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 L'UFC orchestre 170 procédures individuelles contre Free
 Du bruit face au silence
Justice

JusticePour répondre à « l’exaspération des victimes de Free », l’UFC vient d’envoyer son bataillon d’associations locales devant les tribunaux contre le FAI. Dès demain 16 mai, « des centaines de consommateurs, adhérents de l'UFC Que Choisir et victimes partout en France de l'opérateur Free, vont saisir la justice. » Ce sont les zones de Macon, Carcassonne, Nantes, Val d'Orge, Ain, Etang de Berre, Salon et ses environs, Lille, Marne, Corse du Sud et de la Haute Saône qui serviront de front. Depuis l’annonce, Drancy, Lyon et Moselle Est se sont joints au mouvement, vient-on d'apprendre.

Envahissement des permancences
Les motifs invoqués pour cette "guerre éclair" est l’empoisonnement des antennes locales par « l'envahissement des permanences ‘litiges’ des associations locales de l'UFC Que Choisir. » Or, une grande partie des problèmes rencontrés dans le secteur des nouvelles technologies a pour origine cette société, indique le groupement de défense des consommateurs. Sont évoquées en guise d’exemples l’absence et/ou les interruptions de fourniture du service qui se multiplient.

Une attitude provoquant la colère de l’UFC, qui précise que dans le même temps « les consommateurs sont dans l'impossibilité de trouver un interlocuteur pour répondre à leurs demandes légitimes. » Pire : l'opérateur s'obstine malgré tout à vouloir percevoir le prix de l'abonnement. « Il y procède par prélèvements forcés ou en ayant recours aux services de sociétés spécialisées dans le recouvrement qui exercent une pression illégitime et donc scandaleuse sur les consommateurs. » Et l’association d’évoque « l’autisme » de Free, malgré des condamnations passées ou des négociations amiables qui auraient dû servir d’aiguillon ou de guide pour les comportements futurs. « Les Associations locales de l'UFC Que Choisir somment la société Free de revoir son comportement et ses pratiques commerciales et l'avertissent d'une intensification de la campagne judiciaire lancée ce jour, sur tout le territoire français. »

Tintamarre d’actions face à l’inaction
« On veut donner une dimension un peu plus spectaculaire en synchronisant les actions, un tintamarre de procédures face à l’inaction de Free. Les dossiers étaient murs, on a demandé aux adhérents de les déposer au greffe du tribunal d’instance le 16 mai », nous explique le responsable de l’UFC Nantes, M.Lebrogne, qui précise que la plupart du temps les litiges s’élèvent à 500 euros, pas plus. L’intéressé nous indique également avoir observé un changement d’attitude de Free, du moins un temps et à l’échellon local lorsqu'après une première procédure, le FAI optait volontairement pour le règlement amiable. Mais depuis, les démarches stagnent : « Nous avons encore une vingtaine de dossiers en cours. »

On notera que ce mitraillage d’actions en justice milite à lui seul pour l’action collective en France et rappelle le coup d’éclat de l’opération Cartelmobile.org. Faute de pouvoir mettre sur pied une telle class action, les associations de consommateurs sont contraintes d’agir à l’échelon local multipliant du même coup les procédures ou le formalisme et divisant les forces. Ces quelques 170 procédures ont été déposées au niveau des juges de proximités compétents, nous a précisé le service juridique de l’UFC. Cela impliquera ainsi 170 défenses locales pour le FAI… Au Sénat, une loi est en gestation pour injecter en droit français une procédure d’action collective (voir notre actualité), mais elle n’a toujours pas été votée, malgré les promesses du Chef de l’Etat.

Rédigée par le lundi 15 mai 2006 à 15h35 (15832 lectures)
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