Qui financera le manque à gagner du retrait de la publicité sur les chaînes de France Télévisions ? Entre les Français eux-mêmes via la redevance, les chaînes privées, les FAI, les opérateurs télécoms, les produits électroniques, ou encore les bonbons Haribo, les sources de revenus différentes pour compenser les millions d'euros sont nombreuses. Jean-François Copé, à la tête de la commission chargée de s'occuper de ce dossier épineux, a lancé hier lors d'une conférence de presse plusieurs pistes de réflexion, sans pour autant avoir un avis tranché sur la question.
Trois solutions ont ainsi été proposées hier. La première consisterait à taxer l'électronique grand public – véritable nouveauté dans ce secteur. Le deuxième scénario serait d'augmenter la redevance, pourquoi pas en l'indexant sur l'inflation. Ceux utilisant uniquement leur ordinateur pour regarder la télévision seraient par ailleurs eux aussi taxés comme les autres.
Enfin, le troisième scénario impliquerait directement les FAI, les opérateurs télécoms – ce qui bientôt reviendra au même – et les chaînes privées. Ces dernières seraient taxées à hauteur de 80 millions d'euros au titre du financement de la mémoire audiovisuelle (i.e. pour l'INA en somme). L'INA et RFI touchent en effet environ 80 millions d'euros chaque année afin de fonctionner, or cette somme pourrait être déplacée dans les coffres de France Télévisions.
Il s'agit donc d'un simple tour de passe-passe afin que les chaînes privées ne financent pas directement les chaînes publiques, mais l'INA. Cette somme serait complétée par les opérateurs télécoms et les FAI, qui pourraient être taxés à hauteur de 0,5 % de leur chiffre d'affaires, ce qui devrait tout de même représenter plus de 200 millions d'euros. Enfin, un transfert de la redevance payée pour la mise à disposition des fréquences radioélectriques vers France Télévision, soit environ 100 millions d'euros, serait envisagé.
Jean-François Copé a cependant précisé que la publicité ne disparaîtra pas intégralement. Supprimée après 20h à partir du 1er septembre 2009, la publicité ne sera plus présente sur France Télévisions en 2012. Il existera cependant des exceptions. France Ô et les antennes régionales de France 3 seront ainsi exemptées de cette suppression totale de la publicité, et les parrainages seront toujours présents. Les sites internet des chaînes publiques continueront pour leur part à afficher de la publicité. En tout, cela représente environ 150 millions d'euros de moins à compenser selon Jean-François Copé.
Un rapport final doit être présenté le 25 juin prochain au président de la République.
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