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Chantage au logiciel libre dans l'Education Nationale
Si tu baisses pas, je me colle Open aux fesses
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En septembre dernier, le député Richard Cazenave avait interrogé le ministre de l’éducation sur les mesures que ce dernier compte prendre en matière de logiciels libres afin « d’assurer pleinement sa mission de formation aux TIC ». Le député Cazenave prend alors l’exemple des migrations massives de la Gendarmerie Nationale et de plusieurs administrations (voir récemment le ministère de l’agriculture et de la pêche) et met en avant l'indépendance technologique, la pérennité des informations sans oublier l’aspect économique.
La réponse du ministre de l'éducation nationale a été publiée en ce début d’année au Journal Officel. Côté serveurs, le ministre tient à souligner, chiffres à l’appui, que dans les établissements scolaires ou dans les services, « les applications composant le système d'information de l'éducation nationale, sont principalement installées sur des serveurs fonctionnant sous Linux ». Selon l’intéressé, « dans les services académiques et à l'administration centrale, Linux équipe plus de 98 % des quelque 1 500 serveurs qui hébergent les grands systèmes d'information de l'éducation nationale ». A quoi s’ajoutent près de 15 000 serveurs Linux dans les établissements scolaires et les écoles, dans le cadre du schéma directeur des infrastructures avec des financements partagés entre l'État et les collectivités. Des équipements qui jouent le rôle de pare-feu, de filtrage...) et de communication « pour accompagner les usages pédagogiques et administratifs ».
Côte poste de travail, l’explication est plus symptomatique de l’approche qu’ont encore certains du monde du libre : « le poids du logiciel libre au sein du système éducatif a été un des éléments qui a permis de négocier avec Microsoft des tarifs particulièrement intéressants sur la suite bureautique office (moins de 40 euros). »
Le libre perd un peu de sa superbe puisqu’il devient avant tout arme de négociation, cartouche à tirer ou épouvantail à secouer : lorsque les commerciaux de Redmond se montrent trop gourmands, on sort l’argument économique du libre, pour réduire les appétits. Le ministre constate bien que « ces tarifs attractifs ont limité le développement des suites bureautiques alternatives qui représentent un peu moins de 10 % des licences dans les services et les établissements ». Mais est-ce bien grave ?
Car si « la suite bureautique alternative Open Office est largement utilisée par le corps enseignant comme un outil de travail partagé avec les élèves, la gratuité de la solution facilitant le déploiement dans les familles », il ne faut pas oublier le thème des coûts invisibles : ces « coûts cachés » générés par le logiciel libre du fait des défauts de maîtrises « par la fonction informatique interne ». Le gain en amont devient vite ridicule compte tenu de ces coûts en aval : « une mauvaise maîtrise génère des coûts cachés importants et peut faire apparaître une baisse globale de la qualité de service » résumera M. de Robien. Une mauvaise utilisation de l'italique ou du gras sous OpenOffice par un 6ème ferait-elle baisser la qualité de service ?
Mais n’ayez craintes, croirait-on entendre M. Gilles de Robien en fin de réponse : on continuera à parler du libre à l’éduc’ nat’ puisqu'il conclut par : « le poids du logiciel libre au sein de l'éducation nationale reste un argument de négociation avec les éditeurs permettant de tirer les prix des licences commerciales vers le bas ». Cimenter des situations de marché avec "l'aide" du monde du logiciel libre, voilà un aspect bien novateur.
La réponse du ministre de l'éducation nationale a été publiée en ce début d’année au Journal Officel. Côté serveurs, le ministre tient à souligner, chiffres à l’appui, que dans les établissements scolaires ou dans les services, « les applications composant le système d'information de l'éducation nationale, sont principalement installées sur des serveurs fonctionnant sous Linux ». Selon l’intéressé, « dans les services académiques et à l'administration centrale, Linux équipe plus de 98 % des quelque 1 500 serveurs qui hébergent les grands systèmes d'information de l'éducation nationale ». A quoi s’ajoutent près de 15 000 serveurs Linux dans les établissements scolaires et les écoles, dans le cadre du schéma directeur des infrastructures avec des financements partagés entre l'État et les collectivités. Des équipements qui jouent le rôle de pare-feu, de filtrage...) et de communication « pour accompagner les usages pédagogiques et administratifs ».
Côte poste de travail, l’explication est plus symptomatique de l’approche qu’ont encore certains du monde du libre : « le poids du logiciel libre au sein du système éducatif a été un des éléments qui a permis de négocier avec Microsoft des tarifs particulièrement intéressants sur la suite bureautique office (moins de 40 euros). »
Le libre perd un peu de sa superbe puisqu’il devient avant tout arme de négociation, cartouche à tirer ou épouvantail à secouer : lorsque les commerciaux de Redmond se montrent trop gourmands, on sort l’argument économique du libre, pour réduire les appétits. Le ministre constate bien que « ces tarifs attractifs ont limité le développement des suites bureautiques alternatives qui représentent un peu moins de 10 % des licences dans les services et les établissements ». Mais est-ce bien grave ?
Car si « la suite bureautique alternative Open Office est largement utilisée par le corps enseignant comme un outil de travail partagé avec les élèves, la gratuité de la solution facilitant le déploiement dans les familles », il ne faut pas oublier le thème des coûts invisibles : ces « coûts cachés » générés par le logiciel libre du fait des défauts de maîtrises « par la fonction informatique interne ». Le gain en amont devient vite ridicule compte tenu de ces coûts en aval : « une mauvaise maîtrise génère des coûts cachés importants et peut faire apparaître une baisse globale de la qualité de service » résumera M. de Robien. Une mauvaise utilisation de l'italique ou du gras sous OpenOffice par un 6ème ferait-elle baisser la qualité de service ?
Mais n’ayez craintes, croirait-on entendre M. Gilles de Robien en fin de réponse : on continuera à parler du libre à l’éduc’ nat’ puisqu'il conclut par : « le poids du logiciel libre au sein de l'éducation nationale reste un argument de négociation avec les éditeurs permettant de tirer les prix des licences commerciales vers le bas ». Cimenter des situations de marché avec "l'aide" du monde du logiciel libre, voilà un aspect bien novateur.
Rédigée par le mardi 16 janvier 2007 à 07h03 (38295 lectures)
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