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 Europe : quel degré d’imprudence pour les enfants en ligne ?
 Surfez couverts
Faits divers

La Commission européenne vient de publier les résultats de son « Eurobaromètre », une étude destinée à mesurer le degré d’imprudence des enfants européens en ligne. « Les parents peuvent-ils faire confiance à leur fille de 13 ans lorsqu’elle surfe sur le web? Peuvent-ils être certains que les conversations de leur fils de 11 ans sur son téléphone mobile sont sans danger ? » etc. Voilà le genre de questions auxquelles veut répondre cette étude qui a été menée directement auprès des jeunes européens (*).

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D’une manière générale, explique la Commission, les enfants sont également conscients des risques liés à l’utilisation de l’internet et des téléphones mobiles. « Toutefois, lorsqu’ils ont des problèmes en ligne, ils ne se tournent vers leurs parents qu’en dernier ressort ».

Dans ses grandes lignes, la Commission note que « les enfants utilisent ces technologies d’une manière très similaire dans toute l’Europe. Les jeux en ligne, le surf et la communication sont les activités les plus courantes sur internet tandis que les téléphones mobiles sont principalement utilisés pour envoyer des SMS et parler avec les parents et les amis. »

Perception des risques et usages

Au niveau de la perception des risques quant au contenu, l’étude montre que « les jeunes sont sensibilisés à la violence, aux scènes d’horreur, les plus vieux aussi à la pornographie. La réaction dominante [déclarée] est de fermer immédiatement la page. Le danger peut résulter d’un accès à un site inadapté pour les jeunes, il peut provenir d’une image incrustée (publicité, extrait de film) dans un site adapté aux enfants ». Toutes les personnes interrogées sont encore conscientes des risques de rencontres dangereuses, de pédophilie et de la nécessité de ne pas divulguer ses propres coordonnées ou photos sur le net.

Quant aux usages et spécialement au téléchargement prohibé de musiques, films, jeux, « la plupart relativisent cette illégalité de par la généralisation de la pratique du téléchargement chez les jeunes et adultes, une mention du paiement nécessaire pas toujours très visible, des préjudices perçus comme mineurs » constate-t-on. « Les plus âgés associent davantage un comportement illicite au piratage informatique et au crack de logiciels, à l’exploitation commerciale des fichiers téléchargés (gravure et commercialisation du morceau). On aspire à une clarification et simplification du téléchargement : sites légaux, formule simple et peu coûteuse de paiement ».

« Personne ne paye, tout le monde pirate »

Exemples de phrases récoltées : « Personne ne paye, tout le monde pirate » (groupe de filles 9-10 ans), « sur e-mule, on ne sait pas si c’est payant ou pas » (groupe de garçons, 12-14 ans), « on n’a pas conscience de faire quelque chose d’interdit » (groupe de garçons, 12-14 ans) « Les CDs sont trop chers, je continue à le faire parce que tout le monde le fait, ma mère le fait » (groupe de filles, 12-14 ans).

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En outre, pour la France l’étude montre que la limitation du téléchargement est favorisée par le risque de virus, et surtout par la peur de se faire repérer. « Pour la très grande majorité, existe un large sentiment d’impunité et, d’une certaine façon, la conviction d’une forme de “légitimité”, sinon de légalité, du téléchargement. Seule une minorité se dit consciente du préjudice créé et de “immoralité” de ces comportements ». Les jeunes suggèrent ainsi des règles plus claires et une possibilité de « paiement modique » (un retour de la licence globale ?). Au grand dam des maisons de disques et des artistes, presque tous se déclarent prêts à poursuivre leurs téléchargements, ne se voient pas y renoncer. « Le risque de télécharger un virus paraît, au bout du compte, plus dissuasif que le risque de poursuites judiciaires »

Réaction proactive de l'Europe ?

Selon Viviane Reding, commissaire chargée de la société de l'information et des médias, si ces données sont encourageantes sur la propagation des nouvelles technologies, les résultats de cette enquête montrent aussi que l’Europe doit être « proactive en ce qui concerne l’éducation sur les médias en ligne. Nous devons également continuer à sensibiliser le grand public, et notamment les parents, aux possibilités et aux risques des nouveaux médias. Lorsque la sécurité de nos enfants est en jeu, la vigilance doit toujours être de mise. »

Les données de cette enquête alimenteront le programme « Internet plus sûr » (Safer Internet). La commission précise d’ailleurs que cet Eurobaromètre fait suite à un accord signé par les opérateurs de téléphonie mobile par lequel ils s’engagent à prendre des mesures d’autorégulation afin de protéger les mineurs lors de l’utilisation de téléphones mobiles. La prochaine journée de sensibilisation sera le 12 février 2008.

(*) Enquête qualitative Eurobaromètre sur des enfants de 9 à 10 ans et de 12 à 14 ans des 27 États membres de l’UE, plus la Norvège et l’Islande.

Rédigée par le mardi 14 août 2007 à 11h58 (15382 lectures)
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