. Comment ? Simple. Il suffit de prendre son abonnement en Suisse ou en Espagne et de revenir avec en France. « Ce n’est pas grave, c'est le même satellite, le même service, etc. et c'est même l'intérêt du système » souligne Frédéric qui se demande alors comment Hadopi gérera ce conflit territorial à la sauce galactique. Autre chose évoquée ci-dessus : le risque de faux positifs. « Vu que toute l'Europe se partage les mêmes IP, quid des étrangers qui sont pris dans les mailles du filet avec les mêmes IP que les français ? C’est un peu compliqué à gérer tout ça. En tout cas très difficile à automatiser ». Surtout que la législation Hadopi est unique au monde, quoi qu’en dise la Rue de Valois, planisphère au bout du doigt.
Des opérateurs prêts... mais à quoi ?
Interrogé, Stéphane Ruelle, directeur général de Sat2way, qui propose des solutions internet par satellite (avec téléphonie gratuite), nous explique pour sa part que l’opérateur aura évidemment l’obligation de répondre aux requêtes. Mais, comme nous le disions, puisque tous les clients ressortent avec une IP Skylogic, en Italie, c’est en fait à la première IP de routage qu’il faudrait remonter pour savoir qui fait quoi et surtout, qui suspendre.
En clair, quand l’Hadopi va tomber nez à nez avec une IP italienne ou luxembourgeois, que se dira-t-elle ? Un peu ce que nous avait répondu sèchement Frédéric Mitterrand : « laissez tomber, vous voulez bien ? ».
La tactique des quotas
Le seul verrou à un usage disons intensif de ce type d’accès réside dans les quotas propres à ce type de connexion. « si les F.A.P. (ou F.U.P. - Fair Use Policy) des opérateurs limitent les possibilités de téléchargement intensif, il reste possible et très difficilement identifiable, sans moyens techniques spécifiques de se fondre dans la masse et passer inaperçu » explique Internetparsatellite.net dans un article qui fut rédigé en mai, plusieurs mois avant l’application de cette loi unique au monde, et sans doute dans la galaxie.
Pour finir, ajoutons que l'avenir sera radieux : sans évoquer les satellites de Google, en 2010, le satellite KA SAT(*) va décupler les capacités actuellement constatées : Eutelsat devrait alors augmenter les débits pour gagner encore plus de marchés face aux concurrents. Des pings vont baisser, des débits vont augmenter...
Dernier détail croustillant, l’État, via la Caisse des Dépôts et Consignations, est actionnaire à 25,66 % d’Eutelsat.
(*) KA est le nom de la bande de fréquences beaucoup plus large sur des antennes plus petites.
Nous avons pu échanger des informations avec le site spécialisé internetparsatellite.net. Frédéric, son auteur, nous explique le B.A BA de cet univers : techniquement, une connexion par satellite opère un peu comme un gros proxy, nous décrit-il. En pratique, en effet « l'abonné fait une requête dans son navigateur, disons www.pcinpact.com. Cette requête remonte sur le satellite qui la fait redescendre. Soit en Italie, chez Skylogic, une filiale d'Eutelsat pour les services basés sur Tooway (Sat2way, Numéo, SFR) soit au Luxembourg, chez ASTRA pour les services basés sur ASTRA2Connect (Nordnet / Orange, Vivéole). »
36 000 km au-dessus de la rue du Texel
Ensuite, les données poursuivent leur long et joli voyage : « les serveurs de Skylogic ou ASTRA se connectent à l'adresse demandée et récupère ce qu'il faut, à la place de l'abonné. Ici, la page et le contenu de pcinpact.com. Puis, tout remonte au satellite perché à 36.000 Km. Enfin, le satellite diffuse le résultat de la requête sur toute sa couverture (toute l'Europe en somme) et seul l’ordinateur de l'abonné concerné, accepte les données » poursuit Frédéric qui note en passant « je suis sûr qu'un petit malin pourrait tout capter, ça a été possible autrefois, mais c'est une autre histoire ».
De fait, notre Hadopi risque bien d’être plongée dans un joli brouillard voire dans l’espace intersidéral nettement plus vaste que ses locaux : s’il doit être possible de coincer les abonnés coûte que coûte, c’est là nettement plus compliqué : « si en ce moment j'utilise une IP et je suis le seul à l'utiliser, les abonnés satellite n'ont pas réellement d'IP. Ils partagent la poignée d'IP de la plate-forme. Donc si une autorité coince une telle adresse, il peut y avoir bavure. » Et pour éviter les frappes non chirurgicales, « il faudra demander à Skylogic ou ASTRA de ressortir les logs pour déterminer qui a fait quoi... ». Contacter un opérateur en Italie ou au Luxembourg est peu Hadopi compatible quand on n’a en tête que la politique du chiffre.
Des astuces pour contourner un peu plus Hadopi
Des astuces vont en outre rendre chèvres les sept temps plein d’Hadopi. Comment ? Simple. Il suffit de prendre son abonnement en Suisse ou en Espagne et de revenir avec en France. « Ce n’est pas grave, c'est le même satellite, le même service, etc. et c'est même l'intérêt du système » souligne Frédéric qui se demande alors comment Hadopi gérera ce conflit territorial à la sauce galactique. Autre chose évoquée ci-dessus : le risque de faux positifs. « Vu que toute l'Europe se partage les mêmes IP, quid des étrangers qui sont pris dans les mailles du filet avec les mêmes IP que les français ? C’est un peu compliqué à gérer tout ça. En tout cas très difficile à automatiser ». Surtout que la législation Hadopi est unique au monde, quoi qu’en dise la Rue de Valois, planisphère au bout du doigt.
Des opérateurs prêts... mais à quoi ?
Interrogé, Stéphane Ruelle, directeur général de Sat2way, qui propose des solutions internet par satellite (avec téléphonie gratuite), nous explique pour sa part que l’opérateur aura évidemment l’obligation de répondre aux requêtes. Mais, comme nous le disions, puisque tous les clients ressortent avec une IP Skylogic, en Italie, c’est en fait à la première IP de routage qu’il faudrait remonter pour savoir qui fait quoi et surtout, qui suspendre.
En clair, quand l’Hadopi va tomber nez à nez avec une IP italienne ou luxembourgeois, que se dira-t-elle ? Un peu ce que nous avait répondu sèchement Frédéric Mitterrand : « laissez tomber, vous voulez bien ? ».
La tactique des quotas
Le seul verrou à un usage disons intensif de ce type d’accès réside dans les quotas propres à ce type de connexion. « si les F.A.P. (ou F.U.P. - Fair Use Policy) des opérateurs limitent les possibilités de téléchargement intensif, il reste possible et très difficilement identifiable, sans moyens techniques spécifiques de se fondre dans la masse et passer inaperçu » explique Internetparsatellite.net dans un article qui fut rédigé en mai, plusieurs mois avant l’application de cette loi unique au monde, et sans doute dans la galaxie.
Pour finir, ajoutons que l'avenir sera radieux : sans évoquer les satellites de Google, en 2010, le satellite KA SAT(*) va décupler les capacités actuellement constatées : Eutelsat devrait alors augmenter les débits pour gagner encore plus de marchés face aux concurrents. Des pings vont baisser, des débits vont augmenter...
Dernier détail croustillant, l’État, via la Caisse des Dépôts et Consignations, est actionnaire à 25,66 % d’Eutelsat.
(*) KA est le nom de la bande de fréquences beaucoup plus large sur des antennes plus petites.
Rédigée par le mercredi 25 novembre 2009 à 16h43 (26857 lectures)
Source de l'INformation : Merci Frédéric
Source de l'INformation : Merci Frédéric
- On vient de recevoir quatre Caviar Black de 1 To (WD1002FAEX) au labo... Le RAID 10 en S-ATA 6 Gbps, ça donne quoi en vrai ?
29/07/2010 à 10:54 par David - EVGA met en ligne son nouveau patch SLi, qui contient deux jeux supplémentaires.
28/07/2010 à 18:38 par David - MSI vous propose de personnaliser Kombustor avec vos textures, pour en savoir plus, il suffit de cliquer ici.
28/07/2010 à 18:37 par David
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