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 Une attaque par déni de service condamnée en France
 Ou comment avoir un juge sur le DOS
Justice

JusticeLes faits remontent à 2003, et la décision qui en suit, à mai 2006. L’affaire vient cependant d’être publiée cette semaine sur le site juridique Legalis.net. Il s’agit d’un des rares cas de procédure en France contre une attaque par DOS (denial of service) ou déni de service.

Aurélien D. est gérant de 3Wimedia, société qui exploite Netpass, un site pour adulte. Durant l’été 2003, il fait l’objet de plusieurs vagues d’attaques par Dos. Méthode classique et brutale consistant en une pluie de requêtes web (souvent plusieurs milliers), destinée à étrangler le site cible, qui devient du coup inaccessible aux usagers habituels. Ce type de mousson entraîne toujours des conséquences fâcheuses en terme d’images, mais aussi de revenus publicitaires et de frais techniques.

Par un petit hasard, quelques jours avant cette guerre numérique, le gérant recevait un mail d’un concurrent (Elypsal) exploitant le portail Deluxepass. « Il était demandé à Aurélien D. de fermer son portail ou d’accepter son rachat par la société Elypsal et la reprise de son équipe pour 3000 € par mois sous menace d’attaques par Déni de service » résume le jugement. L’intéressé reconnaîtra les faits lors de sa garde à vue. Il y explique que ses attaques faisaient suite « au plagiat de son propre site par la société French Content », l’ancien nom de l’attaquée 3Wimedia.

Ces attaques furent en pratique lancées depuis la France et les États-Unis où réside son frère : « c’était en juillet 2003. J’avais envoyé cet e-mail un peu par frustration. On n’était pas propriétaire. On a constaté que nous étions piratés. Je proposais de lui racheter son site et je le menaçais d’attaques Dos. J’ai demandé à mon frère de m’aider. On a fait ça ensemble. L’attaque a duré deux fois une vingtaine de minutes. On a vu que le site ne répondait plus après on ne s’en est plus occupé ».

Plagiat ou pas, la justice n’apprécie guère les règlements de compte privés : le gérant, et la société, qui n’ont pas d’antécédents, seront respectivement condamnés à 5000 € d’amende « pour entrave au fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données » et « tentative d’extorsion par violence, menace ou contrainte de signature, promesse, secret, fonds, valeur ou bien ». Le frère, de la même somme, mais seulement pour le premier chef. Ils seront en outre tenus d’indemniser la société victime de la fraude à hauteur de 9600 euros pour la mobilisation des ressources humaines et 3 000 euros pour atteinte à l’image.

Rédigée par le jeudi 31 août 2006 à 12h12 (19733 lectures)
Source de l'INformation : Legalis.net
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