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 OpenDocument : et s'il ne représentait pas l'avenir ?
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odfDeux membres du comité technique de l’OpenDocument à l’OASIS ont jeté un pavé dans la marre en brisant l’image d’un format fédérateur qui allait mettre tout le monde d’accord. Gary Edwards, l’une de ces deux personnes et co-fondateur de l’OpenDocument Foundation, a insisté sur certains problèmes autour de l’ODf (f minuscule pour format, par opposition à Foundation) qui ouvrent la voie d’une éventuelle autre solution.

Le format OpenDocument a été présenté maintes fois comme le remède universel à la pérennité des données et à l’appétit de Microsoft qui « verrouille » le marché avec ses propres formats binaires. L’ODf est de plus l’occasion d’effectuer une vaste transition vers une base XML qui offre des avantages certains en termes de présentation des informations. Selon Gary Edwards toutefois, cette transition ne doit pas se faire envers et contre tout, en particulier les processus et flux de travaux dans les entreprises.

L'ODf et sa difficile mise en place

afnor OOXML ODF Le format en tant que tel n’est pas mis de côté, bien que divers signes pointés par Edwards lui fassent penser que l’ODf en tant que tel est sur la pente déclinante. Pour la Fondation, c’est la notion même de flux de travail qui doit être préservé, car tout changement doit être absolument non disruptif. Il pense en effet que les entreprises ne remettront pour la plupart pas en cause leur système d’information et/ou leur infrastructure pour les points soulevés en général dans les débats entourant les formats libres.

Dans ce contexte, le plus gros problème de l’ODf selon lui est qu’il ne complète en aucun cas l’univers professionnel en général fortement lié à Microsoft. Il se pose en remplaçant des formats utilisés depuis longtemps, ce qui rend sa mise en place si complexe. Les convertisseurs que l’on a vus fleurir un peu partout facilitent évidemment la transition, mais ne répondent pas à toutes les exigences.

cleCompound Document Format : le remède ?

Edwards, pour illustrer correctement la situation, ressort donc d’un carton un projet traînant plus ou moins dans le grenier du World Wide Web Consortium (W3C). L’organisme, qui émet régulièrement des recommandations (et non des standards), travaille depuis 1995 sur un autre type de format de document, nommé CDF, pour Compound Document Format. Il est décrit par Edwards comme le petit « miracle » qui pourrait résoudre bien des problèmes.

Le CDF peut être considéré comme un conteneur capable d’accepter une très grande variété de formats. Pour donner une image simple, le CDF pourrait être le vaste fleuve dans lequel se jettent de multiples affluents représentés par les autres formats. Le CDF est accompagné d’un Framework qui pourrait permettre de relier toutes les infrastructures en respectant les formats utilisés, et donc en facilitant toute tentative de transition.

Fédérer les différents formats

Le projet da Vinci, qui a pour but de développer un convertisseur open source du format Open XML vers l’ODf, a récemment changé de route pour se tourner vers le Framework OCF. On peut lire sur le site d’ailleurs que « la dure vérité est que l’ODf n’est pas office 2007développé pour être compatible avec les binaires Microsoft ou pour être interopérable avec Office. Ce qui revient à dire que l’ODf n’a pas été conçu pour répondre aux demandes du marché, qui ne souffrent aucun compromis ».

Selon Edwards, une autre partie de la vérité est qu’actuellement, les formats utilisés par l’écosystème récent de Microsoft, surtout l’Open XML, se montrent plus riches que ce que peut supporter l’actuel ODf. Cette richesse ne peut pas être transcrite vers ce dernier car les convertisseurs ne peuvent pas traiter toutes les données du fait de l’incompatibilité entre les formats ennemis.

Il est important pour lui de se poser la question de ce qu’apporte réellement un nouveau format de données. Sur la seule argumentation qu’il s’agit d’un format libre ou que les données seront pérennes, beaucoup risquent de ne pas s’intéresser au sujet, ou seulement au minimum requis pour communiquer avec l’extérieur. Sans l’assurance que la transition sera absolument transparente, beaucoup risquent de tourner le dos à un changement qui, dans la pratique, pourrait n’apporter aucun bénéfice.

oooDes dissensions dans les rangs

Pour l’OpenDocument Foundation, le passage au CDF pourrait résoudre pratiquement tous les problèmes, en particulier celui de la compatibilité avec les formats de Microsoft. Ni le format ni le Framework ne sont liés à une quelconque entreprise et ils sont exploitables librement.

Cette solution miraculeuse ne fait pas évidemment l’unanimité. Chez IBM notamment, qui investit lourdement dans l’ODf, on est plutôt enclin à penser que l’OpenDocument Foundation a perdu son rôle premier et sa splendeur passée. Rob Weir, le principal défenseur du format chez Big Blue, indique que la Fondation est devenue de plus en plus isolée ces derniers mois, son rôle se bornant maintenant à haranguer les autres membres du comité technique de l’OASIS.

Un jugement sévère dans une situation trouble. Mais on comprend également que des sociétés comme IBM et Sun, qui s’appuient désormais massivement sur l’ODf, ne veuillent pas spécialement entendre un tel son de cloche. Il est toutefois important de souligner que le format libre n’est pas employé non plus de manière altruiste par ces deux entreprises, et qu’il agit comme une arme entre leurs mains pour récupérer quelques parts d’un gigantesque gâteau contrôlé par Microsoft.

Rédigée par le mercredi 31 octobre 2007 à 16h42 (24066 lectures)
Source de l'INformation : Multiple
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