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 Nos premières impressions sur Google Chrome
 Bon, on ne va pas non plus faire le procès d'une version 0.2
Navigateur

Le navigateur Chrome de Google est disponible au téléchargement depuis hier soir, et déjà le nouvel arrivé, à peine en version 0.2, fait beaucoup parler de lui. Les uns lui trouvent de très bonnes performances, les autres une interface plus ou moins pratique, un design clair ou trop simpliste, et d’autres encore s’interrogent sur la vie privée à travers un produit de Google.

Simplicité, rapidité et premiers problèmes

Nous avons passé du temps avec le navigateur de Google, et même s’il faut considérer qu’il ne s’agit que d’une version 0.2 à peine, le produit présentait suffisamment « bien » pour donner déjà des avis sur les différentes parties et fonctionnalités. En premier lieu, l’installation est très simple et une chose est certaine : Google prend l’utilisateur par la main. L’import depuis Firefox, par exemple, fonctionne très bien et pousse jusqu’à présenter exactement la même barre personnelle pour les favoris.

google chrome 

Les premières minutes d’utilisation font ressortir deux impressions : rapidité et réactivité. Oui, Chrome est très rapide pour afficher les pages Web, et les développeurs peuvent dire merci à WebKit, le moteur de rendu utilisé dans le navigateur et que l’on retrouve notamment dans Safari d’Apple. Les premières visites sur PC INpact et sur d’autres sites se passent bien, mais on se rend quand même compte de quelques problèmes.

Premièrement, le fonctionnement des sites FTP est assez étrange. Comprendre : parfois il fonctionne, parfois il ne fonctionne pas. Ainsi, la connexion au serveur FTP de Free est assez erratique, passant d’une lecture rapide du contenu à un blocage complet sur l’ouverture de certains dossiers, quand la navigation depuis FileZilla, Firefox ou Internet Explorer 8 se fait sans aucun problème. Autre élément un peu perturbant : les flux RSS ne sont pas gérés.

google chrome 

OK, c'est seulement une version 0.2

En dehors de ces problèmes qui sont probablement une conséquence du très jeune âge du produit, on remarque avec la navigation un travail certain réalisé par Google sur l’interface. Les contrôles se font oublier et tout a été manifestement fait pour maximiser la zone de lecture.

google chrome 

La barre d’adresses permet de lancer des recherches sur Google, les onglets peuvent être déplacés librement, voire en dehors du navigateur pour créer de nouvelles fenêtres, et le mode de navigation privée permet d’ouvrir une fenêtre dans laquelle toutes les actions n’auront aucun impact sur l’historique. Ce dernier pourra d’ailleurs poser problème avec le temps, car l’ouverture d’un onglet affichera automatiquement les neuf sites les plus visités ainsi que les favoris ajoutés le plus récemment.

google chrome 

Changez ces habitudes que je ne saurais voir

Les utilisateurs chercheront à mettre en place des extensions, mais ils n’en trouveront pas. Et pour cause, il n’y en a pas pour le moment, car Google en est encore à travailler l’API qui permettra aux développeurs de se lancer dans ce domaine. Pas question de chercher à installer le moindre surplus, il va falloir attendre ! Et du coup, pas question non plus de chercher certaines possibilités comme la synchronisation des paramètres entre plusieurs machines.

google chromeDe même, quand on commence à utiliser la nouvelle barre d’adresses, il faudra changer certaines habitudes. Oui on peut y lancer directement des recherches, mais on ne peut pas, par exemple, consulter la liste des derniers sites visités en cliquant sur la petite flèche que l’on trouve pourtant à droite de cette barre dans les autres produits. Il faudra alors consulter l’historique ou écrire au moins quelques lettres pour retrouver un site visité, ce qui ne permet plus de naviguer vers un site récent en un ou deux clics. Autre changement d’habitude par rapport à Internet Explorer 7/8, Firefox et Opera : un double-clique dans la barre des onglets n’ouvre pas un nouvel onglet mais maximise la fenêtre.

Signaler un bug et faire attention à une faille

Il est évident que Google s’attend à une avalanche de réactions et c’est probablement pourquoi la firme a mis en place dans le menu principal une fonctionnalité « Signaler un bug ». La fenêtre qui apparaît alors sélectionne automatiquement l’adresse de la page que vous visitez ainsi qu’un cadre permettant d’ajouter un texte descriptif.

Cela étant, il faut tout de même savoir que Chrome est vulnérable sous Windows à une faille qu’Apple a corrigée récemment dans Safari et qui permet de piéger le navigateur à partir d’un fichier téléchargé. Comme Safari en effet, Chrome télécharge automatiquement sur le bureau sans rien demander à l’utilisateur puis exécute automatiquement les types de fichiers les plus courants.

google chromeDans les options, il est bien sûr possible d’indiquer que l’on souhaite être interrogé pour tout téléchargement, mais le réglage fourni par le navigateur le rend vulnérable à la faille dite de « carpet-bombing », autorisée par l’association de deux failles : une dans l’implémentation du moteur WebKit, l’autre dans Java (et présentée lors de la dernière conférence Black Hat). Le problème sera corrigé probablement lors d’une prochaine version qui intégrera alors une mouture plus récente de WebKit, car le problème est déjà corrigé.

Aucune pitié pour le nouveau venu

Depuis l’annonce de la sortie de la toute première version bêta de Chrome hier, vous avez été très nombreux à réagir. Voici les remarques qui sont revenues le plus régulièrement :
  • Un affichage rapide des pages
  • Un lancement très rapide du logiciel
  • Une bonne réactivité
  • Une consommation de mémoire très inégale, certains la trouvant faible, d’autres trop importante
  • Le regret de l’absence de versions pour Linux et Mac OS X
  • Le problème avec les sites FTP
  • L’impossibilité d’utiliser le clic central de la molette pour un défilement rapide de la page
  • Des problèmes en cas d’utilisation sur un deuxième écran
  • La simplicité générale de l’interface
  • L’absence des extensions
  • Le manque d’options pour paramétrer plus finement le navigateur
  • Des problèmes sur les vidéos
  • La possibilité de « tuer » un onglet et donc tout son contenu en cas de problème
La route est encore longue pour Chrome, d’autant que sa licence a de quoi en faire réfléchir plus d’un. Nul doute que Google va réagir très rapidement à ce sujet, car le texte a dans l’état de quoi provoquer quelques crises de paranoïa.

Ajoutons enfin que la version libre de Chrome s'appelle Chromium et que toutes les infos la concernant se trouvent sur la page officielle. On y trouvera notamment des commentaires d'utilisateurs faisant état de fonctions manquantes ou de problèmes, ainsi évidemment que le code source ou encore des instructions pour compiler le navigateur sous Linux.

Rédigée par le mercredi 03 septembre 2008 à 11h55 (66968 lectures)
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