Historique des systèmes d’exploitation Microsoft
1 - La préhistoireParler de Vista, c’est également parler de la longue route que Microsoft a parcourue pour en arriver à ce système. Comme nous le verrons au travers de ce dossier, si l’on ne peut pas parler de véritable révolution, on peut toutefois sentir la volonté de Microsoft de vouloir frapper avec un poing de fer dans un gant de velours.
L’histoire de Microsoft et de ses différents systèmes d’exploitation commence en 1975, avec la finalisation de ce que l’on peut considérer comme le premier ordinateur grand public : l’Altaïr 8800, de la société MITS (Micro Instrumentation and Telemetry Systems). MITS souhaite fournir avec ses Altaïr l’interpréteur BASIC inventé par deux étudiants, Bill Gates et Paul Allen. Ces derniers ont besoin d’une structure pour engranger les bénéfices de la vente de leur produit : Microsoft est née. La marque elle-même n’est déposée qu’un an plus tard, en 1976 (la société s’appelait auparavant Traf-O-Data).
Contrairement à aujourd’hui, la société a officiellement vu le jour à Albuquerque, au Nouveau-Mexique. Très vite, les deux compères fondateurs prouvent qu’ils savent gérer l’avenir financier de leur petite entreprise et demandent à toucher chacun 3000 dollars pour leur travail. Cependant, une autre petite clause du contrat qui lie Microsoft et MITS assure un revenu régulier : le futur géant du logiciel touchera 35 dollars pour chaque licence BASIC vendue. C’est le début de ce que certains nomment la « taxe Microsoft ».
2 - La "naissance" de MS-DOSBien qu’à la base rien ne prédestinait vraiment Microsoft à se lancer dans l’univers encore restreint des systèmes d’exploitation, la donne change radicalement quand IBM se met en quête d’un système pour ses premiers PC. Big Blue s’oriente d’abord vers CP/M, développé par Digital Research. Bien que l’histoire entourant cette demande soit floue, le prix demandé aurait été trop élevé pour IBM.

La firme se tourne donc vers Microsoft qui, n’ayant absolument pas les moyens ni le temps de développer un système d’exploitation, rachète pour 25 000 dollars un clone de CP/M, portant le doux nom de QDOS, ce qui signifie « Quick and Dirty Operating System », littéralement « Système d’exploitation vite fait mal fait ». Microsoft engage alors Tim Paterson en mai 1981 pour porter le QDOS vers la plateforme PC caractérisée par la présence du 8088, basé sur le 8086 la première puce à grand succès d’Intel (29 000 transistors, 16 bits, gravé en 3 micromètres et pouvant adresser 1Mo de mémoire vive). On notera l’anecdote selon laquelle les PC tels que nous les connaissons aujourd’hui ont failli être munis de PowerPC (architecture RISC).
Le travail de Paterson aboutit à 86-DOS, dont Microsoft rachète l’ensemble des droits pour 50 000 dollars. Cet argent représente probablement dans l’histoire de Microsoft le meilleur investissement de la jeune société. Quelques mois plus tard, Microsoft vend les premières licences d’IBM PC-DOS 1.00, également distribuées à d’autres constructeurs sous le nom de MS-DOS 1.00.
La carrière du premier système d’exploitation de Microsoft débute donc. MS-DOS 1.00, comparé à des systèmes récent, ne fait pas grand-chose. Il est bien entendu en mode texte, développé en 16 bits et ne gère que le mode réel. A propos de ce mode, il faut savoir qu’il n’est plus utilisé aujourd’hui. On lui impute la gestion d’un seul mégaoctet de mémoire vive ou l’impossibilité de fonctionner en multitâche.
MS-DOS 1.00, sorti en 1981, est mis à jour en 1982 avec les versions 1.10 et 1.25, qui corrigent surtout des problèmes rencontrés. La version 2.00, disponible en 1983 ne constitue par une révolution mais apporte la gestion de la FAT12, qui permet alors au système de gérer les disques durs ne dépassant pas une taille de 15Mo. On notera également l’apparition du support des disquettes 5.25 pouces de 360ko. Durant la même année, plusieurs mises à jour sont disponibles : les versions 2.01, 2.1, 2.11 et 2.25.
Avec la version 3.0 et ses dérivés, on entre dans un terrain légèrement plus connu. Entre sa sortie en 1984 et ses différentes mises à jour qui s’étalent jusqu’en 1987, MS-DOS va gérer successivement les disquettes 5.25 pouces de 1.2Mo, les disquettes 3.5 pouces de 720ko puis celles que nous connaissons si bien : les fameuses disquettes 3.5 pouces de 1.44Mo que beaucoup d’entre vous ont sans doute encore sur leur machine. MS-DOS 3.00 intègre également la gestion de l’horloge CMOS (eh oui !) ainsi que la FAT16, qui permet de créer une partition jusqu’à 4Go (uniquement possible sous Windows NT4, avec des clusters de 64ko). La FAT16 sera présente pour longtemps, la FAT32 n’apparaissant qu’avec la version OSR2 de Windows 95.
Les versions suivantes n’apportent aucune réelle révolution, hormis l’apparition du shell dans la version 4.00 (1988) et la gestion de la mémoire haute dans la version 5.0 (1991). La version 6.00, qui sort en 1993, commence à s’écarter du simple système et se dote de quelques outils avec l’apparition de ScanDisk, d’un antivirus et de DoubleSpace. Ce dernier, qui permet de compresser les fichiers pour augmenter l’espace libre d’un disque dur ou d’une disquette, va provoquer une plainte de la société Stac Electronics pour violation de brevets. DoubleSpace est remplacé par DriveSpace en 1994 avec la sortie de MS-DOS 6.22.
Nous en avons fini avec les systèmes MS-DOS, qui ont préfiguré aux systèmes modernes de Microsoft. Pourtant, lorsque que la version 6.22 sort en 1994, plusieurs versions de Windows sont déjà apparues. Ces versions prennent pleinement appui sur MS-DOS et sont davantage une interface graphique qu’un véritable système d’exploitation tel que nous le concevons aujourd’hui.
3 - Les premières versions de WindowsCes versions basées sur MS-DOS ont eu toutes les difficultés du monde à rencontrer le succès. La version 1.00 de Windows sort en novembre 1985 et constitue, sans aucune nuance possible, un véritable fiasco. Cette première version reprend un grand nombre de fonctions d’interface de l’Apple Lisa, avec des limitations imposées par la firme à la pomme.
Ces limitations tuent littéralement cette version 1.00 qui souffre de très nombreux bugs, d’un ralentissement conséquent du code exécuté et de limitations trop importantes comme l’impossibilité de lancer plus d’une application à la fois. On notera que la version 1.00 était en noir et blanc et que la couleur fait son apparition avec la mise à jour 1.01. On retiendra cette première ébauche pour deux raisons : l’apparition des pilotes, et celle de la barre des tâches, qui va disparaître pendant de longues années avant de réapparaître tout à coup, en 1995.
Windows 2.0 marquera surtout les esprits comme le début d’une inimitié entre Apple et Microsoft. Cette dernière décide en effet de passer outre les limitations imposées par Apple et va permettre, par exemple, aux fenêtres de se superposer. Il n’y a cependant que peu de nouveautés, et Windows 2.0 suit la même route que son prédécesseur. Second échec de Microsoft.
La version 3.00 marque un tournant dans l’histoire de Windows. Grandement amélioré par Microsoft et profitant des nouveautés introduites par les processeurs 286 et 386 d’Intel, le système se montre à la fois plus stable et plus riche. L’explorateur que nous connaissons aujourd’hui fait son apparition sous la forme de WinFile, qui permet d’avoir un visuel rapide sur l’organisation de son disque, ainsi que d’effectuer certaines opérations basiques. On notera également l’apparition d’un élément important qui changera la vie des utilisateurs : le solitaire.
Windows 3.1 est la version la plus « mature » de toute la branche développée sur MS-DOS. C’est également celle qui va connaître le plus grand succès. L’inclusion des premières polices TrueType viabilise le système comme solution crédible de travail. De cette version est tirée les fameuses éditions « Windows for Workgroups » qui incluent certaines fonctions réseaux comme le partage de fichiers SMB (qui donnera plus tard le projet libre Samba).
Lorsque que Windows for Workgroups est rendu disponible, nous sommes en novembre 1993. Microsoft sait parfaitement qu’il va falloir sérieusement revoir sa copie de Windows car le système ne peut faire face aux défis plus modernes et son trop lourd héritage de MS-DOS le laissait cantonné au 16 bits. La réponse, on la connaît, est Windows 95, que l’on désignait avant sa sortie par le nom de code Chicago.