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 Une étude lève le voile sur le piratage musical chez les 14-24 ans
 Une simple question d'économies ou de rébellion ? Pas si sûr
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Qui veut de la musique ? Tout le monde ! Qui veut payer ? Ah, là...

P2P P4P snut telechargementPersonne ? Eh bien, que nenni ! La réponse à la question du paiement vient de trouver une réponse surprenante qui peut tout à la fois rassurer l'industrie du disque tout en la rendant plus que perplexe.

Une étude commandée par British Music Rights auprès de jeunes personnes anonymes, âgées de 14 à 24 ans, a démontré une réelle volonté des interrogés d'investir de l'argent pour accéder à la musique. La question de l'investissement ne semble donc pas se poser, et l'industrie peut se rassurer : non, tout le monde ne souhaite pas pirater massivement tout ce qui passe à portée de main. Par contre, ce qui devient plus intéressant est le moyen d'obtenir la musique.

Il faut ainsi compter sur plusieurs moyens principaux pour se procurer ladite musique :
  • Les boutiques en ligne, qui vendent des titres à l'unité ou par lots (compilations, albums)
  • Les services de musique qui proposent l'ensemble du catalogue pour un abonnement fixe (la musique devient inaccessible en cas d'arrêt de l'abonnement)
  • Les services de streaming (lecture continue depuis une source distante)
  • Les supports physiques (CD)
Qui achète quoi, et comment ?

Dans l'absolu, la majorité des résultats fait ressortir que les personnes accepteraient de payer pour pouvoir télécharger légalement de la musique sur les réseaux P2P. Une résurgence de la licence globale ? C'est effectivement le cas, les interrogés indiquant qu'ils aimeraient pouvoir payer un surplus aux fournisseurs d'accès afin que ces derniers rémunèrent ensuite les artistes.

La solution ressemblerait à une gigantesque boutique iTunes généralisée à toute la musique qui peut exister. Chaque morceau ne serait plus acheté séparément, mais ferait partie d'un ensemble auquel chacun aurait droit en payant la licence. Une forte volonté de garder définitivement la musique obtenue ressortait de l'étude.

P2PDe fait, 74 % des interrogés souhaitent un service P2P légal qui leur permettrait de garder, posséder et disposer de la musique comme bon leur semble. Dans la pratique, c'est exactement la situation obtenue en téléchargeant, par exemple, des MP3 sur eMule. La différence bien sûr c'est que le paiement de la licence légaliserait l'acte.

Et si le choix était donné ?

L'un des chiffres les plus significatifs obtenus par l'étude, et qui devrait faire hausser quelques sourcils chez les majors, concerne l'envie d'acheter des CD. Dans le cas des utilisateurs potentiels d'un service P2P légal, ils sont 62,9 % à indiquer qu'ils continueraient à acheter des CD. Étrangement, dans le cas de ceux qui opteraient pour un service de streaming, seuls 52,3 % des personnes pensaient continuer à acheter des CD. Probablement une approche moins matérielle de la musique, certains souhaitant simplement éprouver le plaisir d'acheter un disque.

Autres chiffres très intéressants : 80 % des utilisateurs de P2P interrogés seraient prêts à payer une licence globale pour en finir avec l'illégalité. Sous-entendu : ils ne sont pas prêts à renoncer à la possibilité de télécharger de la musique quand ils le souhaitent. Ce chiffre n'est que de 63 % du côté de ceux qui ne téléchargent pas illégalement. Une différence intéressante, qui prend sans doute ses racines dans l'habitude d'être plongé régulièrement dans un univers musical.

Une relation très personnelle avec un phénomène quasi culturel

Les utilisateurs de réseaux P2P ont souvent une collection impressionnante de musique. C'est cette liberté qui entretient le phénomène : on télécharge à l'envi, et cette possibilité technique devient rapidement une habitude qu'il est difficile de mettre de côté. Mais quelles sont les raisons qui poussent chacun à télécharger illégalement de la musique ? L'étude posait une série de réponses, auxquels les interrogés se sont sentis plus ou moins proches :
  • La musique visée a été publiée avec le consentement de son auteur : 15 %
  • Trouver de la musique rare ou pas encore commercialisée : 65 %
  • Écouter et tester la musique avant de l'acheter : 64 %
  • Obtenir de la musique ancienne : 45 %
  • Économies d'argent : 75 %
Sans surprise, le fait de ne pas payer joue un rôle moteur dans l'utilisation des réseaux P2P. Pourtant, l'étude conclut qu'une certaine justice habite les utilisateurs, car tous ne font pas seulement que piller, dans le sens où ils rendent souvent de l'argent sous plusieurs formes, en particulier en achats de CD et en places de concerts.

Enfin, les raisons qui poussent les interrogés à partager de la musique ont montré que plus de 70 % le font pour rendre ce qu'on leur a donné. La promotion de la musique qu'on affectionne particulièrement, la conscience que l'on accélère le téléchargement chez les autres, ou encore l'envie de partager une musique qui n'est pas encore disponible, sont des raisons citées.

Et concernant le prix trop élevé de la musique alors ? Cette raison n'a manifestement été valable que dans environ 12 % des réponses. La perception du partage de musique a énormément évolué selon l'étude chez les 14-24 ans, qui considèrent l'acte comme culturel.

Rédigée par le lundi 16 juin 2008 à 17h21 (20679 lectures)
Source de l'INformation : BMR
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