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 Sénat : l'abonnement Internet reversé aux ayants droit ?
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christine albanel Les idées commencent à pleuvoir autour du projet Création et Internet. On sait qu’en l’état d’avancement du dossier, en cas de suspension d’accès à Internet, dernier étage de la riposte graduée, les abonnés continueront à payer leur facture ADSL. Cette mesure avait été diversement appréciée. Mais elle avait été proposée afin de sauvegarder les intérêts des opérateurs, qui n’ont pas à subir les contrecoups de la riposte pour des actes pour lesquels ils sont étrangers.

Catherine Morin-Desailly, sénatrice de la Seine-Maritime, propose une alternative dans un amendement apporté au texte : elle demande à ce qu’en cas de suspension d’abonnement, le montant de ce dernier tombe dans la poche des sociétés de perception et de répartition. Ces sociétés « devront utiliser ces sommes dans le cadre de leurs actions d'aide à la création, à la diffusion du spectacle vivant et à des actions de formation des artistes. Ce transfert du prix de l'abonnement prend ainsi la forme d'une réparation des artistes piratés et comme une participation citoyenne à culture ».

Qui paiera les FAI ?

Mais les FAI sont réservés du moins sur les modalités du système défendu par la sénatrice. En effet, selon le projet de loi Hadopi, l’abonné continuera à profiter de la télévision par IP, et de la téléphonie, les deux autres piliers des offres triple play. Un problème toutefois : qui paye ? « La télé et le téléphone deviennent-ils gratuits ? Le FAI va-t-il fournir ces prestations à l'œil, tout en payant France Télécom et les autres charges ? »

L'amendement rejeté par Albanel

Autre piste alternative, celle des sénateurs de la Commission des Affaires Economiques. Hier soir, son rapporteur, Bruno Retailleau a proposé de remplacer la suspension par une amende. Et là encore, cette sanction, dont on ignore le montant à ce jour, aurait une nature indemnitaire puisqu'elle serait rétrocédée aux auteurs et artistes-interprètes lésés. On sait que Christine Albanel a accueilli froidement ces pistes. Pour elle, il n’est nullement question d’abandonner la suspension d’abonnement, clairement « pédagogique », contrairement à l’amende qui serait « répressive ».  Une ligne de défense qu'on risque d'entendre plusieurs fois dans la journée, puisque les discussions en séance publique commenceront dès ce soir au Sénat.

Rédigée par le mercredi 29 octobre 2008 à 09h03 (18497 lectures)
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